Transcription - Le premier ministre Carney resserre nos partenariats de commerce et investissement au Sommet du G20
Le premier ministre Carney resserre nos partenariats de commerce et investissement au Sommet du G20
Bonjour, tout le monde, merci d’être venus.
Je veux simplement remercier tous mes collègues du Canada qui sont venus en Afrique du Sud pour le Sommet du G20. Pour commencer, je souhaite également remercier le président Ramaphosa de son leadership, de son leadership pour l’organisation du premier Sommet des dirigeants du G20 en Afrique ainsi que de sa généreuse hospitalité, y compris celle de son équipe. Lorsque le président Ramaphosa a assisté au Sommet du G7 à Kananaskis en juin dernier, nous avons discuté de nos priorités en commun en vue de la présidence du G7 par le Canada et du Sommet du G20 en Afrique du Sud. Et même si le Canada et l’Afrique du Sud sont très éloignés géographiquement, ils entretiennent d’étroits liens historiques et une amitié durable et entrevoient un avenir prometteur ensemble. Je veux simplement rappeler que l’ancien premier ministre Brian Mulroney a été solidaire des Sud-Africains qui ont lutté pour la liberté et qu’il a pris l’initiative d’imposer des sanctions et de plaider en faveur de la fin de l’apartheid. De plus, le Canada a fait partie des premières nations qui ont été partenaires de l’Afrique du Sud lorsque ce pays est devenu une démocratie. Des juges et des avocats canadiens ont fait part des leçons tirées de notre propre expérience avec la Charte des droits et libertés lorsque les Sud-Africains ont rédigé la leur. Et cette coopération perdure encore aujourd’hui. Des pompiers de nos deux pays ont été déployés de part et d’autre de l’océan lorsque des incendies de forêt ont fait rage, comme cela arrive trop souvent. De plus, des scientifiques des deux pays collaborent dans les secteurs de l’agriculture, de l’intelligence artificielle et des technologies propres, certains de leurs entrepreneurs établissent des partenariats qui s’étendent du Cap jusqu’à Calgary, et c’est cet esprit de coopération qui sous-tend notre travail lors de ce Sommet. Il y a vingt ans, à la suite de la crise économique en Asie, le ministre canadien des Finances de l’époque, Paul Martin, a contribué à concevoir le G20. Il avançait à l’époque qu’il fallait que les économies les plus importantes du monde, autant les économies avancées que les économies émergentes, se réunissent régulièrement pour renforcer la stabilité financière et la gouvernance mondiale. La mission du G20 consistait à rapprocher les pays du Nord et ceux du Sud pour que les économies en forte croissance, comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, aient leur mot à dire et pour faire en sorte que tous profitent du fait que les marchés sont de plus en plus interreliés au sein de l’économie mondiale. Bien que cela demeure la mission du G20, les hypothèses qui étaient à son origine ont changé : ce Sommet du G20 se tient dans un monde très différent de ce qu’il était à l’époque. Depuis des générations, les puissances moyennes comme le Canada bénéficient de la présence d’un système commercial multilatéral régi par des règles et d’un ordre financier mondial ouvert. Notre emplacement géographique nous a procuré un accès privilégié à la plus grande économie du monde et nous a éloigné de nombreuses menaces présentes sur la planète.
Et maintenant, la stratégie économique des États-Unis est passée du multilatéralisme, à une approche bilatérale, et plus dirigée, et les institutions multilatérales sur lesquelles les puissances moyennes comme le Canada se sont longtemps appuyées, de l’OMC à l’ONU, plient sous le poids de cette nouvelle ère. Nous ne vivons pas une transition, mais une rupture, et dans chaque rupture réside la responsabilité de bâtir un nouveau départ. Nous savons que la nostalgie n’est pas une stratégie; nous ne pouvons pas reconstruire le monde d’hier, nous bâtissons quelque chose de meilleur.
Le Sommet du G20 de cette année a réuni des nations qui représentent les trois quarts de la population mondiale, les deux tiers du PIB mondial et les trois quarts des échanges commerciaux dans le monde. Et cela sans la participation officielle des États-Unis. Cela nous rappelle que ce qui se trouve au cœur de l’économie mondiale est en train de changer. En effet, le dernier siècle a été marqué par la concentration des capitaux, de la production et du pouvoir. En revanche, la diffusion des technologies, de l’énergie et de l’influence, la montée des pays du Sud, les nouveaux rôles des puissances moyennes comme le Canada et les accords multilatéraux qui profitent à tous. Notre tâche est de faire en sorte que le Canada compose avec ce changement, mais également qu’il prospère grâce à lui, ce qui exige une nouvelle stratégie économique. C’est pourquoi le Canada signe des accords avec de nouveaux partenaires, diversifie ses échanges commerciaux et attire des milliards de dollars en nouveaux investissements au pays. Durant la présidence de l’Afrique du Sud, le G20 se tourne vers la solidarité, l’égalité et la durabilité, soit des priorités que le Canada soutient fermement. Et ces valeurs définissent la façon dont le Canada se construit aujourd’hui : il se construit de manière inclusive, entièrement en partenariat avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Nous nous construisons solidairement avec les travailleurs pour créer de bons emplois syndiqués. Nous construisons de manière durable, car la réduction des émissions est plus qu’un devoir moral : c’est un impératif économique. Et nous orientons notre façon de faire en fonction de nos points forts, à savoir l’énergie propre, les minéraux critiques et les infrastructures.
Lundi, juste avant notre départ pour cette visite aux Émirats arabes unis, notre premier budget fédéral a été adopté. Au cours de ce budget, se trouve un plan ambitieux visant à libérer mille milliards de dollars de nouveaux investissements au cours des cinq prochaines années, et une partie de ce plan consiste à doubler nos exportations vers des marchés autres que les États-Unis, ce qui pourrait générer 300 milliards de dollars en nouveaux échanges au cours de la prochaine décennie. Pour alimenter cette ambition, nous diversifions notre commerce et concluons de nouveaux accords avec de nouveaux partenaires et investisseurs. Nous bâtissons en grand, et nous bâtissons pour que tout le monde en profite.
À une époque où trop de pays se replient sur des blocs géopolitiques ou s’engagent dans la bataille du protectionnisme, le Canada pense que le G20 doit rester un pont. Au sommet de cette année, nous avons resserré nos partenariats. En Afrique du Sud, nous avons annoncé l’ouverture du nouveau bureau de FINDEV au Cap. Ce bureau servira à financer des projets de développement durable et de mettre en relation les sociétés canadiennes et les nouvelles possibilités qui s’ouvrent dans l’ensemble de l’Afrique. Le Canada et l’Afrique du Sud viennent de s’entendre pour lancer des discussions sur la conclusion d’un nouvel accord sur la protection des investissements étrangers, qui stimulera encore davantage la participation du secteur privé dans les infrastructures, l’énergie propre et les minéraux dans notre pays. Nous avons fait avancer les travaux visant la conclusion d’une alliance sur la production de minéraux critiques en nous fondant sur la « Feuille de route du G7 pour encourager la mise en place de marchés fondés sur des normes pour les minéraux critiques », et nous avons convaincu l’Afrique du Sud de consentir à la poursuite des discussions sur le renforcement de la coopération en matière d’approvisionnement responsable en minéraux critiques, et sur la protection des investisseurs. Dans les trois derniers jours, j’ai également tenu plusieurs rencontres bilatérales. Le Canada adopte une démarche pragmatique et renoue avec les géants mondiaux que sont l’Inde et la Chine. Hier, le Canada, l’Inde et l’Australie ont mis sur pied un nouveau partenariat trilatéral sur la technologie et l’innovation qui permettra d’accélérer la coopération en matière de technologies essentielles et émergentes. Un partenariat qui tirera parti de nos forces et sera axé sur l’énergie propre, les minéraux critiques et l’intelligence artificielle en vue de générer de nouveaux débouchés pour les travailleurs et les entreprises du Canada. Le premier ministre Modi et moi tiendrons une rencontre plus tard aujourd’hui pour discuter de nos relations commerciales dans leur ensemble. Hier, le Canada a participé à des rencontres avec l’Union européenne et le Vietnam, ce dernier en sa qualité de prochain président de l’accord commercial du PTPGP, et nous avons lancé des discussions en vue d’améliorer l’intégration entre le PTPGP et l’Union européenne. L’association entre ces deux blocs commerciaux, qui figurent parmi les plus vastes du monde et représentent plus d’un milliard d’habitants, permettra d’étendre les échanges commerciaux, de mobiliser l’investissement et de renforcer les partenariats dans un large éventail de domaines allant de l’intelligence artificielle à l’énergie en Indo-Pacifique, en Europe et, bien entendu, au Canada. Dans les prochains mois, nos hauts représentants se réuniront avec le mandat de présenter des résultats concrets au début de l’année prochaine relativement à ce nouveau bloc. De plus, le Canada reste un chef de file mondial dans les domaines de la santé et des sciences. Vendredi, nous nous sommes engagés à verser un milliard de dollars au Fonds mondial, lesquels permettront de protéger des millions de personnes contre les maladies infectieuses les plus mortelles. Le Fonds mondial a déjà aidé plus de 25 millions de personnes à avoir accès à des médicaments contre le VIH, traité sept millions de personnes contre la tuberculose, et protégé plus de 160 millions de personnes contre le paludisme. Notre nouveau gouvernement s’emploie à faire passer le Canada de la dépendance à la résilience et élaborant un vaste et dense réseau de nouveaux partenariats, et à créer de nouvelles possibilités économiques qui vont renforcer le Canada au pays comme à l’étranger. En consolidant nos relations commerciales avec des partenaires fiables, nous construisons d’immenses infrastructures de commerce et de transport chez nous, au Canada.
Nous bâtissons de grands projets nationaux qui transformeront l’avenir du pays : de nouveaux ports, des mines, des corridors énergétiques, des projets de mise en valeur des minéraux critiques, et des initiatives d’énergie propre qui connecteront davantage notre économie, diversifieront nos industries, et nous permettront d’exporter vers de nouveaux marchés partout dans le monde. Étant l’un des rares pays au monde à posséder une technologie nucléaire propre, le réacteur Candu, nous accélérerons le déploiement nucléaire, des PRM commerciaux aux réacteurs de grande capacité. En septembre, nous avons annoncé une première série de grands projets qui seront examinés de manière accélérée par notre nouveau Bureau des grands projets. La semaine dernière, nous en avons annoncé une deuxième série. Au total, ces projets représentent plus de 115 milliards de dollars en nouveaux investissements.
Afin de stimuler la construction, le développement et la création de carrières bien rémunérées, nous signons de nouveaux accords et trouvons de nouveaux investisseurs pour alimenter nos projets et l’ambition économique du Canada. Plus tôt cette semaine, j’étais aux Émirats arabes unis, où j’ai rencontré les principaux fonds souverains et PDG afin d’attirer de nouveaux investissements au Canada. Nous avons signé un accord sur la protection des investissements et lancé des négociations en vue de conclure un nouveau partenariat économique global. Au terme de ma visite, j’ai salué la décision des Émirats arabes unis d’investir 70 milliards de dollars au Canada. Ce puissant vote de confiance envers notre économie constitue l’un des plus importants investissements directs étrangers de l’histoire du Canada, et il créera des carrières bien rémunérées partout au pays, que ce soit dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture ou de l’intelligence artificielle. Au total, nous avons annoncé près d’une douzaine de nouveaux partenariats économiques et de sécurité sur quatre continents en moins de six mois. Lundi, nous avons signé un nouveau partenariat avec la Suède en vue d’accroître la collaboration sur les plans du commerce, de l’investissement et de l’innovation. Nous avons signé des accords avec l’Union européenne sur le commerce et la défense, avec l’Allemagne sur les minéraux critiques, avec le Chili sur la technologie. Nous avons finalisé un nouvel accord commercial et un partenariat économique avec l’Indonésie et lancé des négociations en vue d’un accord de libre-échange avec la Thaïlande et les Philippines, tout en accélérant les travaux pour finaliser l’an prochain notre accord de libre-échange avec les pays de l’ANASE, qui représentent 20 % du PIB mondial.
Lorsque les historiens se pencheront sur la décennie à venir, ils y verront un moment charnière; celui où l’ordre après la guerre froide a cédé la place à un ordre plus contesté, mais aussi plus avantageux pour le Canada, si nous choisissons d’en saisir l’occasion. Ils reconnaîtront que le Canada, une nation forgée par des bâtisseurs, des voyageurs, des preneurs de risques, a choisi de bâtir de nouveau, de prendre des risques à nouveau, et de tracer de nouvelles voies.
Au début de mon allocution, j’ai rappelé que le Canada et l’Afrique du Sud entretiennent des liens étroits. Pour un grand nombre de Canadiens et de Canadiennes, ces liens ont été illustrés par les deux discours que Nelson Mandela a prononcés devant notre Parlement. C’était en 1990, quelques mois seulement après sa libération de prison. Le deuxième a été prononcé en 1998, lorsqu’il était président et qu’il a remercié la population canadienne pour les efforts déployés à l’appui de la justice en Afrique du Sud. Parmi les nombreuses phrases marquantes prononcées par le président Mandela, une réflexion trouve un écho particulier aujourd’hui. En effet, il a dit : « Nous savons que notre destin est entre nos mains, mais nous savons aussi que notre renaissance ne peut pas advenir par nos seuls efforts, parce que les problèmes auxquels nous sommes confrontés trouvent leur origine dans un contexte qui dépasse le pouvoir d’une seule nation ». Ses paroles faisaient référence à un moment de renaissance en Afrique du Sud, et aujourd’hui, elles peuvent guider la voie que nous prendrons pour sortir de cette période de rupture. Le monde change. L’économie mondiale est en pleine mutation, mais le Canada ne recule pas. Face au changement, le nouveau gouvernement du Canada réalise des investissements générationnels au pays et établit des partenariats plus solides à l’étranger.
Dans cette nouvelle ère, le leadership du Canada sera défini non seulement par la force de nos valeurs, mais aussi par la valeur de notre force.