L’honorable Louise Arbour est une éminente juriste canadienne dont la carrière s’étend du milieu universitaire à la magistrature, en passant par le droit pénal international et la défense des droits de la personne à l’échelle mondiale. Née à Montréal, au Québec, elle a étudié au Collège Régina Assumpta et a obtenu son baccalauréat en droit civil (LL.L.) à l’Université de Montréal en 1970. Elle a ensuite poursuivi des études supérieures à l’Université d’Ottawa tout en occupant un poste d’auxiliaire juridique à la Cour suprême du Canada auprès de l’honorable juge Louis-Philippe Pigeon. Elle a été admise au Barreau du Québec en 1971 et au Barreau de l’Ontario en 1977.
Mme Arbour a commencé sa carrière en occupant un poste d’agente de recherche à la Commission de réforme du droit du Canada de 1972 à 1973. Ensuite, elle a été professeure et doyenne associée à la Faculté de droit Osgoode Hall de l’Université York, où son savoir en matière de droit pénal, de droit public et de libertés civiles a forgé sa réputation.
Sa carrière dans le milieu judiciaire a commencé en 1987, quand elle a été nommée à la Cour suprême de l’Ontario. Trois ans plus tard, elle a été nommée à la Cour d’appel de l’Ontario. En 1995, elle a dirigé la Commission d’enquête sur certains événements survenus à la Prison des femmes de Kingston. Le rapport de la Commission, paru en 1996, a été marquant dans l’histoire des services correctionnels, puisqu’il a mis en lumière l’importance de la primauté du droit et a donné lieu à des réformes à long terme, en particulier dans les établissements destinés aux femmes.
De 1996 à 1999, Mme Arbour a servi à titre de procureure en chef des tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda. Dans le cadre de ces fonctions, elle a amélioré l’efficacité des tribunaux au moyen d’innovations, telles que la mise en accusation sous pli scellé. Elle a également réussi des avancées majeures au chapitre de l’application de la loi, comme l’inculpation du président serbe Slobodan Milošević, la première inculpation d’un chef d’État en exercice par un tribunal international. Pendant son mandat, elle a aussi contribué à des avancées jurisprudentielles notables, dont la reconnaissance en droit international du fait que la violence sexuelle peut constituer un acte de génocide et un crime contre l’humanité.
Mme Arbour a été nommée à la Cour suprême du Canada en 1999 et y a siégé jusqu’en 2004. Elle y a pris part à d’importantes décisions en matière de droit constitutionnel et de droit pénal, tout en préconisant une approche fondée sur des principes quant à l’interprétation de la Charte canadienne des droits et libertés.
De 2004 à 2008, Mme Arbour a occupé le poste de haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, où elle s’est consacrée aux questions relatives à la responsabilité, à la réforme institutionnelle ainsi qu’au renforcement des mécanismes mondiaux de protection des droits de la personne. Elle a ensuite occupé les fonctions de présidente-directrice générale de l’International Crisis Group de 2009 à 2014, puis de représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour les migrations internationales de 2017 à 2018, où elle a contribué à définir la politique mondiale en matière de migrations.
De 2021 à 2022, Mme Arbour a mené un examen indépendant du ministère de la Défense nationale du Canada et des Forces armées canadiennes, au terme duquel elle a recommandé des réformes en profondeur pour lutter contre l’inconduite sexuelle et changer la culture au sein de ces institutions.
Ses contributions lui ont valu de nombreux prix et distinctions, dont le prix Tang pour l’État de droit et le prix O’Connor pour la justice, et elle est titulaire de 42 doctorats honorifiques décernés par des universités au Canada et à l’étranger. Par ailleurs, elle est compagne de l’Ordre du Canada et grande officière de l’Ordre national du Québec.
En date de 2026, Mme Arbour occupe un poste d’avocate-conseil principale chez Borden Ladner Gervais (BLG), et ce, tout en menant des activités philanthropiques au sein de différentes organisations.