Déclaration du Premier ministre du Canada au sujet de l’imposition de sanctions contre la Libye

 
Ottawa (Ontario)
27 février 2011

Le Premier ministre Stephen Harper a fait la déclaration suivante aujourd'hui pour annoncer la mise en application par le Canada de la Résolution 1970 du Conseil de sécurité des Nations Unies portant sur l'adoption de sanctions contre la Libye :

« Bonsoir.

« J'aimerais profiter de l'occasion pour faire le point sur les actions prises par le Canada concernant la situation en Libye.

« Notre priorité aujourd’hui demeure l'évacuation en toute sécurité des Canadiens se trouvant dans ce pays.

« Jusqu'à maintenant, le Canada a facilité l'évacuation en toute sécurité de plus de 230 Canadiens à bord de divers avions et navires.

« Nos diplomates travaillent sans relâche à évacuer les Canadiens restants, en étroite collaboration avec nos alliés.

« Un deuxième C17 vient d'arriver à Malte. En coordination avec nos alliés, les Forces canadiennes cherchent à déployer ces avions lorsque les circonstances le permettent.

« Nous déployons également deux C130J Hercules dans la région afin de fournir une capacité supplémentaire.

« Le Centre des opérations d'urgence du ministère des Affaires étrangères continue de communiquer par téléphone lorsque c'est possible avec les Canadiens inscrits concernant les possibilités de quitter la Libye par tous les moyens possibles. Par ailleurs, un avis consulaire est affiché sur le site voyage.gc.ca.

« Entretemps, le gouvernement continue de travailler avec ses principaux alliés et la communauté internationale pour mettre davantage de pression sur le régime libyen.

« Le Canada a réclamé du Conseil de sécurité des Nations Unies qu'il prenne des mesures et nous nous réjouissons qu'il l'ait fait. L'adoption unanime hier de la Résolution 1970 par le Conseil de sécurité envoie un message clair : la communauté internationale ne tolérera pas que le régime libyen tue ses propres citoyens et viole de façon flagrante les droits de sa population et assurera que ces exactions aient des conséquences graves.

« Plus tôt aujourd’hui, le Canada a mis en application les sanctions obligatoires suivantes, prévues dans la Résolution 1970 :

  • Un embargo sur les armes exigeant de tous les États qu'ils empêchent la fourniture ou la vente d'armes à la Libye ou l'exportation d'armes par la Libye ;
  • L'inspection de tout fret destiné à la Libye ;
  • L'interdiction de voyager pour Muammar Kadhafi et 15 de ses proches ; et,
  • Le gel des biens de Muammar Kadhafi et des membres de sa famille.

« Le Canada se réjouit également de la création par le Conseil de sécurité d'un comité des sanctions qui surveillera la mise en application des mesures contenues dans la Résolution, qui, s'il y a lieu, désignera d'autres personnes à assujettir à l'interdiction de voyager et au gel des biens et qui, dans les 30 jours, remettra au Conseil de sécurité un rapport sur ses travaux.

« De plus, le Canada a décidé d'aller plus loin que les sanctions adoptées par le Conseil de sécurité en gelant les biens de Kadhafi et de ses proches et en interdisant toute transaction financière avec le gouvernement de la Libye, ses institutions et agences, notamment avec la Banque centrale de la Libye.

« Ces mesures contribueront à restreindre le déplacement de l'argent et des armes et à en restreindre l'accès pour ceux qui font preuve de violence contre la population libyenne.

« Comme vous le savez, le Canada a réclamé que le procureur de la Cour pénale internationale soit saisi de la situation libyenne afin que ceux qui ordonnent ou effectuent ces atrocités répondent de leurs actes. Je me réjouis que le Conseil de sécurité soit intervenu en ce sens.

« La résolution exprime clairement la volonté de la communauté internationale, à savoir que les autorités libyennes : mettent fin à la violence, fassent preuve de modération, accordent immédiatement accès aux observateurs internationaux des droits de la personne, assurent la sécurité des étrangers, laissent circuler librement les fournitures humanitaires et médicales et lèvent les restrictions imposées aux représentants des médias.

« Le Canada exhorte le régime libyen à se plier sur-le-champ à tous les volets de cette résolution, et à observer les obligations découlant des droits de la personne sur le plan international ainsi que la volonté de la population libyenne.

« La responsabilité primordiale d'un gouvernement consiste à assurer la sécurité et la sûreté de ses citoyens. À l'évidence, M. Kadhafi a violé cette confiance élémentaire. Loin de protéger la population libyenne contre le danger, il est à l'origine des dangers auxquels elle fait face. Il est clair que la seule chose acceptable à faire pour lui est de mettre fin au bain de sang et de renoncer sur-le-champ à ses fonctions et à ses pouvoirs. »