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Bonjour.

Merci, Richard Bragdon, le président de la Chambre Francis Scarpaleggia, la présidente du Sénat Raymonde Gagné, et distingués invités.

Je vais commencer en récitant un court passage de l’Évangile selon saint Matthieu, chapitre 1, verset 23.

« La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et on l’appellera Immanuel, ce qui signifie “Dieu avec nous”. »

Ce verset marque l’accomplissement de la prophétie d’Ésaïe et la générosité de Dieu incarné.

Je vais axer mon bref discours sur la générosité, en partie parce que c’est l’une des caractéristiques qui distinguent les Canadiennes et les Canadiens : ils veillent les uns sur les autres. 

Et je le fais parce que, en tant que parlementaires, nous sommes souvent appelés à canaliser la générosité de celles et ceux que nous servons, tout en la conciliant avec les réalités budgétaires et les principes de liberté.

Selon la tradition chrétienne, la générosité n’est pas un acte spontané. Nous faisons preuve de générosité parce que nous avons d'abord reçu.

Dans le texte grec original, « charis » précède « charisma ». La grâce avant le don. 

En tant que parlementaires, nous sommes ici parce que nous avons reçu beaucoup. Sans doute une détermination qui ne connaît pas d’obstacles. Probablement une intelligence inlassable. Et, espérons-le, le discernement pour voir ce qui compte vraiment.

Et qu’en est-il de la faculté d’oublier? On n’associe généralement pas cette faculté aux politiciens. 

Mais le Christ, dans le Sermon sur la montagne, nous exhorte à faire en sorte que, lorsque nous donnons, notre main gauche ne sache pas ce que fait notre main droite.

La générosité, dans ce qu’elle a de plus noble, ne tient pas de comptes.

Que notre générosité soit discrète et sans témoin.

Et qu’elle soit aussi bien personnelle qu’institutionnelle.

Car la générosité, c’est aussi être présent. C’est donner non seulement aux causes, mais aussi aux personnes. À nos familles, à nos amis, à nos collègues et les uns aux autres.

Du temps.

De l’attention.

De la miséricorde.

Notre temps, notre attention et notre miséricorde peuvent être notre héritage le plus durable.

J’ai entendu un jour un sermon dans lequel le pasteur évoquait différentes visions de l’immortalité. Remarquant la présence, au premier rang, de fidèles occupant une fonction importante dans la société laïque, il nous a mis au défi de citer le nom d’un seul de leurs éminents prédécesseurs.

Il a admis qu’il ne pouvait en nommer que sept sans tricher.

Des gens qui ont atteint l’horizon de la mort en se sentant comme les héros de leur propre histoire.

Puis, s’appuyant sur les textes sacrés, il a présenté notre caractère éphémère sous deux angles opposés.

Tout d’abord, pour reprendre les paroles d’Ésaïe et de saint Paul : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ».

Si vous fixez l’échéance de votre évaluation de rendement au moment de votre mort, la vie devient courte et stressante, et cette pression nuit à l’altruisme et au dévouement envers les autres.

Cependant, si l’horizon s’étend au-delà de la mort, pour une durée infinie, et sans toute la corruption de la mort qui ronge le monde, alors il existe un horizon qui replace notre vie ici-bas à sa juste place.

C’est une vie qui ne se laisse pas facilement ébranler par les « crises » quotidiennes liées au travail. C’est une vie pleine de sens qui peut apporter des bienfaits durables. C’est une vie qui vise à promouvoir la trinité que constituent la justice distributive, l’égalité des chances et l’équité entre les générations.

Mais même si ces efforts sont vains, c’est une vie qui nous permet de reconnaître qu’en cultivant la vertu, nous contribuons à la développer en nous-mêmes et chez les autres. 

Nous en élargissons la pratique et lui donnons vie.

Je sais qu’il y a des stoïciens parmi vous, je terminerai donc en m’inspirant de Marc Aurèle : Levez-vous pour accomplir le travail de l’humanité. Restez humble. Aussi grand que vous soyez aujourd’hui ou que vous puissiez devenir demain, vous aussi serez oublié. Au fil des siècles, nos noms deviendront des énigmes.

Mais notre générosité peut perdurer sous forme d’exemples qui se multiplient à travers des valeurs au service des autres. Un passé digne de ce nom qui se cristallise en un avenir meilleur.

Alors, soyons reconnaissants pour la générosité qui nous a été accordée à chacun et que nous sommes maintenant appelés à transmettre.