Transcription - Le premier ministre Carney salue la plus importante commande d’avions commerciaux au Canada
Le premier ministre Carney salue la plus importante commande d’avions commerciaux au Canada
Quel honneur et quel plaisir d’être ici à Mirabel avec vous, Madame la Première Ministre du Québec, la mairesse Therrien, la ministre de l’Industrie, Monsieur le Ministre Drainville, mes collègues parlementaires, les membres de l’Assemblée nationale et les innovateurs, les travailleurs et travailleuses d’Airbus ici. C’est incroyable.
Je suis heureux d’être ici, c’est si agréable… et je n’ai que cinq minutes. Non, j’en ai un peu plus que ça, mais je vais être… Je veux vous décrire un peu le contexte, parce que je vais revenir sur certains points dont Tony a parlé – beaucoup mieux que moi, parce qu’il l’a vécu –, mais nous sommes ici aujourd’hui grâce à la force conjointe d’entrepreneurs, de bâtisseurs et, bien entendu, de gouvernements; des gouvernements qui se trouvent du bon côté de la ligne qui sépare le génie de la stupidité, comme j’aime le croire. La force qui est en train de bâtir un Canada plus fort, plus résilient et plus indépendant, une force qui resserre les liens entre le Canada et l’ANASE, ce qui est un point très important… qui resserre les liens entre le Canada et l’ANASE pour le mieux-être de nos travailleurs, de nos familles, de nos touristes, de nos gens d’affaires. Et le tout premier maillon de cette chaîne, c’est l’entrepreneur. Le preneur de risques. Le bâtisseur. Sur ce, permettez-moi de saluer Tony Fernandes, un entrepreneur hors du commun qui a pris les risques, une série de risques, et c’est pourquoi nous sommes tous réunis aujourd’hui pour bâtir un avenir meilleur.
(Applaudissements)
Tony et moi nous connaissons depuis un bon moment, mais notre dernière rencontre a eu lieu en octobre dernier, à Kuala Lumpur, pour le Sommet de l’ANASE, et nous parlions des différentes crises que nous avons traversées dans le passé : les crises financières, la COVID… Et nous avons discuté de la meilleure façon de s’adapter à un monde qui évolue de manière encore plus radicale qu’auparavant, à de nombreux égards, et nous partagions la même vision; celle de resserrer les liens entre les pays qui choisissent de bâtir malgré l’adversité. Des pays qui ont la confiance nécessaire pour s’ouvrir, relier leurs économies, investir dans leurs travailleurs, aller de l’avant et ne pas faire marche arrière. Et j’ai souligné à Tony le fait que le Canada s’engageait de nouveau à réaliser de grands projets chez lui et à nouer des partenariats fiables à l’étranger, y compris, très certainement, avec l’ANASE. Alors, Tony, je vous remercie. Merci pour la confiance que vous manifestez à l’égard des travailleuses et travailleurs canadiens du Québec, de Mirabel. Vous choisissez les meilleurs, exactement au bon moment.
(Applaudissements)
Et merci de saluer, comme vous l’avez fait dans votre allocution, les entrepreneurs et les preneurs de risques canadiens, dont Pierre Beaudoin, qui a créé la Série C, cet avion apparemment horrible qui s’est métamorphosé subitement du jour au lendemain...
(Rires)
la Série C, qui a précédé l’A220, et, par-dessus tout, merci à tous les travailleurs et constructeurs chez Airbus qui en font aujourd’hui une réalité.
Merci à vous. Merci à vous, Lars. Merci à vous, Guillaume et l’équipe d’Airbus pour votre leadership. Par-dessus tout, merci aux travailleuses et travailleurs d’ici, à Mirabel, et de tout le Canada qui bâtissent l’excellence de notre pays dans le secteur de l’aviation. Le Canada a toujours été un pays de bâtisseurs. Dans le passé, par exemple, en février 1909, un jeune ingénieur du nom de J.A.D. McCurdy, décolla depuis la banquise du lac Bras d’Or. Ce fut le premier vol motorisé de l’histoire du Canada et le premier de tout l’Empire britannique. McCurdy était un bâtisseur et un homme audacieux. Il se consacrait à des projets que d’autres jugeaient impossibles, notamment la première traversée aérienne entre la Floride et Cuba. En 1928, McCurdy quitte les exploits aériens pour bâtir cette industrie. Il s’installe à Montréal, fonde Reid Aircraft, l’un des tout premiers grands constructeurs aéronautiques du Québec. Le site qu’il a développé est devenu Canadair, puis Bombardier, la lignée même qui nous a donné la Série C, devenue aujourd’hui l’A220 que nous célébrons. Aujourd’hui, cette industrie aérospatiale regroupe plus de 60 000 travailleurs et génère environ 15 milliards de dollars par année pour notre économie. Et cette même conviction – que l’ambition et la détermination peuvent changer le cours d’un pays – est celle que nous mobilisons aujourd’hui.
Alors, aujourd’hui, dans le prolongement de cette conversation que nous avons eue il y a quelques mois au milieu des tumultes mondiaux, le Canada et le Québec se concentrent sur ce que nous pouvons contrôler. Nous consolidons nos forces au pays. Nous diversifions nos échanges commerciaux auprès de partenaires fiables à l’étranger. À la grandeur du Canada, nous mobilisons un investissement total de mille milliards de dollars au cours des cinq prochaines années dans l’énergie propre et conventionnelle, les corridors commerciaux, les minéraux critiques, l’intelligence artificielle, l’aérospatiale, la défense et plus encore. Nous contributions à la transformation et à la formation de notre main-d’œuvre, comme en témoigne notamment l’annonce faite la semaine dernière d’un investissement de 6 milliards de dollars dans l’initiative Une Équipe Canada forte, qui vise à recruter, à former et à embaucher 100 000 nouveaux travailleurs qualifiés dans les métiers spécialisés au cours des cinq prochaines années.
Et nous soutenons également… grâce à madame la ministre de l’Industrie, nous soutenons également les travailleurs et les entreprises touchées par les droits de douane américains injustifiés. Nous avons lancé un nouveau programme de financement d’un milliard de dollars destiné aux secteurs de l’acier, de l’aluminium et du cuivre, ainsi qu’une réponse régionale de 500 millions de dollars couvrant tous les secteurs de l’économie, dont 105 millions de dollars pour le Québec.
Nous avons conclu plus de 20 partenariats économiques et de sécurité sur cinq continents en moins d’un an, ce qui nous permet de créer de nouvelles possibilités pour les entreprises canadiennes. Nous nous employons également à conclure cette année des accords de libre-échange globaux avec l’Inde, la Thaïlande, les Philippines, le Mercosur et, par-dessus tout, les pays de l’ANASE. Les investissements directs étrangers au Canada ont déjà atteint leur plus haut niveau depuis près de vingt ans, le taux par habitant de ces investissements étant plus de deux fois supérieur à celui de notre concurrent le plus proche au sein du G7, et ce n’est qu’un début.
(Applaudissements)
Exactement comme vous. Exactement comme Tony.
Et partout dans le monde, nos partenaires voient ce que le Canada est en train de bâtir ainsi que la certitude et la stabilité que nous pouvons offrir. Les entreprises choisissent le Canada parce que nous avons ce que le monde recherche. Le Québec a ce que le monde recherche.
(Applaudissements)
Et ici, à Mirabel, les travailleurs et les innovateurs construisent ce que le monde recherche. Je suis très heureux, tellement heureux qu’AirAsia procédera avec la plus importante commande d’avions canadiens de l’histoire. Et je suis tellement heureux que ces appareils seront construits exactement ici. Cet accord, comme Lars a mentionné, cet accord marque un tournant pour l’industrie aérospatiale québécoise, dynamique et de calibre mondial. Pour des milliers d’ingénieurs, d’électriciens, de soudeurs et de spécialistes en technologies de l’information, cela représente des emplois bien rémunérés, stimulants et une occasion de construire un avion de classe mondiale qui reliera des millions de personnes à plus d’occasions, à plus de destinations, à plus de moments avec leurs proches.
L’Airbus A220-300 est un véritable fleuron de l’ingéniosité canadienne : il se distingue par une consommation de carburant, des émissions et une empreinte sonore réduites, grâce à des systèmes de propulsion avancés, des matériaux légers et des technologies aérodynamiques de pointe et, comme vous l’avez dit, Lars, et comme tout le monde le sait ici, il s’agit d’une « conception sur feuille blanche ». Je sais qu’il s’agit d’une conception sur feuille blanche. Je n’ai aucune idée de ce que ça veut dire, mais c’est ce qui est écrit juste là.
(Rires)
J’ai une idée de ce que ça veut dire. J’en ai vraiment une idée. Je ne sais pas… conçu à partir de rien par des travailleurs canadiens?
Fort de plus de 5 000 travailleuses et travailleurs hautement qualifiés, le Canada accueille le siège le plus important du programme A220 d’Airbus à l’extérieur de l’Europe. C’est un succès retentissant.
Depuis 2016, les effectifs d’Airbus au Canada ont plus que doublé. Vous avez su tirer parti des talents de calibre mondial que l’on trouve au Canada dans les domaines de l’ingénierie, de l’informatique et de l’aéronautique, grâce à sa collaboration étroite avec nos établissements d’enseignement, notamment l’Université McGill et l’Université de Waterloo, ainsi que beaucoup d’autres. Ce centre, cette installation de Mirabel est l’un des piliers de ce succès, puisqu’elle réunit sous un même toit les fonctions d’ingénierie, de recherche de pointe, d’administration et d’assemblage final. Cependant, il est également important d’être conscients que derrière chaque avion assemblé ici se trouve un vaste réseau de fournisseurs, de constructeurs, de techniciens et d’innovateurs répartis dans tout le pays.
Les travailleurs de l’acier qui traitent les nouvelles commandes avec l’assurance d’un salaire stable.
Les diplômés en ingénierie qui ont l’occasion de mettre leurs compétences en pratique pour la première fois. Les étudiants qui savent qu’ils devraient opter pour l’ingénierie de manière à faire partie de cette industrie. Les mécaniciens qui vont transformer les plans en ces merveilles industrielles que vous voyez ici. Ils travaillent tous ensemble pour fabriquer des avions de calibre mondial. À la fin comme au début, ce sont les entrepreneurs qui imaginent, les travailleuses et les travailleurs qui fabriquent, et les gouvernements, y compris bien sûr le gouvernement du Québec, qui les soutiennent. Voilà comment le Canada et le Québec en sortent gagnants. Voilà ce que le monde choisit aujourd’hui.
Et c’est comment nous construisons une économie plus forte, plus indépendante et plus résiliente, un Mirabel fort, un Québec fort, un Canada fort au bénéfice de tous. Merci beaucoup.