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Le Premier ministre Stephen Harper prononce une allocution aux 6e gala et collecte de fonds annuels de la Canadian Crime Victims Foundation

6 juin 2008
Vaughan (Ontario)
Merci. Merci beaucoup. Merci beaucoup et merci Peter de cette aimable présentation et surtout des services que vous rendez au gouvernement et à notre pays. Comme on l’a mentionné, en plus d’être un ardent défenseur des questions qui nous amènent ici ce soir, Peter est aussi responsable au sein de notre gouvernement, à titre de ministre de la Défense nationale, d’un grand nombre d’autres questions qui sont non seulement importantes pour nous mais aussi pour la majorité d’entre vous, soit la défense de nos intérêts au pays et à l’étranger. Il s’agit d’un rôle très important, dont il s’acquitte avec beaucoup de professionnalisme, et permettez-moi d’ajouter que Peter n’est pas seulement un collègue et un ami, mais pour reprendre ce que disait les Wamback, il est également l’un des meilleurs citoyens de notre pays. Encore une fois donc, merci beaucoup. 

Monsieur le Sénateur, Madame la Mairesse, Messieurs les Maires, représentants des forces de police régionales, Monsieur Klees, qui est avec nous aussi je crois, Mesdames et Messieurs. Je tiens tout d’abord à mentionner que je suis très heureux d’avoir été invité à prononcer quelques mots au gala de ce soir. Depuis près de six ans déjà, la Canadian Crime Victim Foundation offre réconfort et soutien à des Canadiens et Canadiennes à un moment de leur vie où ils en ont, pour la plupart, le plus grand besoin. J’aimerais remercier ses fondateurs, Joe et Lozanne Wamback, d’avoir donné aux hommes, aux femmes et aux enfants de notre pays qui sont victimes d’un crime une voix puissante à l’échelle nationale. Je ne pourrais pas mieux dire que Peter l’a fait. La famille Wamback – Joe Lozanne et Jonathan – ont réussi à transformer la tragédie qui les a frappés en un mouvement social extrêmement utile pour le bien de notre pays. C’est une famille remarquable. Merci beaucoup pour ce que vous avez fait. J’aimerais également souligner la présence ce soir d’une survivante tenace, également assise à la table d’honneur, qui contribue à embellir la vie de bien des gens, Misty Cockerill. Nous aurons le plaisir de l’entendre un peu plus tard ce soir.

Mesdames et Messieurs, je fais de mon mieux pour m’éloigner de la Colline du Parlement le plus souvent possible afin d’assister à des activités comme celles-ci. Cela m’aide à demeurer au fait des questions qui sont vraiment importantes pour les Canadiens et les Canadiennes. L’une d’entre elles revient sans cesse, chez les jeunes et les moins jeunes, à l’est du pays comme à l’ouest, les francophones comme les anglophones. Il s’agit des taux beaucoup trop élevés de criminalité au pays. Partout on me répète : « Monsieur le Premier ministre, punissez plus sévèrement les criminels, faites disparaître les armes, les gangs et la drogue de nos rues, arrêtez les gens qui s’en prennent à nous et à nos biens, et rendez nos collectivités plus sûres ». C’est une demande raisonnable à faire au gouvernement. C’est l’une des raisons fondamentales, si ce n’est la raison fondamentale, de l’existence d’un gouvernement, en particulier au Canada, un pays qui a été fondé sur les principes de la paix, de l’ordre et du bon gouvernement. Mais il ne faut pas se leurrer. Si la grande majorité des Canadiens, la grande majorité des habitants dans chacune de nos collectivités au pays vit en respectant ces principes, une minorité ne les respecte pas. Je ne sais pas si c’est parce que ces gens n’ont pas suivi les leçons d’éducation civique ou parce qu’ils se sont laissés influencer par de mauvaises fréquentations, ou si c’est parce que dans leur for intérieur ils ne se soucient tout simplement pas des droits et des sentiments des autres, mais ces gens causent des dégâts considérables dans nos rues, dans nos collectivités et dans la vie de nos concitoyens. Que les criminels ne comprennent pas le message, c’est une chose, mais – si je puis me permettre – une autre partie du problème vient du fait que depuis une génération une minorité au sein de la société – des gens qui ne sont pas eux-mêmes des criminels, mais qui leur trouvent toujours des excuses – refuse de croire que la criminalité est un problème au sein de notre société : les experts qui vivent dans leur tour d’ivoire, les pseudo-commentateurs et les politiciens coupés de la réalité. « Votre expérience personnelle et vos impressions sont fausses, disent-ils. La criminalité n’est pas vraiment un problème ». Comment peut-on dire cela. Comment peut-on dire cela aux familles des victimes dont on a vu la photo aujourd’hui à l’écran. Ces hommes, ces femmes et ces enfants ne sont pas des statistiques. Ils avaient des familles, des amis, des espoirs et des rêves, jusqu’au jour où on leur a tout enlevé. 

Bien entendu, nous ne pouvons pas changer le passé, ni effacer les souffrances engendrées. Mais il y a une chose que nous pouvons et devons faire, c’est de nous attaquer sérieusement à la criminalité au pays. Mesdames et Messieurs, c’est l’une des raisons principales pour lesquelles notre gouvernement a été élu à la dernière élection fédérale, et l’une des grandes priorités sur lesquelles nous avons concentré nos efforts depuis notre entrée en fonctions. Permettez-moi de passer en revue les mesures qui ont été prises depuis. Au cours de la première session du Parlement, nous avons mis un terme aux détentions à domicile et instauré des peines d’emprisonnement obligatoires pour ceux qui commettent des crimes graves. Nous avons mis en œuvre des réformes visant à élargir la portée de la banque nationale de données génétiques de sorte à inclure un plus vaste éventail de contrevenants. Nous avons sévi contre les adeptes des courses de rue en ajoutant une nouvelle infraction au Code criminel, qui prévoit des peines maximales sévères. Nous avons en outre investi de nouvelles ressources afin de donner aux victimes une plus grand influence dans le système, nous avons augmenté l‘appui financier offert aux victimes afin qu’elles se rendent aux audiences de libération conditionnelle, et avons nommé le tout premier ombudsman fédéral des victimes d’actes criminels, Steve Sullivan.

Malheureusement, rien de tout cela ne s’avère facile à concrétiser. Je dois vous dire qu’il s’agit de l’une de mes grandes déceptions dans le présent Parlement minoritaire, malgré le fait que durant la dernière campagne électorale, tout le monde, chaque parti, se disait en faveur de la lutte contre la criminalité. Nous avons dû nous battre pendant des semaines, voire des mois et même davantage pour faire adopter nos mesures législatives dans ce dossier. Et l’automne dernier, après que les partis d’opposition ont empêché pendant plus d’un an l’adoption de nos principales réformes en matière pénale, nous avons décidé de réunir ces mesures dans un seul projet de loi détaillé et en avons fait une question de confiance. Cela a fonctionné et ce projet de loi, la Loi sur la lutte contre les crimes violents, a maintenant force de loi au pays. Elle contient cinq nouvelles mesures importantes : des peines d’emprisonnement obligatoires pour les crimes commis avec une arme à feu, un resserrement des règles relatives à la mise en liberté sous caution afin de garder plus facilement en prison les auteurs de crimes avec une arme à feu, un relèvement de l’âge du consentement sexuel à 16 ans afin de protéger les enfants des prédateurs sexuels, des mesures plus sévères pour punir les conducteurs avec facultés affaiblies par la drogue ou l’alcool, ainsi que de nouvelles dispositions visant à garder les récidivistes violents derrière les barreaux – soit là où ils doivent être – pour toujours. Le seul conseil que j’ai à donner aux membres de la fondation et à toutes les autres organisations est le suivant : continuez d’exercer des pressions. D’expérience, je peux vous dire que dès que les travaux du Parlement ne font pas les manchettes, les efforts pour lutter contre les crimes violents cessent. Mais dès que la population s’y intéresse, les mesures législatives font un pas en avant au Parlement. Il faut donc que vous mainteniez la pression. 

L'approche de notre gouvernement en matière de justice pénale est fondamentalement différente de celle de nos prédécesseurs, et je l’affirme sur toutes les tribunes. Nous pensons que le but premier d'un système de justice pénal n'est pas le bien-être des criminels mais la protection des honnêtes citoyens et de leurs biens.

Les criminels ont bien sûr des droits. Nous pensons toutefois qu’il faut trouver un juste équilibre entre droits et responsabilités, et nous pensons que les victimes ont, elles aussi, des droits. Ce que nous sommes en train de faire, Mesdames et Messieurs, c’est de réformer le système en place, un système qui penche dans la mauvaise direction depuis 30 ans. Un système qui a choyé les criminels et rendu nos collectivités moins sûres et que nous sommes bien déterminés à remplacer par un système qui sert les intérêts des citoyens et des citoyennes respectueux de la loi. L’adoption de la Loi sur la lutte contre les crimes violents est un pas important vers l’atteinte de cet objectif. Un meilleur équilibre dans la nomination des juges en est un autre.

L’examen de la fonction du système correctionnel en est également un autre, et ce n’est qu’un début. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Notre gouvernement a déposé quatre nouveaux projets de loi en matière de lutte contre la criminalité, des mesures qui sont actuellement devant la Chambre des communes. Le premier concerne l’augmentation des peines obligatoires pour les infractions graves liées à la drogue, le deuxième s’attaque à la hausse des vols d’identité et prévoit l’ajout de trois nouvelles infractions au Code Criminel, le troisième vise à contrer le vol d’automobiles en érigeant en infraction le fait de modifier, d’enlever ou d’oblitérer un numéro d’identification d’un véhicule, et le quatrième traite d’un problème qui touche particulièrement la fondation et l’ensemble des Canadiens : la criminalité chez les jeunes. L’approche préconisée par nos prédécesseurs à l’égard des jeunes contrevenants, la même qui est en place depuis un moment d’ailleurs, est un échec complet. Il n’y a pas d’autre façon de décrire la situation.

Les principes de dissuasion et des peines ont été presque tous supprimés du système de justice pénale pour les adolescents, et les conséquences sont désastreuses. Une récente étude de Statistique Canada révèle que les taux de crimes violents commis par des jeunes ont augmenté de 12 p. cent au cours de la dernière décennie, et de pas moins de 30 p. cent depuis 1991. Elle indique que les crimes associés à la drogue ont presque doublé depuis 1996, et que le nombre d’adolescents accusés d’homicide en 2006 a atteint un sommet depuis 45 ans, année où l’on a commencé à recenser ces données. L’automne dernier, notre gouvernement a pris des mesures pour s’attaquer à ce problème grandissant en proposant des modifications nécessaires depuis longtemps à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents. Le projet de loi C-25 vise à faciliter la mise en détention d’un jeune accusé d’une infraction qui pose un risque pour la sécurité publique. Si elle est adoptée, cette mesure donnerait aux juges le pouvoir d’ajouter la dissuasion et la dénonciation aux principes de détermination de la peine. Le but de ces modifications est simple : tenir les jeunes contrevenants responsables de leurs actes et responsables devant leurs victimes et la collectivité. Le ministre de la Justice Rob Nicholson examine actuellement la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents afin de veiller à ce que les peines imposées reflètent la gravité de l’infraction commise.

Permettez-moi d'être clair : nous nous préoccupons des jeunes qui risquent de sombrer dans la criminalité et nous élaborons et mettons en œuvre des programmes afin de régler ce problème, mais notre gouvernement n'a nullement l'intention de permettre à de jeunes criminels d'éviter d'être punis et de se soustraire à leurs responsabilités. Toute personne qui pose une menace sérieuse à la sécurité publique sera tenue pleinement responsable de ses actes. Il s’agira de notre prochaine grande priorité en matière de justice pénale.

Mesdames et Messieurs, selon nous, aucun Canadien ne devrait avoir peur de marcher dans les rues de notre pays ou dans les couloirs de son école. Aucun  Canadien ne devrait être la victime collatérale d’une fusillade entre gangs de rue, aucune femme ne devrait être victime d’un violeur en série en libération conditionnelle, et aucun membre d’une famille canadienne ne devrait mourir dans un accident de voiture causé par un récidiviste ivre  ou des adeptes de courses de rue. La paix, l’ordre et le bon gouvernement sont des idéaux qui nous appartenaient de droit autrefois. Il peut encore en être de même. C’est notre objectif, et grâce au soutien de Canadiens comme vous et d’organisations comme la Canadian Crime Victim Foundation, nous y arriverons. Merci beaucoup et bonne soirée.

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