Transcription - Le premier ministre Carney annonce le lancement du Partenariat stratégique global Canada-Mexique
Le premier ministre Carney annonce le lancement du Partenariat stratégique global Canada-Mexique
Merci beaucoup, Madame la Présidente. Merci de l’honneur que vous nous faites, à moi-même et à mes collègues ministres, membres de notre délégation, en nous recevant ici. L’accueil que vous nous avez réservé ainsi que la qualité des conversations et l’esprit d’initiative ont été formidables.
Je dois dire que cela ne me surprend pas. Lorsque j’ai accueilli le G7 plus tôt cette année, la première invitation que j’ai envoyée à un dirigeant a été adressée à la présidente Sheinbaum, afin de souligner l’importance des relations entre le Canada et le Mexique, mais aussi la valeur de votre leadership et de vos conseils. Vous avez fait d’excellentes interventions lors de ce sommet, et nous en avons tous tiré de nombreuses leçons.
Je tiens à vous remercier encore une fois pour le merveilleux ballon de soccer que vous m’avez offert au Canada. Il s’agit d’une œuvre d’art remarquable, dont les magnifiques perles représentent l’inclusion des peuples autochtones et l’interdépendance des communautés et des nations. Le ballon se trouve maintenant dans mon bureau, où il me rappelle ces valeurs fondamentales ainsi que la Coupe du Monde qui approche à grands pas.
Mon invitation à la présidente Sheinbaum reflète le rôle essentiel du Mexique et son impact croissant sur l’économie mondiale en pleine transformation ainsi qu’une occasion immédiate de commencer à rehausser l’amitié solide et historique entre le Canada et le Mexique.
Depuis notre première rencontre, nous avons discuté des nombreuses possibilités de collaboration et des moyens de renforcer davantage nos relations déjà solides. Après tout, le Canada et le Mexique entretiennent des relations diplomatiques depuis plus de 80 ans, et nos économies sont liées par un accord de libre-échange depuis plus de 30 ans. Ce partenariat a amélioré les conditions de vie de nos travailleurs et de leurs familles et a contribué à faire de l’Amérique du Nord l’envie du monde sur le plan économique.
Nous sommes tous deux attachés à notre partenariat avec les États-Unis et nous sommes impatients de profiter du prochain examen du TMEC, de l’USMCA ou de l’ACEUM – différents acronymes pour désigner la même chose – afin de trouver des moyens de rendre l’Accord plus équitable et plus efficace.
Sur le plan bilatéral, le Canada et le Mexique complètent leurs forces respectives et font front commun en période de difficultés et de crise. Nous agissons pour protéger nos communautés contre le fléau du fentanyl et nous nous entraidons lorsque survient une catastrophe. Je tiens à profiter de cette occasion pour remercier personnellement, au nom de la population canadienne, Madame la Présidente et le peuple mexicain pour le soutien que les pompiers mexicains ont apporté au Canada cet été dans nos provinces des Prairies, soit la Saskatchewan et le Manitoba, contribuant ainsi à sauver des vies canadiennes et à protéger des communautés. Merci.
Au cours de ces trois décennies, nous avons renforcé nos relations commerciales. Nous avons permis à nos entreprises de bâtir davantage ensemble. Nous avons créé de nouveaux emplois pour nos citoyens et mis en place les ressources nécessaires à la cohésion sociale et à la durabilité.
Et maintenant, l’économie mondiale traverse une période de profonds changements. Les chaînes d’approvisionnement se fragmentent, les capitaux se déplacent à la recherche de rendements sûrs et durables et les changements climatiques représentent une crise quotidienne pour les entreprises, les travailleurs et les collectivités.
À ce moment charnière, le Canada renforce ses relations avec ses partenaires de longue date – des partenaires qui partagent nos valeurs et aspirent à un monde meilleur, plus juste et plus durable. Le Mexique joue un rôle central dans l’atteinte de ces objectifs. L’accord que nous signons aujourd’hui permettra d’élargir et de renforcer ce partenariat afin que les 30 prochaines années soient encore plus prometteuses que les 30 dernières. Aujourd’hui, nous entamons une nouvelle ère de coopération accrue grâce à un partenariat stratégique global. Nous allons intensifier notre engagement dans les domaines des affaires étrangères, du commerce et de l’investissement, de l’agriculture et des ressources naturelles, de l’énergie, des finances, de la santé, de l’environnement et de la sécurité publique.
Cela signifie une collaboration plus étroite et des résultats plus rapides dans les secteurs prioritaires pour faire croître nos économies.
Ce partenariat repose sur un plan d’action comportant quatre piliers : la prospérité, la sécurité, l’inclusion et la durabilité. C’est notre plan directeur pour bâtir ensemble. En ce qui concerne la prospérité, nous allons donner la priorité à la mise en place d’infrastructures stratégiques, notamment des ports, des voies ferrées ainsi que des corridors de commerce et d’énergie. Nous allons ouvrir de nouvelles possibilités de commerce et d’investissement, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de l’aérospatiale. Nous allons collaborer au niveau bilatéral et avec les États-Unis pour renforcer les bases solides de notre intégration économique et de notre coopération réglementaire afin que l’Amérique du Nord reste la région la plus compétitive au monde. Nous allons également améliorer l’intégration de nos chaînes de valeur agroalimentaires et accroître le commerce bilatéral et la sécurité des produits agricoles. Enfin, nous allons renforcer notre modèle de migration de main-d’œuvre contrôlée et prévisible afin de répondre aux besoins particuliers des secteurs de l’agriculture, des produits de la mer et de la transformation.
Dans le cadre de notre nouveau plan d’action, nous mettrons en place un nouveau dialogue bilatéral sur la sécurité afin de lutter contre la criminalité transnationale organisée, la traite de personnes et la cybercriminalité. Afin de promouvoir l’inclusion et le bien-être, nous allons travailler ensemble pour faire en sorte que nos économies soient dotées de milieux de travail justes, sûrs et équitables, et nous allons renforcer la coopération et les politiques en matière de santé, notamment en nous attaquant à l’insécurité sanitaire, aux maladies infectieuses et à la toxicomanie.
La présidente Sheinbaum et moi, ainsi que nos citoyens, reconnaissons depuis longtemps que la lutte contre les changements climatiques est à la fois un devoir moral et un impératif commercial. Par conséquent, le Canada et le Mexique vont renforcer leur coopération en matière de climat et de conservation en prenant des mesures pour protéger la faune, réduire les émissions et gérer de manière durable nos ressources en eau douce. Nous allons nous pencher sur les possibilités de coopération, la réduction des émissions, les investissements dans les énergies renouvelables et la mise en place de réseaux intelligents.
La liste est longue, mais ce n’est qu’une partie de ce que nous avons l’intention de faire.
Nos ministres et nos fonctionnaires se mettront donc immédiatement au travail. Par exemple, notre ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire se rendra au Mexique le mois prochain pour discuter des possibilités qui s’offrent dans le domaine du commerce agricole. Le ministre LeBlanc dirigera peu après une mission commerciale au Mexique afin de tirer parti des possibilités immédiates en matière de commerce et d’investissement. Et, bien sûr, dans neuf mois, la Coupe du Monde aura lieu sur notre continent. Le Canada, le Mexique et les États-Unis organisent conjointement la Coupe du Monde : 48 nations, 16 villes, des millions d’amateurs, le plus grand tournoi de l’histoire.
Il s’agit d’une nouveauté pour le Canada. Mais pour le Mexique, c’est un retour à l’excellence. C’est la troisième fois que vous accueillez la Coupe du Monde, après deux tournois marqués par des moments emblématiques, comme celui où Pelé a soulevé le trophée Jules Rimet à l’Azteca, et celui où Maradona a marqué l’un des deux buts du siècle en 1986 – et un autre avec la Main de Dieu. Les retombées économiques de la Coupe du Monde se feront sentir bien au-delà du terrain. Rien qu’au Canada, le tournoi permettra d’injecter 2 milliards de dollars dans notre économie, et les infrastructures qui seront construites pour accueillir la Coupe du Monde dureront bien après le coup de sifflet final.
Nos cultures seront mises en valeur sur la plus grande scène mondiale. Et, dans un monde divisé, nous pourrons être unis par l’amour du beau jeu.
Je suis heureux d’annoncer qu’Adam van Koeverden, secrétaire d’État aux Sports du Canada, sera notre sherpa auprès de la FIFA afin de soutenir les efforts de coopération et de coordination avec le Mexique et les États-Unis en vue de la tenue de la Coupe du Monde.
Pour conclure, je tiens à soulever un point évident et essentiel. Nous procédons tous deux à une transformation majeure de notre économie, à savoir le Plan Mexique et Bâtir un Canada fort. Nos efforts seront renforcés si nous travaillons ensemble.
Comme l’a déclaré la présidente Sheinbaum lors du Sommet du G7 : « Dans un monde interdépendant, aucun pays ne peut s’isoler. » Et comme l’a conseillé l’un de vos prédécesseurs, Benito Juarez : « Entre los individuos, como entre las naciones, el respeto al derecho ajeno es la paz ». Si j’ai complètement bousillé cette citation, en voici la traduction : « Entre les individus comme entre les nations, le respect des droits d’autrui est la paix ».
Et c’est en trouvant un équilibre entre ce respect de la souveraineté et la croyance en la coopération que le Canada et le Mexique bâtiront ensemble dans l’intérêt de leurs populations.
Merci, Madame la Présidente Sheinbaum. Gracias.