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Bonjour. Merci, Monsieur le Ministre.

À Christyn et l’équipe de l’Association des industries canadiennes de défense et de sécurité : merci pour votre leadership et votre vision visant à renforcer l’industrie canadienne de la défense et de la sécurité.

C’est la première fois qu’un premier ministre prend la parole à l’exposition CANSEC. Je suis ici parce que la défense et la sécurité évoluent rapidement.

Cette exposition CANSEC, qui compte 300 expositions et plus de 100 délégations, est la plus grande jamais organisée.

C’est aussi la première à se tenir au Centre Cohere, nouvellement rebaptisé, signe de l’intégration croissante de la technologie dans la défense.

Tout le monde ici présent sait que les présomptions qui ont défini des décennies de politiques canadiennes en matière de défense et d’affaires étrangères ont été chamboulées.

Les menaces auxquelles nous faisons face sont nombreuses et se multiplient – des incursions dans l’Arctique canadien aux attaques contre notre cyberespace.

La nature même de la guerre est en rapide évolution, poussée par la prolifération de drones, de systèmes autonomes et d’armes en orbite.

Des conflits pourraient émerger plus près de nos frontières qu’avant, et de nouvelles armes réduisent la distance qui nous en sépare.

Le monde a changé, et le Canada doit changer avec lui.

C’est pourquoi, six semaines après la formation du gouvernement, nous avons annoncé notre plan ambitieux visant à réinvestir afin de rebâtir et réarmer les Forces armées canadiennes (FAC).

Nous nous sommes engagés dans cette mission pour protéger les Canadiennes et les Canadiens, défendre notre territoire, sécuriser nos frontières et protéger notre souveraineté.

Au cours de la dernière année, le nouveau gouvernement du Canada a travaillé à une vitesse et à une échelle sans précédent.

Nous avons accru les investissements en défense comme jamais dans l’histoire canadienne moderne.

Nous protégeons désormais le Grand Nord et l’Arctique du Canada grâce à la nouvelle présence permanente des FAC sur terre, sur mer et dans les airs.

Nous avons élargi la portée, le mandat en matière de sécurité et les capacités de la Garde côtière canadienne grâce à de nouvelles ressources.

Et nous avons accordé une augmentation de salaire à chaque membre des FAC – la plus importante depuis une génération – parce que leur rémunération devrait refléter le poids de leurs responsabilités.

En conséquence, le recrutement dans les FAC n’a jamais été aussi important en trois décennies.

Le Canada a atteint la cible de l’OTAN de 2 % du PIB en dépenses de défense cinq ans avant ce qui était prévu au calendrier initial et pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin.

C’est notre fondation, et non pas notre plafond.

Nous travaillons à atteindre la cible de l’OTAN de 3,5 % du PIB en 2035 pour nos dépenses en défense grâce à d’importants nouveaux investissements dans des capacités stratégiques, notamment une flotte de sous-marins modernisée et l’une des plus grandes flottes de brise-glace au monde pour renforcer notre défense de l’Arctique.

Nous atteignons déjà la cible de l’OTAN de 1,5 % pour les infrastructures de défense essentielles, des ports, aéroports et bases aériennes modernisés aux nouveaux Pôles de soutien opérationnel dans le Nord pour dissuader les menaces.

Notre cadre financier prévoit des dépenses totales en défense de l’ordre de 4 % du PIB d’ici la fin de la décennie, en avance sur le calendrier de l’OTAN.

Et nous prendrons d’autres mesures pour atteindre la cible de dépenses de 5 % de l’OTAN dans les délais prévus ou avant.

La première mission du gouvernement fédéral est d’assurer la protection des Canadiennes et des Canadiens.

Nous le faisons d’une manière qui nous permet de créer des carrières accompagnées de bons salaires, de renforcer nos chaînes d’approvisionnement intérieures et d’offrir un maximum de retombées à notre économie.

C’est pourquoi nous avons lancé d’importantes mesures pour adapter notre système d’approvisionnement en matière de défense et favoriser une construction à grande échelle qui soit rapide, souple et efficace.

Nous avons lancé l’Agence de l’investissement pour la défense afin de simplifier le processus d’approvisionnement pour en faire un seul processus centralisé qui réduit les dédoublements d’approbation et les formalités administratives.

L’Agence d’investissement pour la défense développe les capacités souveraines essentielles à notre aptitude à défendre nos frontières, nos océans et l’Arctique.

Et elle contribue à garantir que chaque dollar dépensé maximise les carrières, les industries et les retombées économiques au Canada.

Le Canada dirige les travaux visant à établir la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience, qui va mobiliser du financement à faible coût au Canada et chez nos Alliés de l’OTAN afin de renforcer la production et les technologies en matière de défense.

En février, nous avons annoncé la toute première Stratégie industrielle de défense du Canada, un plan ambitieux pour fournir à nos Forces armées ce dont elles ont besoin, quand elles en ont besoin; faire croître les entreprises canadiennes de défense; et mettre environ 500 milliards de dollars au service des secteurs stratégiques de notre économie.

Son cadre est simple : bâtir, travailler en partenariat, acheter.

Nous voulons d’abord et avant tout bâtir au Canada et nous approvisionner auprès d’entreprises canadiennes dans les secteurs où nous possédons des capacités souveraines. 

Dans les situations où il n’est pas possible de bâtir au pays, nous travaillons en partenariat avec des alliés aux vues similaires : nous attirons de l’investissement, transférons la propriété intellectuelle et intégrons des chaînes d’approvisionnement pour que les fonds publics reviennent au Canada. 

À cette fin, le Canada est devenu cette année le premier pays non européen à adhérer à l’initiative pour la sécurité en Europe (SAFE) de l’Union européenne.

Grâce à notre nouveau cadre, nous allons de l’avant avec un investissement ambitieux et majeur dans notre défense et notre sécurité.

Aujourd’hui, dans le cadre de notre engagement indéfectible à défendre le Canada et nos alliés, j’ai le plaisir d’annoncer que le Canada a entamé des négociations pour acquérir l’aéronef de détection avancée et de contrôle aéroportés de Saab.

Doté d’une série de capteurs avancés et de systèmes de mission, le GlobalEye de Saab permettra aux FAC de détecter et de contrer les menaces dans l’Arctique.

La capacité de surveillance aéroportée du GlobalEye peut détecter des objets et des signaux qui se trouvent à 650 kilomètres de distance et moins, et partager de l’information en temps réel avec les FAC.

Au cœur du système GlobalEye se trouve l’aéronef Bombardier Global 6500, qui est fabriqué au Canada et qui contient 20 % de contenu américain.

L’expertise de Saab et de Bombardier transforme un jet moderne en avion de surveillance de pointe, à une altitude de plus de 30 000 pieds.

Le partenariat GlobalEye permettra d’établir une production au Canada, notamment la conversion d’aéronefs et leur transformation en plateformes de mission, une collaboration en ingénierie, la recherche et le développement ainsi qu’une participation potentielle à la production de composants de radar – ce qui fera du Canada un acteur essentiel de la chaîne d’approvisionnement du GlobalEye.

En tout, ce seront plus de 3 000 emplois qui seront soutenus dans le secteur aérospatial canadien.

Pas moins du tiers de la flotte prévue d’appareils GlobalEye sera produit au Canada au cours des 15 prochaines années.

Nous parlons ici d’au moins 40 appareils, y compris des commandes à l’exportation pour les alliés dont s’occuperont des travailleurs canadiens.

Le GlobalEye de Saab combine la détection avancée et le contrôle aéroportés avec une surveillance à longue portée de l’air, de la mer et de la terre en temps réel depuis une seule plateforme. Il est avancé, disponible et opérationnel : unique en son genre. 

C’est un exemple de la Stratégie industrielle de défense du Canada en action.

Ce système renforce l’autonomie stratégique du Canada, crée des emplois canadiens et consolide la position du Canada en tant que leader mondial.

Et c’est le produit de choix de bon nombre des partenaires du Canada, notamment la France, la Suède et les Émirats arabes unis.

Pour que l’industrie de la défense soit solide et résiliente, il nous faut repenser fondamentalement nos délais d’approbation et de production.

C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui une série de mesures pour améliorer les partenariats dans l’industrie de la défense.

Ce faisant, nous respectons les engagements pris lors du lancement de la Stratégie industrielle de défense en février.

Premièrement, nous transformons notre Politique des retombées industrielles et technologiques en orientant les investissements vers les domaines les plus importants pour notre compétitivité.

Les entrepreneurs étrangers qui obtiennent des contrats de défense canadiens seront désormais plus portés à travailler avec des sous-traitants canadiens et à investir dans notre chaîne d’approvisionnement.

Nous réduisons les formalités administratives grâce à une nouvelle norme d’approbation de 90 jours, afin que les entreprises, en particulier les petites entreprises, obtiennent des décisions plus rapides et plus prévisibles.

Nous introduisons la Transaction d’investissement stratégique, un nouveau système de crédits pour les investissements à incidence élevée, comme la construction ou l’agrandissement d’une usine au Canada, le financement de la recherche et du développement ou le transfert de propriété intellectuelle à une entreprise canadienne.

En bref, nous récompenserons les investissements qui renforcent durablement la capacité industrielle de défense au Canada.

De plus, la nouvelle Politique des retombées industrielles et technologiques rend plus avantageuse la collaboration avec les entreprises canadiennes, puisque celles qui ont au moins 70 % de valeur en contenu canadien seront traitées comme si elles en avaient 100 %.

Deuxièmement, nous lançons un nouveau Cadre de partenariat stratégique pour que les entreprises puissent travailler plus étroitement avec le gouvernement afin de développer les capacités souveraines dont les FAC ont besoin.

Plutôt que de proposer des marchés publics génériques, notre nouveau cadre favorisera la création de partenariats solides, ce qui permettra au gouvernement de communiquer ses priorités opérationnelles et à l’industrie d’apporter ses innovations et son expertise.

Les entreprises désignées comme étant des partenaires stratégiques devront investir dans la recherche et le développement canadiens, étendre leurs chaînes d’approvisionnement au pays et embaucher de la main-d’œuvre canadienne. En contrepartie, le gouvernement jouera le rôle de client principal, en accélérant les autorisations et en soutenant les exportations. 

Il peut être difficile de s’y retrouver parmi les programmes du gouvernement fédéral, surtout pour les petites et moyennes entreprises qui font leurs premiers pas dans le secteur de la défense.

C’est pourquoi notre troisième mesure consiste à créer un nouveau service d’accompagnement qui va nous permettre d’aider les entreprises canadiennes à accéder au soutien dont elles ont besoin pour assurer leur croissance et soutenir la concurrence dans les marchés de la défense et du double emploi, comme l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et la fabrication de pointe.

Ce service fera le pont entre les entreprises et les programmes fédéraux adaptés à leurs besoins, les partenaires provinciaux et les possibilités d’exportations – et du personnel spécialisé sera intégré à même des associations de l’industrie.

Ainsi, les entreprises vont recevoir un service personnalisé, ne se perdront plus dans des dédales administratifs et, surtout, le gouvernement pourra répondre plus vite aux demandes.

Enfin, pour coordonner le partenariat entre le gouvernement et l’industrie de la défense, le gouvernement établira le nouveau Forum consultatif sur la défense.

Des cadres supérieurs de l’industrie, issus de nos 10 domaines de capacités souveraines et de toutes les régions du pays, conseilleront le gouvernement sur la meilleure façon de faire croître notre base industrielle de défense ainsi que sur les besoins en investissements et les obstacles à la croissance.

Le forum sera coprésidé par le ministre de la Défense nationale, la ministre de l’Industrie et le secrétaire d’État (Approvisionnement en matière de défense).

L’ensemble de ces mesures permettra à l’industrie de la défense du Canada de construire plus grand et plus vite.

Nous passons d’un système de réglementation qui se limite à répondre à des besoins de base à un système permettant de développer rapidement notre base industrielle de défense à grande échelle.

Et nous ne faisons que commencer.

Nous nous sommes engagés à doubler nos dépenses de défense d’ici la fin de la décennie.

Au cours des 10 prochaines années, le Canada investira 180 milliards de dollars directement dans le processus d’approvisionnement en matière de défense et 290 milliards dans les infrastructures liées à la défense et à la sécurité, et créera plus de 125 milliards de dollars en retombées économiques supplémentaires en aval.

Nous augmenterons de 85 % les investissements gouvernementaux dans la recherche et le développement liés à la défense.

Nous prévoyons d’augmenter les revenus du secteur de la défense canadien de plus de 220 % et nos exportations du secteur de la défense de 50 %, et de créer 125 000 nouveaux emplois.

De plus, nous créerons des carrières stables et gratifiantes pour les plus de 80 000 Canadiennes et Canadiens qui travaillent déjà dans notre industrie de la défense – des métiers spécialisés à l’ingénierie, en passant par l’informatique.

De nos jours, pour protéger notre souveraineté, la défense conventionnelle ne suffit pas.

Il faut également un accès fiable à des capacités stratégiques essentielles, telles que des communications spatiales et un accès sans entrave à l’intelligence artificielle.

Il faut une souveraineté numérique, à commencer par une solution infonuagique pour l’ensemble des infrastructures de renseignement.

Qu’il s’agisse de production nationale de munitions, du radar transhorizon, d’informatique quantique, de la cybersécurité, d’intelligence artificielle ou de drones, nous recourons à des matériaux canadiens, à l’expertise canadienne et à des travailleurs canadiens pour bâtir partout au pays.

Nous protégeons la capacité du Canada à agir de manière indépendante dans un monde plus dangereux et divisé.

Dans le passé, nous bâtissions dans ce pays.

Le Canada avait constitué l’une des plus grandes flottes aériennes et navales à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Nous avons construit l’un des premiers sous-marins autonomes au monde.

L’un des premiers drones utilisés par les forces de l’OTAN.

Aujourd’hui, nous construisons à nouveau.

Nous renforçons les fondements du vrai Nord, fort et libre.

Un Canada défini non seulement par la force de ses valeurs, mais aussi par la valeur de sa force.

Merci.