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Bonjour.

Je suis heureux d’être ici, au Musée des sciences et de la technologie du Canada, ce temple de l’ingéniosité et du dynamisme qui ont permis de bâtir notre pays exceptionnel.

Le Canada a toujours été un pays de gens audacieux et de bâtisseurs.

Notre pays est né des peuples autochtones et des explorateurs qui ont cartographié le continent et établi de vastes réseaux de commerce d’un océan à l’autre, avant même que les Américains quittent St. Louis.

Au début des années 1870, le Canada était un jeune et vaste pays composé de provinces principalement unies entre elles par un même nom et, pour reprendre les mots mémorables de Sir John A. Macdonald, « une simple expression géographique ».

Confrontés à une dépression économique et à des menaces contre leur souveraineté émanant de leurs voisins du sud, les Canadiens ont choisi de bâtir.

Le Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) est devenu le fil conducteur d’un nouveau pays, l’épine dorsale de fer reliant l’Est à l’Ouest, qui a permis l’expansion du Canada et l’intégration de la Colombie-Britannique à la Confédération.

Nos ressources ont été mises à profit, nos échanges commerciaux se sont intensifiés, nos industries se sont développées, et un Canada plus fort, plus uni et plus prospère a vu le jour.

Le CFCP est devenu l’une des entreprises les plus rentables de l’Empire britannique, et ses fondateurs, Lord Mount Stephen et Lord Strathcona, figuraient parmi les personnes les plus fortunées.

Aujourd’hui, le Canada est confronté à de nouveaux défis posés par un monde qui évolue, non pas progressivement, mais brusquement.

Les changements technologiques sont de plus en plus rapides.

Les fondements de l’ordre international, cet ordre que le Canada a contribué à bâtir et dont nous avons longtemps tiré profit, volent en éclats.

Bon nombre de nos anciennes forces, fondées sur nos liens étroits avec les États-Unis, sont devenues nos faiblesses.

Les États-Unis ont changé : c’est leur droit.

Nous réagissons : c’est notre devoir.

Nous réagissons avec rapidité et ambition. Nous nous concentrons sur ce que nous pouvons contrôler : renforcer nos atouts chez nous et diversifier nos partenariats à l’étranger.

À l’étranger, nous avons conclu plus de 20 partenariats économiques et de sécurité sur les cinq continents en moins d’un an.

Nous renouons le dialogue avec des puissances mondiales telles que l’Inde, la Chine et le Brésil, et renforçons nos partenariats avec nos alliés les plus proches, notamment l’Union européenne, les pays nordiques et l’Australie.

En conséquence, nous attirons les investissements les plus importants du G7 et sommes en voie de doubler nos exportations vers les pays autres que les États-Unis d’ici une décennie. Cela représente 300 milliards de dollars de nouvelles commandes pour des ressources, des biens et de l’expertise canadiens.

Au niveau national, nous lançons une série de projets d’intérêt national dans les domaines de l’énergie, du commerce, des minéraux stratégiques, des transports, des données et bien d’autres encore.

Nous avons annoncé 21 initiatives d’intérêt national, qui permettront de relier, de diversifier et de dynamiser notre économie grâce à de nouveaux investissements de plus de 125 milliards de dollars.

Nous exploitons pleinement le potentiel du Canada en matière d’énergies propres et conventionnelles pour alimenter les foyers canadiens, développer les entreprises canadiennes et renforcer la souveraineté du pays.

Nous bâtissons une économie forte où chacun a la possibilité de s’épanouir. Où nous prenons soin des plus vulnérables. Où nous unissons nos forces pour rendre la vie plus abordable aujourd’hui et meilleure demain.

Nous venons de débuter, mais nous obtenons déjà des résultats.

L’année dernière, la construction de la nouvelle centrale nucléaire de Darlington a commencé en Ontario.

Plus tôt ce mois-ci, nous avons donné le coup d’envoi du projet d’expansion du terminal de Contrecœur au port de Montréal. Un projet qui a fait l’objet de débats pendant plus de quatre décennies est finalement en construction.

Et nous venons d’approuver le projet d’agrandissement Sunrise. En augmentant la capacité du principal réseau de transport de gaz naturel de la Colombie-Britannique, le projet, d’une valeur de 4 milliards de dollars, aidera à répondre à la croissance de la demande énergétique de la province.

Cet été, nous lancerons le projet de route de la vallée du Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest, un projet dont j’entends parler depuis mon enfance.

Nous avons signé 56 accords sur les minéraux critiques avec plus de 10 pays.

Ces accords contribueront à débloquer 18,5 milliards de dollars pour des projets liés aux minéraux critiques au Canada.

Et on ne fait que commencer.

Nous réalisons des projets à travers notre vaste territoire, des installations de GNL en Colombie-Britannique aux mines de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick, en passant par une nouvelle ligne de train à grande vitesse reliant Toronto à Québec,

ainsi que le premier grand projet d’éoliennes en mer du Canada, au large des côtes de la Nouvelle-Écosse.

Demain, le ministre des Finances publiera notre première Mise à jour économique du printemps.

Elle montrera comment le nouveau gouvernement canadien allie une gestion budgétaire responsable à de nouvelles mesures visant à garantir que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens puissent contribuer à bâtir une économie canadienne plus autonome et plus résiliente.

Bâtir un Canada fort, c’est bâtir un Canada où chacun a son mot à dire, où la croissance est partagée et où la prospérité touche toutes les régions, toutes les communautés et toutes les familles.

Aujourd’hui, je suis fier d’annoncer un nouvel axe de notre plan : le Fonds pour un Canada fort, le premier fonds souverain national du Canada.

Ce sera un fonds du gouvernement du Canada, mais surtout, ce sera un fonds qui appartiendra à la population. Ce sera votre fonds.

Le un nouveau fonds souverain investira dans de grands projets ambitieux canadiensdes projets dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des mines, de l’agriculture et des technologies, aux côtés d’investisseurs privés.

Et pour la première fois dans l’histoire du Canada, les Canadiennes et Canadiens ne se contenteront pas juste de contribuer à la réalisation de ces projets : ils bénéficieront directement de leurs retombées.

Le Fonds pour un Canada fort permettra de bâtir de façon stratégique, en partenariat avec les Canadiennes et les Canadiens.

Voici comment il fonctionnera.

Un fonds souverain est essentiellement un compte national d’épargne et d’investissement, destiné à faire fructifier la richesse pour les générations à venir. De nombreux pays dotés de ressources naturelles, comme la Norvège, en possèdent un. Le Canada n’en avait pas, jusqu’à présent.

Le nouveau Fonds pour un Canada fort permettra à toutes les Canadiennes et à tous les Canadiens de participer directement à la construction d’un Canada fort.

Pour être clair, tout comme pour le CFCP il y a 150 ans, les grands projets du Canada seront principalement réalisés par des entreprises privées.

Comme dans les années 1870, le gouvernement fédéral soutiendra ces projets grâce à des prêts, des subventions et d’autres mesures incitatives.

Nous le faisons parce que ces projets ont des retombées plus vastes pour notre économie – des retombées qui dépassent les gains privés. L’agrandissement du port de Montréal à Contrecœur, par exemple, ouvrira de nouveaux marchés à des milliers d’entreprises canadiennes et créera des emplois pour des centaines de milliers de travailleurs canadiens.

Jusqu’à présent, alors que ces retombées plus vastes profitaient à l’ensemble du pays, les gains financiers tirés de ces projets ne revenaient qu’à ceux qui les avaient construits et gérés. 

Cela va changer aujourd’hui.

Lors de la création du CFCP, le gouvernement a accordé des monopoles privés.

Aujourd’hui, afin de créer de la richesse pour les Canadiennes et les Canadiens d’aujourd’hui et pour nos enfants de demain, le Fonds pour un Canada fort investira aux côtés du secteur privé dans des projets d’intérêt national, selon des modalités entièrement commerciales.

Nous commencerons par un capital initial de 25 milliards de dollars. Au fil du temps, le fonds s’enrichira grâce au recyclage et au réinvestissement des actifs, créant ainsi des perspectives encore plus prometteuses pour les générations à venir.

Nous allons également mettre en place une autre initiative, à la fois nouvelle et importante.

Pour ceux qui souhaitent contribuer de manière encore plus directe, nous ferons en sorte que chaque Canadienne ou Canadien puisse facilement investir dans le Fonds et ainsi détenir une petite part des projets d’intérêt national et bénéficier de leurs retombées.

Le Fonds sera géré par des professionnels et fonctionnera comme une société d’État indépendante et autonome.

Au cours des prochains mois, nous mènerons des consultations sur certains aspects précis du Fonds. Une chose est sûre : il sera accessible à tous. Pas seulement à quelques personnes.

Car le Fonds pour un Canada fort repose sur la solidarité entre les Canadiennes et les Canadiens. Peu importe où ils vivent. Qu’un projet se déroule en Alberta, au Québec ou dans le Nord, toutes les Canadiennes et tous les Canadiens auront leur mot à dire.

Il s’agit de faire en sorte que vous, vos enfants et les enfants de vos enfants puissiez profiter de la prospérité que nous créons aujourd’hui.

À bien des égards, nous suivons les traces de nos prédécesseurs.

La même conviction que l’ambition et la détermination peuvent changer le destin d’une nation.

Le même rôle catalyseur que doit jouer le gouvernement pour mener à bien les projets d’intérêt national.

Le même recours au secteur privé pour créer et exploiter ces entreprises.

Parallèlement, nous avons également appris de notre passé.

Le CFCP a transformé le Canada, mais sa construction a également laissé de profondes traces. Les peuples autochtones ont été chassés de leurs terres. Des milliers d’ouvriers ont travaillé dans des conditions épouvantables.

La richesse ainsi créée est revenue à une minorité, et non à la majorité.

Cette fois-ci, trois choses ont changé.

Cette fois-ci, nous travaillons en étroite collaboration avec les peuples autochtones, en tant que partenaires à part entière, afin de garantir à ces derniers des droits de propriété considérables et des retombées économiques importantes.

Cette fois-ci, nous construisons en solidarité avec les travailleurs canadiens, en créant des centaines de milliers d’emplois syndiqués bien rémunérés.

Et, cette fois-ci, pour la première fois de notre histoire, chaque Canadienne et chaque Canadien aura un rôle direct dans ce qui sera construit.

Car nous savons que la construction d’une nation ne se résume pas seulement à ce que nous construisons, mais aussi à la manière dont nous le construisons.

Nous construisons ensemble. Avec toutes les Canadiennes et tous les Canadiens et pour elles et eux.

Nous bâtissons une économie plus forte, plus autonome et plus résiliente pour tous. 

Un avenir qui n’est pas seulement solide, mais aussi prometteur.

Un Canada qui n’est pas seulement prospère, mais juste.

Un Canada qui n’est pas réservé à quelques-uns, mais qui est pour tous, en tout temps.

Jean Lesage, le père du Québec moderne, a dit : « notre situation historique et géographique nous a forcés de devenir ce que nous sommes : nous voulons désormais être ce que nous pouvons devenir ».

C’est cette même philosophie qui nous inspire aujourd’hui pour créer le Fonds Canada Fort.

Par l’entremise de ce fonds, chacun des Canadiennes et Canadiens aura sa part des bénéfices découlant de ces grands projets.

Ce sont nos ressources naturelles, notre main d’œuvre et notre richesse.

Voilà la meilleure façon d’être maître chez nous.

Nous bâtissons un Canada fort, pour tous.

Un Canada où tout le monde y trouve son compte.

Où tout le monde peut participer.

C’est notre pays, et c’est votre avenir.

Nous bâtissons canadien, pour toutes les Canadiennes et tous les Canadiens.

Nous bâtissons un Canada fort pour tous.

Merci.