Merci à Tamara, au chef Wayne Sparrow, au chef Justin Sky George et à Wilson Williams.
Je tiens également à remercier Bridgitte et la Chambre de commerce du Grand Vancouver de nous avoir réunis ici ce matin.
Les gens dans cette salle savent ce qu’il faut pour bâtir : une entreprise, une industrie ou une économie.
Je sais que toutes les personnes ici présentes ont beaucoup de choses à faire et peu de temps à consacrer à cette rencontre. C’est pourquoi, avant d’entamer ma discussion avec Bridgitte, je vais prendre quelques minutes pour vous présenter certains aspects du programme économique de notre gouvernement.
Notre gouvernement a été élu pour bâtir une économie canadienne plus forte, plus indépendante et plus résiliente. Plus que jamais, l’énergie est au cœur de cette mission.
Le monde est aujourd’hui confronté à une crise énergétique qui présente trois grands défis :
- le défi immédiat que représente le coût abordable – et, dans certains pays, la disponibilité;
- le défi structurel que représente la sécurité énergétique;
- et le défi existentiel que représentent les changements climatiques et la transition vers la carboneutralité.
La population canadienne ressent tous les effets de ces grands changements : à l’épicerie, à la pompe, dans les usines.
La bonne nouvelle est que le Canada, contrairement à de nombreux pays, peut contribuer à la solution.
Pour aider le monde entier. Et pour nous aider nous-mêmes.
C’est de cette occasion stratégique que je souhaite vous parler ce matin.
Le Canada est en train de devenir le fournisseur à faible risque, à faible coût et à faible empreinte carbone dont le monde a besoin.
Comme l’a déclaré Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, plus tôt ce mois-ci, une occasion en or s’offre au Canada, qui a de nombreux atouts à faire valoir.
Et bon nombre de ces atouts se trouvent ici, en Colombie-Britannique, qui dispose des sources d’énergie conventionnelles les moins polluantes, notamment la phase 2 de LNG Canada, qui pourrait doubler notre production, ainsi que Ksi Lisims, Cedar et bien d’autres encore.
Le Canada est au cœur de la transition énergétique : dans le domaine des minéraux critiques, dans le secteur nucléaire, de l’uranium aux réacteurs CANDU et aux petits réacteurs modulaires, dans le captage et le stockage du carbone, ainsi que dans les secteurs de l’hydrogène et de la géothermie.
Dans un monde incertain, les pays choisissent leurs partenaires en se fondant sur une denrée des plus rares : la confiance. Le Canada est un partenaire stable et fiable dans un monde qui ne l’est pas du tout.
Le rôle stratégique que nous jouons en tant que fournisseur d’énergie fiable et à faible empreinte carbone permet d’ouvrir de nouveaux marchés pour les produits et les investissements canadiens, et ce, dans tous les secteurs. Cela contribue à accroître notre indépendance, notre résilience et notre prospérité.
Notre souveraineté, notre pérennité et notre prospérité dépendent de notre capacité à assurer notre approvisionnement énergétique et à le maîtriser, en particulier notre approvisionnement en électricité.
Nos industries se développent, notre économie progresse et l’intelligence artificielle prend de l’ampleur, de sorte que la demande en électricité au Canada devrait doubler d’ici 2050.
Nous allons donc doubler la production d’électricité au Canada.
Parce que l’électrification est à la base de tout : le coût abordable, la réduction de nos émissions, la protection de notre environnement et la croissance de notre économie.
Nous partons d’une position de force. Les coûts d’électricité au Canada figurent parmi les plus bas au monde, et ce, principalement grâce à la Colombie-Britannique.
Nous devons consolider cet avantage.
Pour doubler la capacité de notre réseau électrique national, il faudra des investissements importants, l’interconnexion des réseaux provinciaux et une répartition des coûts sur quelques années, afin que les consommateurs d’aujourd’hui n’aient pas à supporter à eux seuls le coût des investissements dont les Canadiens et la planète bénéficieront pendant des décennies.
Cela nécessite une réforme du système des permis, de nouveaux partenariats avec les peuples autochtones et la volonté de mettre à profit l’ensemble des sources d’énergie disponibles.
En doublant la capacité de notre réseau, nous allons réellement atteindre nos objectifs en matière de lutte contre les changements climatiques, au lieu de promettre de les atteindre. Parce que l’enjeu de loin le plus important consiste à réduire les émissions à un coût raisonnable grâce à l’électrification et non à la pureté absolue de la production.
Une politique d’électrification ambitieuse peut réduire les émissions jusqu’à cinq fois par rapport au total actuel des émissions liées à l’électricité.
Soyons clairs : pour qu’un plan vers la carboneutralité soit crédible, il faut sans cesse garder le coût abordable en tête.
C’est pourquoi nous avons l’intention d’adapter le Règlement sur l’électricité propre, pour que l’énergie soit fiable et abordable à court terme pendant que nous faisons la transition vers une énergie plus propre au fil du temps.
C’est aussi pour cette raison que nous allons renforcer notre soutien aux travaux de rénovation visant à réduire la consommation d’énergie d’au plus un million de logements au Canada, grâce à du financement, à des subventions et à d’autres mesures complémentaires. Nous allons notamment aider les Canadiennes et les Canadiens à passer plus facilement d’un chauffage coûteux au propane, au mazout ou par plinthes électriques à des thermopompes électriques plus abordables.
Grâce à des investissements judicieux, 7 ménages canadiens sur 10 paieront moins cher leur consommation totale d’énergie d’ici 2050. Cela représente 15 milliards de dollars qui reviendront dans les poches des Canadiennes et des Canadiens.
Dans ce monde en mutation rapide, le Canada doit produire chez lui une énergie abordable, propre et fiable.
Car quand nous sommes maîtres de notre énergie, nous sommes maîtres de notre destinée.
Qu’est-ce que cela signifie pour la Colombie-Britannique?
Premièrement, d’importantes mesures d’incitation fédérales visant à fabriquer des lignes de transport et de production d’énergie propre, assorties de crédits d’impôt à l’investissement ambitieux, de mécanismes de financement adaptés, d’évaluations environnementales coordonnées et du financement de la participation des communautés autochtones au capital.
Deuxièmement, la mise en place d’interconnexions afin de favoriser l’accessibilité financière et la résilience. Le Corridor essentiel de conservation du Nord-Ouest, que nous avons soumis au Bureau des grands projets en novembre, en est un excellent exemple. Ce corridor comprend une liaison avec le réseau isolé du Yukon, des interconnexions pour les nouvelles centrales hydroélectriques et les énergies renouvelables, tout en créant une nouvelle zone de conservation de la taille de la Grèce et en débloquant des milliards de dollars d’investissements dans les minéraux essentiels au sein du Triangle d’Or.
Une éventuelle interconnexion entre l’Alberta et la Colombie-Britannique permettrait de générer près de 2 milliards de dollars de retombées économiques nettes d’ici 2050, grâce à des gains d’efficacité, à un coût réduit du carburant et à de nouveaux investissements.
Troisièmement, l’accélération de l’exploitation des minéraux critiques. De la mine de Nouveau Monde Graphite au Québec – la plus grande mine et usine de traitement de graphite du G7 – à l’expansion de la mine Red Chris ici en Colombie-Britannique, le Canada dispose des ressources dont le monde a besoin.
Au cours de la dernière année, le nouveau gouvernement du Canada a signé 56 accords sur les minéraux critiques avec plus de 10 pays afin d’exploiter ces ressources. Ces accords contribueront à mobiliser plus de 18 milliards de dollars d’investissements.
Quatrièmement, le développement de notre main-d’œuvre. Le doublement de la capacité du réseau créera près de 30 000 nouveaux emplois bien rémunérés d’ici 2028, et 100 000 autres d’ici 2050. Grâce à l’initiative Une Équipe Canada forte, un nouvel effort pancanadien doté d’une enveloppe de 6 milliards de dollars, nous recruterons, formerons et embaucherons au plus 100 000 nouveaux travailleurs de métiers désignés Sceau rouge au cours des cinq prochaines années.
Cinquièmement, la collaboration avec des partenaires.
Ce qui m’amène à l’accord conclu entre le gouvernement fédéral et l’Alberta.
S’appuyant sur le protocole d’accord conclu en novembre, le Canada et l’Alberta ont signé la semaine dernière un accord de mise en œuvre portant sur la réglementation, les marchés, le méthane, les énergies renouvelables et le captage du carbone.
Cet accord engage l’Alberta à réduire, d’ici 2035, ses émissions de méthane de 75 % par rapport aux niveaux de 2014.
Par ailleurs, il permet de mettre en place un marché du carbone réellement efficace, qui multiplie par 6,5 le prix réel du carbone d’ici 2040, avec des objectifs annuels contraignants, et qui est renforcé par des contrats sur différence pour le carbone de 75 millions de tonnes de carbone. Ottawa et Edmonton ont un intérêt direct dans cette initiative.
Au cours des prochaines semaines, nous consulterons la Colombie-Britannique ainsi que toutes les provinces et tous les territoires au sujet des modifications à apporter au seuil fédéral de tarification du carbone afin de l’aligner sur ces nouveaux engagements.
Comme vous le savez peut-être, nous travaillons également à la mise en place d’un projet d’oléoduc destiné à transporter chaque jour au moins un million de barils de bitume albertain à faibles émissions vers les marchés asiatiques.
Ce projet ne pourrait être mis en œuvre que si les conditions préalables suivantes sont remplies :
Premièrement, la réalisation du projet Pathways – le plus grand projet au monde de captage, d’utilisation et de stockage du carbone – grâce auquel le pétrole de l’Alberta figure parmi les pétroles qui génèrent le moins de carbone au monde.
Deuxièmement, le fait de reconnaître que les habitants de la Colombie-Britannique devraient bénéficier d’avantages économiques et financiers substantiels découlant des projets qui les concernent ou qui ont des répercussions sur eux.
Et, troisièmement, le plein respect du devoir de consultation du Canada en vertu de l’article 35 de la Constitution.
Cela comprend la décision de désigner un projet dans l’intérêt national, les conditions assorties au projet et la garantie que les peuples autochtones auront des retombées économiques ainsi que des occasions de partenariat et de copropriété.
L’énergie est un levier essentiel pour diversifier nos marchés d’exportation et, donc, d’accroître notre prospérité, notre résilience et notre indépendance.
À cette fin, nous avons signé plus de 20 accords économiques et de sécurité sur les cinq continents en moins d’un an. Cette année, nous faisons avancer d’importants accords commerciaux avec l’Inde, l’ANASE, le Mercosur, la Thaïlande et les Philippines.
Nos partenaires commerciaux actuels, la Corée et le Japon, souhaitent s’approvisionner davantage en énergie tout en renforçant leurs liens stratégiques en matière de commerce et d’investissement.
Notre objectif est de doubler nos exportations vers des pays autres que les États-Unis au cours de la présente décennie : plus de 300 milliards de dollars en nouvelles commandes pour des ressources, des marchandises et le savoir-faire canadiens.
Pour ce faire, nous avons besoin de corridors commerciaux suffisants. Et c’est d’autant plus important ici.
Le port de Vancouver gère à lui seul plus de fret que les cinq autres principaux ports canadiens réunis : 1 milliard de dollars d’échanges commerciaux chaque jour, avec 170 pays.
Si nous voulons doubler nos exportations vers des pays autres que les États-Unis, nous devons augmenter la capacité de ce port ainsi que les infrastructures ferroviaires, routières et aéroportuaires du Lower Mainland qui servent à se rendre à lui.
Il nous faudra de l’ambition, des investissements et des partenariats.
Voilà quelques questions que j’ai hâte d’aborder avec le premier ministre Eby plus tard aujourd’hui.
Dans un monde en évolution rapide, le Canada se concentre sur ce qu’il peut contrôler.
Alors, tout en tirant parti de notre avantage énergétique, nous bâtissons une économie concurrentielle.
Nous avons réduit l’impôt sur le revenu et les gains en capitaux de millions de Canadiennes et de Canadiens.
Nous avons instauré la superdéduction à la productivité pour faire du Canada le pays ayant le régime d’imposition le plus compétitif du G7 pour les nouveaux investissements, et le Canada a plus de quatre points de pourcentage de moins que les États-Unis. De plus, nous élargissons les crédits d’impôt à l’investissement pour l’électricité propre, la fabrication propre et les minéraux critiques.
De grands investisseurs mondiaux affirment maintenant que le Canada est le pays le plus attrayant au monde pour les investissements en infrastructure.
Le taux d’investissements étrangers au Canada n’a jamais été aussi élevé au pays depuis une vingtaine d’années. En effet, nous attirons deux fois plus d’investissements étrangers que le pays du G7 qui se rapproche le plus de nous.
Nos exportations vers des pays autres que les États-Unis montent en flèche et devraient doubler au cours des 10 prochaines années.
Nous réalisons de grandes choses. En tout, 22 stratégies et projets d’intérêt national ont été soumis au Bureau des grands projets, et le tiers d’entre eux sont pour la Colombie-Britannique.
La phase 2 de LNG Canada et le projet Ksi Lisims avancent bien.
Les chantiers de Contrecœur et de Darlington sont en marche. Nous avons démarré hier le chantier de Nouveau Monde Graphite. Le projet de la route de la vallée du Mackenzie commencera cet été.
Et nous ne faisons que commencer.
Nous bâtissons une Colombie-Britannique forte pour pouvoir bâtir un Canada fort – pour tous.
J’ai bien hâte que nous discutions ensemble.
Merci.