Bonjour.
Monsieur le Premier Ministre, merci de nous accueillir à Hyderabad House et pour votre généreuse hospitalité ici, à New Delhi.
Vous avez étendu cette hospitalité à mes ministres lors de leurs visites et vous abordez notre relation dans un esprit de partenariat depuis juin dernier, quand nous nous sommes entretenus pour la première fois depuis mon arrivée en fonction et, comme vous l’avez mentionné, lorsque vous vous avez pris le temps, quelques semaines plus tard, de venir au Sommet du G7 en Alberta, au Canada.
Cinq mois après, nous nous sommes retrouvés à Johannesburg lors du G20 et, aujourd’hui, c’est la première visite bilatérale d’un premier ministre canadien ici depuis huit ans.
Entretemps, nos ministres des affaires étrangères ont été occupés. Ils se sont rencontrés cinq fois. Quatre de mes ministres ont dirigé des délégations ici, en Inde. Des premiers ministres provinciaux sont également venus en visite, notamment aujourd’hui.
Il y a eu davantage de rencontres bilatérales entre les gouvernements canadien et indien au cours de la dernière année que pendant plus de deux décennies.
Alors, il ne s’agit pas seulement de réaffirmer une relation. Il s’agit d’élargir un précieux partenariat avec de nouvelles ambitions, de nouveaux objectifs et une nouvelle vision : un partenariat entre deux pays confiants qui tracent la voie de leur propre avenir.
Pensons seulement à ce qui s’est passé au cours des dix dernières années. Sous votre gouverne, Monsieur le Premier Ministre, l’Inde est devenue l’économie dont la croissance est la plus rapide dans le monde.
Dans ce pays, le revenu par habitant a augmenté à un rythme rarement vu dans l’histoire de l’humanité. En fait, les projets les plus ambitieux dans le domaine des énergies propres, de l’économie numérique et des biocarburants et de la prochaine génération de talents en intelligence artificielle (IA) sont tous ici, en Inde.
Monsieur le Premier Ministre, le Canada partage cette ambition et cette motivation.
Comme l’Inde, le Canada voit un monde en profonde transformation.
Comme l’Inde, nous savons que les certitudes qui ont structuré le commerce, la sécurité, la finance et la diplomatie pendant plus d’une génération ont été renversées.
Et comme l’Inde, nous reconnaissons que le système multilatéral – sur lequel nos deux pays ont longtemps compté – est mal adapté aux défis de notre temps.
Nous savons tous les deux que la nostalgie n’est pas une stratégie et que ceux qui réussiront dans cette nouvelle ère seront ceux qui disposeront de la confiance, de l’ambition et, surtout, des partenariats pour construire un avenir plus inclusif, plus durable et plus prospère pour tous nos citoyens.
Et je crois que la recette du succès dans cette nouvelle ère était bien illustrée par le thème de votre présidence du G20 en 2023, auquel j’ai eu l’honneur de participer.
Ce thème, bien entendu, est « Une Terre, une famille, un avenir », parce que les grands défis de notre époque ne peuvent être relevés par un seul pays et que ce n’est qu’en misant sur « une Terre, une famille, un avenir » que nous pourrons forger un partenariat digne de nos pays.
En Inde, la croissance de la demande énergétique devrait doubler d’ici 2040.
Pour répondre durablement à cette demande, l’Inde prévoit d’augmenter de 500 gigawatts sa capacité provenant de sources d’énergie renouvelable d’ici la fin de cette décennie et de presque doubler la part du gaz naturel liquéfié (GNL) dans son panier énergétique primaire pendant la même période.
Le Canada est bien placé pour apporter sa contribution en tant que fournisseur mondial fiable du GNL ayant la plus faible teneur en carbone et produit de manière responsable à partir de la côte Ouest.
Alors que l’Inde cherche un accès aux minéraux critiques pour réaliser ses plans dans le domaine de la fabrication, des technologies propres et du nucléaire, les ressources du Canada et ses entreprises de renommée mondiale le positionnent comme un partenaire stratégique.
On peut prendre pour exemples l’entente sur l’uranium qui a été signé aujourd’hui et le fait que 40 % des sociétés minières au monde sont enregistrées au Canada.
Aujourd’hui, nous inaugurons un partenariat stratégique énergétique, qui offre un potentiel considérable d’expansion du commerce bilatéral de l’énergie.
Comme vous l’avez vu, nous avons signé un nouveau partenariat sur les minéraux critiques qui englobe les travaux préparatoires, la transformation et des chaînes d’approvisionnement protégées pour l’énergie propre, les véhicules électriques et la fabrication de pointe.
Nous approfondissons notre coopération dans le domaine de l’énergie propre, comme dans l’énergie éolienne, l’énergie solaire et l’hydrogène parce que le Canada a aussi de grands projets.
Nous prévoyons de doubler notre réseau d’ici 2050, et l’Inde peut être un grand partenaire dans cette expansion.
Comme vous l’avez vu également, le gouvernement de l’Inde et Cameco ont signé une importante entente d’approvisionnement en uranium d’une valeur de 2,6 milliards de dollars, qui appuie les visées de l’Inde en matière de nucléaire ainsi que notre engagement commun en faveur d’une énergie de base propre et fiable.
Toutes ces ententes pour « Une planète » marquent le début d’une nouvelle relation prospère qui offrira des possibilités sans précédent aux travailleurs et aux entreprises de nos deux pays et protégeront la planète pendant des générations.
Ensuite, nous formons « une famille ». Le lien le plus durable et le plus fort entre le Canada et l’Inde est noué par les familles qui y vivent.
Près de deux millions de Canadiennes et de Canadiens ont des racines en Inde, y compris des chefs de file dans les domaines des affaires, de la science, de la culture et de l’administration gouvernementale. Des dizaines de milliers de personnes voyagent chaque année entre nos pays pour rendre visite à leurs amis et à leur famille. Il y a quatre cent mille Indiens talentueux qui étudient au Canada. C’est deux fois plus qu’aux États-Unis. Et quatre fois plus qu’au Royaume-Uni. Ces étudiants, ces connexions, renforcent nos liens, alors nous collaborons pour nous servir de ces avantages comme tremplin.
Nous avons lancé la nouvelle Stratégie Canada–Inde en matière de talents et d’innovation, qui comprend 13 nouveaux partenariats pour renforcer nos liens dans le domaine de l’éducation. Et parmi ces partenariats, on compte des collaborations avec McGill, l’Université de Toronto et l’Université de la Colombie-Britannique dans les domaines de l’IA, des sciences de la santé et de l’architecture numérique.
Notre partenariat va propulser des centaines de chercheuses et chercheurs canadiens et indiens grâce à des projets de recherche conjoints de pointe.
Nous lançons de nouvelles bourses et de nouveaux programmes de fellowship pour l’Indo-Pacifique afin d’accroître la mobilité universitaire et de former la prochaine génération de talents.
Dans une perspective plus lointaine, le premier ministre a mentionné, il y a quelques instants, les 100 milliards de dollars d’investissements déjà réalisés en Inde par nos caisses de retraite.
Ces caisses de retraite ont un capital de 2 000 milliards de dollars. Elles comptent déjà parmi les plus grands investisseurs étrangers ici et ont un potentiel de croissance significatif, surtout en raison de l’ampleur de l’infrastructure construite dans ce pays.
Et enfin, nous avons « un avenir » en commun. C’est pourquoi nous renforçons nos liens dans des secteurs technologiques de pointe allant de l’IA à l’espace.
Lors du G20, l’Inde et le Canada ont signé un partenariat trilatéral historique avec l’Australie sur l’IA et les minéraux critiques. Et nous avons déjà cerné des secteurs clés comme l’infrastructure numérique, la fabrication de semi-conducteurs et de matériel électronique ainsi que l’informatique de haute performance.
Grâce aux ententes, nous élargissons aujourd’hui la collaboration entre l’Agence spatiale canadienne et l’Organisation indienne de recherche spatiale sur l’observation de la Terre, pour surveiller le climat et générer des données qui alimentent l’agriculture, les interventions en cas de catastrophe et la résilience climatique dans tout l’Indo-Pacifique.
Et nos partenariats seront renforcés par les bases solides que nous construisons dans le commerce et la défense.
Nous cheminons vers un accord de partenariat économique global entre le Canada et l’Inde, dans le but de le conclure d’ici la fin de l’année.
Cet accord ambitieux réduira les obstacles, accroîtra la certitude et créera des occasions pour les exportateurs, les investisseurs et les travailleurs dans nos deux pays, dans l’objectif de doubler les échanges commerciaux d’ici la fin de la décennie.
De plus, nous renouvelons la coopération en matière de défense et de sécurité au moyen d’un nouveau partenariat de défense, d’une collaboration maritime dans l’Indo-Pacifique, d’échanges militaires professionnels et d’une coordination et d’une coopération concrètes autour de nos intérêts communs en matière de sécurité.
Ce qui m’a toujours impressionné de la gouvernance que fait le premier ministre Modi de ce pays, c’est que, pendant que l’Inde devient une grande puissance, il a toujours voulu garantir que tous les ménages bénéficient du progrès.
Je vous en donne un exemple : le programme Ujjwala, qui fournit du gaz de pétrole liquéfié à des centaines de millions de ménages ruraux à faibles revenus. Résultat : des combustibles de cuisson plus propres, une réduction de la pollution, des vies sauvées et des coûts plus faibles.
Sous la direction de l’ancien gouverneur Das, une révolution s’est produite dans le domaine des paiements numériques, pour offrir l’aide au revenu et les paiements d’assurance-récolte directement aux gens. Les retombées de cela sont énormes, et nos ententes ont notamment pour objectif d’explorer la possibilité d’accroître notre coopération pour que le Canada puisse tirer avantage de cette innovation.
Mais le point le plus important, c’est que nos partenariats, de l’énergie à l’IA sont menés dans ce même état d’esprit, pour que le Canada et l’Inde puissent exploiter les technologies et offrir des avantages tout aussi transformateurs à des centaines de millions de personnes.
Maintenant, pour conclure, nous nous appuyons sur le concept « Une Terre, une famille, une planète » pour tracer la voie vers « Un avenir ».
Je me suis mis à penser, quand je m’en venais ici, à Swami Vivekananda, bien entendu, l’un des plus grands philosophes.
Il y a plus d’un siècle – et je n’en avais pas pris conscience avant de le lire – mais lors de ses voyages, il a passé du temps à Vancouver et à Winnipeg. Et dans ses voyages et ses récits, il personnifiait la maxime : « Lève-toi, réveille-toi et ne t’arrête pas avant d’atteindre ton but. »
Avec ce partenariat, nous irons de l’avant. Nous ne nous arrêterons pas tant que les objectifs de Viksit Bharat 2047 et du plan « Un Canada fort » ne seront pas atteints. Ce partenariat nous tire vers l’avant. Il renforce notre prospérité. Il améliore le sort de tous et du monde entier. Merci beaucoup.