Transcription - Le premier ministre Carney annonce la stratégie du Canada pour protéger la nature et la biodiversité
Le premier ministre Carney annonce la stratégie du Canada pour protéger la nature et la biodiversité
Merci. Merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous et merci, Julie, pour votre travail et celui de Nathalie et Joanne. Nathalie Provost et Joanne Thompson et toutes les équipes qui sont représentées ici. Vous avez rendu ce jour historique et vital possible. C’est un plaisir d’avoir le parc Gatineau en arrière-plan, un joyau du Québec et de la région de la capitale nationale du Canada.
Le Canada a la chance d’avoir un patrimoine naturel d’exception. Des rivages accidentés de l’Atlantique aux sommets imposants des Rocheuses, des vastes Prairies aux forêts boréales, de l’Arctique aux immenses montagnes de la Colombie-Britannique, la nature fait partie intégrante du Canada. Elle est au cœur même de l’identité canadienne. Elle renforce notre souveraineté, soutient notre économie et nous offre des moyens de subsistance.
Nous nous trouvons dans une province où cette réalité est profondément ressentie, où le paysage façonne la culture, la langue et la vie quotidienne, tout comme les rivières qui se jettent dans le Saint-Laurent, qui sont des voies navigables et des artères vitales pour les écosystèmes. En tant que Canadiens et Canadiennes, la nature est dans notre nature. Notre milieu naturel nous distingue du reste du monde. Nos terres s’étendent pour former le deuxième plus grand pays du monde, bordé par le plus long littoral du monde.
Le Canada abrite 20 % des eaux douces de la planète, 25 % des zones humides mondiales, près du quart des forêts boréales et plus de 80 000 espèces, comme les emblématiques ours polaires, castors et bernaches du Canada, et une faune unique – le loup de l’Est, la marmotte de l’île de Vancouver et le caribou de Peary. La nature est également un atout qui offre un éventail de biens et services au fil du temps. Ces services écosystémiques font de la nature notre meilleur allié dans la lutte contre les changements climatiques. Ils aident à atténuer les catastrophes climatiques et à réduire leur gravité. Les zones humides absorbent le carbone et les précipitations excessives. Les forêts préviennent l’érosion et les inondations, et les écosystèmes en santé réduisent les effets des phénomènes météorologiques violents qui font des dommages dans nos communautés. La nature nous protège tout en subvenant à nos besoins, notamment en nous offrant les éléments à la base de la vie : de la nourriture, de l’eau salubre et des matériaux pour s’abriter, et nos écosystèmes offrent des retombées économiques massives aux Canadiennes et aux Canadiens. Par exemple, les lieux gérés par Parcs Canada permettent à eux seuls d’injecter plus de 4 milliards de dollars dans le PIB du Canada et d’employer plus de 37 000 Canadiennes et Canadiens.
Quand on ne protège pas la nature, on ne fait pas un choix économique avantageux. On fait un choix qui va à notre encontre.
Notre patrimoine naturel est si vaste que nos choix deviennent cruciaux pour le reste du monde, et le Canada est un chef de file de la protection de la nature dans le monde. Certains parmi vous, derrière ou devant moi, ou encore parmi ceux qui nous regardent, étaient présents à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité tenue à Montréal en 2022, où le Canada a aidé à établir un accord marquant pour freiner et renverser la perte de la biodiversité : le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming à Montréal. Dans le cadre de cet accord, nous nous sommes engagés, avec d’autres pays, à atteindre l’un des plus importants objectifs de conservation dans le monde, c’est-à-dire la protection de 30 % de nos terres et de nos étendues d’eau d’ici la fin de la présente décennie, soit d’ici 2030. Nous avons entre autres pris l’engagement de cerner les zones essentielles à notre biodiversité et à nos écosystèmes et à conserver ces habitats pour aider à limiter les effets des changements climatiques.
Pour un pays aussi vaste que le nôtre, protéger 30 % de nos terres et de nos eaux est un engagement ambitieux. C’est un engagement que notre gouvernement s’efforce de respecter avec détermination. À cette fin, nous présentons aujourd’hui un plan : Une force de la nature, la stratégie du Canada visant à protéger la nature.
Aujourd’hui, nous lançons Une force de la nature : la Stratégie du Canada pour protéger la nature. Ce nouveau plan ambitieux prévoit un investissement de 3,8 milliards de dollars de nouveaux fonds dans trois piliers : protéger la nature, bien bâtir le Canada et valoriser la nature par la mobilisation de capitaux. La nature est bénéfique à notre bien-être. Quand nous protégeons la nature, nous protégeons les Canadiennes et les Canadiens ainsi que l’air que nous respirons, l’eau dont nous nous abreuvons et les rivières dans lesquelles nous nageons. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous mettons en place des mécanismes durables qui nous permettront d’atteindre notre objectif consistant à protéger 30 % de nos terres et de nos eaux d’ici 2030. Pour y parvenir, nous adoptons une approche globale. Nous créerons de nouveaux parcs nationaux et aires de conservation marine, de nouveaux parcs urbains nationaux, tout ce qui a incité Julie à se lancer en politique, et bien plus encore, et les autres nouvelles mesures de conservation efficaces par zone, qui sont des lieux où nous pouvons préserver les terres et les eaux tout en autorisant d’autres activités. Pour créer ces espaces, il faut à la fois de l’ambition et un important financement, et nous savons que les fonds publics ne suffiront pas. C’est pourquoi nous travaillerons avec le secteur privé pour mobiliser des investissements permettant de préserver nos terres et nos eaux.
Nous investirons dans nos parcs nationaux actuels pour protéger ces lieux extraordinaires, afin que les prochaines générations puissent elles aussi en profiter. Nous avons tous un lien spécial avec certains lieux. Tout juste en périphérie de Fort Smith, aux Territoires du Nord-Ouest, là où je suis né, le parc national Wood Buffalo a instauré des mesures de préservation du bison et de la grue blanche, deux espèces qui sont menacées depuis ma naissance. J’ai grandi à Edmonton et j’ai de bons souvenirs du parc national Jasper, tout comme mes enfants qui en ont du parc de la Gatineau. Donc, en créant de nouveaux parcs et en rendant tous les autres plus accessibles, nous aiderons toutes les Canadiennes et tous les Canadiens à admirer la beauté de notre grand pays, comme j’ai pu le faire. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles nous avons renouvelé le laissez-passer Un Canada fort pour la saison estivale. Ainsi, les Canadiennes et les Canadiens pourront visiter les parcs nationaux sans payer un sou, et c’est aussi pourquoi nous allons immédiatement de l’avant avec deux nouveaux sites de conservation. Le premier est le projet d’aire protégée autochtone et d’aire marine nationale de conservation de Wiinipaakw dans les eaux du large de l’est de la baie James, au Québec, et le deuxième est le parc national du bassin versant de la rivière Seal, au Manitoba.
Le projet d’aire protégée autochtone et d’aire marine nationale de conservation de Wiinipaakw permettra de protéger une région essentielle qui soutient les communautés autochtones et où l’on trouve certains des espaces du Grand Nord canadiens, dont les ours polaires et les bélugas.
Le parc national du bassin versant de la rivière Seal aidera à protéger le plus vaste bassin versant intact au monde – pensez-y, le plus vaste bassin versant intact au monde – qui favorise le stockage naturel du carbone, la filtration de l’eau et la protection contre les inondations, tout en préservant l’habitat de l’ours polaire, du caribou et d’autres animaux emblématiques de la faune canadienne. C’est une bonne journée pour être un ours polaire au Canada.
Souvent, quand nous parlons de conservation, nous pensons à la protection de certaines terres et la restriction de la plupart des activités qui s’y déroulent. Nous devons trouver des moyens de préserver les terres et les eaux tout en en autorisant les activités qui ne les menacent pas. Nous y parvenons grâce aux mesures de conservation efficaces par zones. Il s’agit de terres et de plans d’eau que nous pouvons préserver tout en y autorisant d’autres activités. Par exemple, la base des Forces canadiennes Shilo, dans le sud-ouest du Manitoba. Certaines parties du site sont activement utilisées par les Forces armées, tandis que d’autres restent intactes, ce qui protège ainsi des écosystèmes essentiels. Nous étudions d’autres endroits où nous pourrions appliquer la même approche afin de préserver la nature de manière concrète, sans pour autant mettre ces terres entièrement hors d’usage. Comme Julie a dit, le partenariat est au cœur de notre plan. Les peuples autochtones ont une connaissance profonde et ancestrale de l’environnement et nous travaillerons en partenariat avec les communautés autochtones pour mettre en œuvre cette stratégie. Nous collaborons avec les organismes de conservation et nous appuyons sur leur expertise en matière de protection des écosystèmes. Nous collaborons avec les provinces et les territoires afin d’optimiser nos efforts de conservation à l’échelle nationale.
À l’heure actuelle, seulement 14 % de nos terres sont protégées. La création de nouveaux parcs et de nouvelles aires protégées nous permettra d’augmenter cette superficie de 16 % d’ici 2030 et d’atteindre ainsi notre objectif de 30 %.
C’est un jour marquant. À mesure que nous protégeons nos terres, nous allons protéger nos eaux. Nous allons créer jusqu’à 14 nouvelles aires marines protégées et conservées et jusqu’à 10 nouvelles aires marines nationales de conservation. Deux de ces aires se trouvent dans l’Arctique, à savoir les aires marines protégées de Sarvarjuaq et de Qikiqtait. Ensemble, ces aires contribuent à protéger les habitats d’espèces essentielles à l’écosystème arctique, notamment les morses, les bélugas, et vous l’aurez deviné, les ours polaires. Au total, une fois le projet achevé, ces nouvelles aires de conservation permettront d’augmenter de plus de 12 % la superficie des eaux protégées, pour la porter à 28 %, nous rapprochant ainsi de notre objectif de 30 %. Nous avons donc du travail à faire pour combler cet écart, et nous y parviendrons. Pour restaurer nos eaux, nous éliminons également l’une des sources de pollution marine les plus meurtrières : les engins fantômes, c’est-à-dire les engins de pêche abandonnés ou rejetés qui nuisent aux mammifères marins et aux oiseaux de mer. J’ai entendu parler de la nécessité de prolonger l’initiative à cet égard, vendredi, sur le quai de West Pubnico, et je savais que la ministre Thompson l’avait défendue. Nous prolongeons donc le Fonds engins fantômes, qui a déjà permis de retirer plus de 2 500 tonnes de matériel de pêche des eaux canadiennes depuis 2020. En tant que gouvernement, nous investissons dans des initiatives en cours qui permettront d’obtenir les meilleurs résultats, comme la Stratégie relative au saumon du Pacifique, qui protège cette ressource vitale pour les écosystèmes de la côte ouest. Et nous investissons également dans la Stratégie pour le saumon sauvage de l’Atlantique, afin de stabiliser les populations de saumon sauvage puis de les rétablir.
Une économie forte et résiliente dépend d’écosystèmes sains. Concilier préservation de la nature et développement présente deux avantages. Cela stimule la croissance tout en protégeant l’environnement naturel qui est le fondement de notre économie. Et notre gouvernement s’attache sans relâche à bâtir une nouvelle économie fondée sur de grands projets d’infrastructure. Nous bâtirons de manière durable en préservant notre environnement naturel, car la force d’un pays dépend de la santé de ses terres et de la qualité de ses eaux. Et la nature est un moteur pour notre économie grâce à la vigueur de ses écosystèmes. Nous devons adopter des méthodes de construction qui favorisent nos efforts de conservation tout en créant et en protégeant des aires destinées à la préservation de la nature et de la faune.
Grâce à une cartographie plus exhaustive de notre environnement naturel, qui fait partie intégrante de ce plan, nous pourrons mieux comprendre la biodiversité et la capacité de séquestration du carbone à l’échelle du Canada. Une meilleure cartographie permettra également de mettre en place des procédures prévisibles pour l’approbation des projets et de stimuler les investissements dans la conservation. La nature peut être une force positive qui nous aide à mobiliser des capitaux privés pour la protection de notre environnement. Comme je l’ai constaté dans le cadre de mes fonctions d’envoyé spécial des Nations Unies pour le financement de l’action climatique, lorsque le secteur privé intègre la réduction des émissions et la protection de la nature dans ses chaînes de valeur, il est davantage incité à investir et plus motivé à réduire les pratiques qui entraînent la destruction des habitats et génèrent de la pollution.
Au Canada et partout dans le monde, des modèles de financement novateurs voient le jour pour favoriser les investissements privés en faveur de la protection de la nature. Afin de tirer parti de ces outils, nous mettons sur pied un groupe de travail d’experts sur la comptabilisation du capital naturel et le financement de la protection de la nature. Le groupe de travail définira comment mesurer la valeur de la nature et étudiera les moyens de la considérer comme un actif qu’il faut protéger, une richesse dont nous ne pouvons pas nous passer. C’est en suivant l’état de nos écosystèmes avec la même rigueur que celle dont nous faisons preuve pour suivre le rendement économique et financier que nous jetterons les bases nécessaires aux décisions d’investissement visant à protéger les milieux naturels.
Notre identité nationale trouve ses racines dans les paysages magnifiques et variés de notre pays, comme celui derrière nous. Comme l’a fait remarquer l’Aîné Duke Redbird, poète de la Nation ojibwée de Saugeen, « L’esprit du peuple est à la mesure du pouvoir de la terre. »
Ce dont nous avons hérité en tant que Canadiennes et Canadiens est extraordinaire. Toutefois, nous avons une responsabilité, une grande responsabilité, celle de protéger ces richesses. C’est d’être les gardiens des terres et des eaux dont nous jouissons pleinement. Il s’agit d’une responsabilité que le nouveau gouvernement du Canada attend d’assumer avec une détermination sans faille.