Transcription - Le premier ministre Carney prononce une allocution à l’Assemblée générale des Nations Unies
Le premier ministre Carney prononce une allocution à l’Assemblée générale des Nations Unies
Bonsoir, bonsoir. Bonsoir, tout le monde. Je tiens tout d’abord à remercier l’Équipe Canada en poste à notre mission de nous avoir accueillis ce week-end, aujourd’hui, dans la semaine qui vient, jusqu’à lundi, en fait, je pense, au moment où notre ministre des Affaires étrangères s’adressera à l’Assemblée générale.
Le nouveau gouvernement du Canada a pour mission de renforcer et diversifier nos partenariats ainsi que de diriger les efforts mondiaux visant à reconstruire le système international fondé sur des règles et basé sur des principes. Cette mission est menée par des personnes dévouées et travaillantes, présentes dans cette salle et dans d’autres salles, et dans nos ambassades partout dans le monde.
Depuis des décennies, la politique étrangère du Canada reposait sur un certain nombre de piliers. Premièrement, un système commercial multilatéral fondé sur des règles. Deuxièmement, une sécurité collective ancrée dans l’OTAN. Troisièmement, notre position géographique enviable qui nous protégeait des conflits lointains tout en nous reliant à l’économie la plus vaste et la plus dynamique du monde, directement au sud. De plus, nous avions l’espoir qu’avec le temps, le monde allait converger vers le libre marché, les sociétés ouvertes et les valeurs démocratiques.
Aujourd’hui, toutefois, le monde subit une série de bouleversements en profondeur. En raison de nouvelles technologies, les menaces lointaines sont maintenant à nos portes, le pouvoir est devenu multipolaire, l’autoritarisme resurgit et le consensus parmi un bon nombre de démocraties, pas toutes, mais beaucoup d’entre elles, s’est fracturé. Ces nouvelles réalités réduisent également l’efficacité des institutions mondiales sur lesquelles les puissances moyennes comme le Canada s’appuyaient depuis longtemps, et le font rapidement. Ce n’est pas une transition, mais une rupture. Néanmoins, même dans ce contexte, après le temps que j’ai passé ici, à New York, durant la semaine de la réunion de haut niveau des Nations Unies, je suis encore plus certain que jamais que dans cette nouvelle ère, le Canada ne fera pas que subir ces bouleversements, mais qu’il en tirera profit.
Nous allons bâtir une nouvelle ère, et dans cette ère, le Canada prospérera.
Pourquoi? Eh bien, premièrement, nous possédons ce que le monde souhaite. Le Canada est une superpuissance énergétique, tant en matière d’énergie propre que d’énergie classique. Nous sommes parmi les cinq premiers producteurs des minéraux critiques les plus importants du monde. Nous sommes un chef de file dans le développement de l’intelligence artificielle et nous disposons des meilleurs talents en science quantique et en informatique. La deuxième raison, c’est que nous incarnons les valeurs auxquelles aspire la majeure partie du monde. Pas tout le monde, mais la majeure partie. Le Canada a toujours été, et sera toujours attaché aux droits humains fondamentaux, à la dignité humaine, à la liberté individuelle et à la durabilité. Nous sommes une société pluraliste qui fonctionne. Par notre nature même, nous pratiquons quotidiennement la collaboration et le partenariat.
Enfin, le Canada a la clarté objective et la détermination nécessaire pour être à la hauteur de ce moment. Le nouveau gouvernement du Canada répond à ce changement profond avec détermination et avec toute la force requise.
Nous devenons plus forts chez nous, nous diversifions nos partenariats à l’étranger et nous établissons un nouveau réseau de relations afin de favoriser nos intérêts et de défendre ces valeurs, et c’est ce que nous avons tâché de faire cette semaine à New York. Pour bâtir une économie plus solide, parallèlement à mes rencontres avec les dirigeants mondiaux, j’ai rencontré des chefs d’entreprise du monde entier pour discuter d’investissement au Canada, à l’heure où nous accélérons la réalisation de grands projets, où nous doublons le rythme de la construction domiciliaire et où nous augmentons nos dépenses militaires de manière à renforcer notre économie.
J’ai mis en valeur la solidité et la stabilité du milieu canadien des affaires, notre main-d’œuvre hautement qualifiée et notre leadership dans des domaines émergents comme l’intelligence artificielle, la science quantique, l’énergie propre, les technologies propres, la fabrication de pointe, les minéraux critiques et l’infrastructure numérique. J’ai évoqué la nouvelle stratégie industrielle de notre gouvernement visant à transformer l’économie canadienne pour qu’elle soit résiliente aux chocs mondiaux et qu’elle aide l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes à améliorer leur situation. J’ai souligné le récent lancement du Bureau des grands projets, qui accélérera la réalisation de projets d’intérêt national au Canada.
Afin de diversifier nos relations en matière de commerce et de sécurité, j’ai rencontré des dirigeants d’Asie, d’Afrique, d’Europe, d’Amérique latine et des Caraïbes, cherchant de nouveaux marchés d’exportation et de nouveaux débouchés pour les Canadiens et les Canadiennes. Demain, le président de l’Indonésie sera en visite à Ottawa. Le travail que nous avons accompli ensemble va étendre les marchés commerciaux du Canada en Asie et offrir aux travailleurs canadiens de nouvelles possibilités. Puis, ce jeudi, j’accueillerai le taoiseach d’Irlande pour continuer à resserrer nos liens commerciaux, culturels et sécuritaires avec l’UE et ses États membres.
De plus, pour assurer la résilience d’un nouveau réseau de relations mondiales, nous cherchons avec les Nations Unies et d’autres partenaires à trouver des solutions collectives aux problèmes les plus urgents qui touchent le monde aujourd’hui, de l’Ukraine au Moyen-Orient. Cette semaine, le Canada a accordé un nouveau financement de plus de 200 millions de dollars en vue d’améliorer la nutrition dans le monde, de lutter contre les changements climatiques et de réduire la pauvreté. Ces nouvelles initiatives sont lancées avec des partenaires d’Afrique, d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et des Caraïbes.
Dans le cadre d’un effort collectif, coordonné et international, le Canada a reconnu l’État de Palestine. Nous nous sommes proposés comme partenaire en vue de concrétiser l’espoir d’un avenir pacifique pour l’État de Palestine comme pour l’État d’Israël. À cette fin, le Canada versera également un nouveau financement de 47 millions de dollars pour le renforcement des systèmes judiciaires, des structures de gouvernance et des efforts de démocratisation à Gaza et en Cisjordanie. Cela porte le total des contributions et de l’aide du Canada à Gaza et à la Cisjordanie à plus de 400 millions de dollars, en comptant le soutien à l’aide humanitaire, aux initiatives sanitaires et de rétablissement, et l’aide au développement.
En parallèle, de concert avec des partenaires, nous continuons à instaurer la justice et la paix durable en Ukraine. En tant que coprésident, avec le président Zelenskyy, de la Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens, le Canada a convoqué les dirigeants ce matin afin de mettre en lumière la tragédie des enfants ukrainiens illégalement enlevés par la Russie et de susciter une réaction internationale plus vigoureuse. Enfin, dans le cadre des efforts permanents que déploie le Canada pour stabiliser la situation à Haïti sur le plan de la sécurité, nous accordons un nouveau financement de 60 millions de dollars. Ces fonds permettront de renforcer la Mission multinationale de soutien à la sécurité en Haïti, d’accroître la sécurité maritime dans les Caraïbes et de nuire au trafic d’armes à feu et de drogues.
Ces efforts contribueront à bâtir un monde plus sûr et plus sécuritaire. Ils renforceront nos institutions comme les Nations Unies, grâce à une coopération accrue. Lorsqu’il y a de la confiance, il y a du potentiel de collaboration, et avec la collaboration viennent de nouvelles possibilités pour les travailleurs, les entreprises et les industries canadiennes.
J’aimerais conclure en disant quelques mots au sujet de Bob Rae. Bob est l’ambassadeur sortant du Canada auprès des Nations Unies. Bob Rae a représenté le Canada aux échelons fédéral, provincial et maintenant international depuis près de cinq décennies. Je suis désolé, Bob, de le souligner, mais près de cinq décennies de services exceptionnels.
(Rires)
Bob Rae est un pilier. Il gouverne d’une main stable, parce qu’il est toujours guidé par ses principes. Il se fait souvent la voix de la conscience et des convictions du Canada. Récemment, Bob et moi entretenions une correspondance au sujet des nombreux défis qui touchent le Canada, les Nations Unies et le monde, et il m’a rappelé les paroles de Leonard Cohen dans sa chanson Anthem, lorsqu’il dit qu’il faut faire sonner les cloches qui peuvent encore sonner et oublier l’offrande parfaite, en ajoutant qu’il y a une fissure dans toute chose, et c’est par là qu’entre la lumière. Chaque fois qu’il y a une fissure, quand il y a une rupture, il y a des possibilités et, comme Canada, c’est notre responsabilité, notre occasion de les trouver en ce moment. Et après ma visite à l’Assemblée générale des Nations Unies, je peux garantir aux Canadiens et aux Canadiennes qu’il y a de la lumière, qu’il y a de nombreuses possibilités.
Écoutez, nous savons que la nostalgie n’est pas une stratégie. Nous ne pouvons pas rebâtir le monde comme il était, mais nous pouvons bâtir quelque chose de mieux. Le travail que nous accomplissons ici aux Nations Unies s’inscrit dans la transformation de notre économie et de notre approche du dialogue mondial. Le Canada est un pays déterminé et ambitieux qui peut relever les défis de notre époque. Il contribue à bâtir un monde où la prospérité est partagée, où la sécurité est collective et où la paix est durable. Dans cette nouvelle ère, nos partenaires ne compteront plus sur la force de nos valeurs, mais sur la valeur de notre force.