Bonjour. Merci, Monsieur le Ministre MacDonald, pour cette présentation.
Je suis ravi d’être de retour à Etobicoke.
Depuis plus de 70 ans, le Marché des produits alimentaires de l’Ontario occupe une place centrale dans la chaîne alimentaire de la province.
Surnommé « la bourse », le Marché met en relation 5 000 acheteurs et vendeurs avec des exploitations agricoles et détaillants de tout l’Ontario.
Il est le plus grand marché de produits alimentaires au Canada et le quatrième en importance en Amérique du Nord, assurant la circulation de plus de 2 milliards de livres de fruits et de légumes chaque année.
Ce marché et d’autres marchés comme celui-ci joueront un rôle de plus en plus important dans la construction d’un Canada plus fort et plus résilient. Car la capacité à acheminer les denrées alimentaires de manière efficace et abordable n’est pas seulement un avantage économique – c’est une nécessité stratégique.
Le monde change rapidement.
Les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine transforment les chaînes d’approvisionnement en énergie, en sécurité et en alimentation.
En parallèle, le commerce mondial est en pleine mutation.
Les changements technologiques s’accélèrent, les changements climatiques s’aggravent et les fonds publics manquent à l’appel.
Les Canadiennes et les Canadiens ont tiré des leçons importantes au cours des 18 derniers mois.
Tout d’abord, nous devons prendre soin les uns des autres.
C’est pourquoi notre gouvernement a réduit les impôts sur le revenu, le logement et les investissements.
Nous avons rendu permanent le Programme national d’alimentation scolaire, et nous avons mis en place la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels afin d’apporter un soutien à plus de 12 millions de Canadiennes et de Canadiens. De plus, nous gérons les finances du pays de sorte que nous puissions renforcer nos programmes sociaux essentiels, qu’il s’agisse des soins de santé, des services de garde, des soins dentaires ou de l’assurance-médicaments.
Ensuite, les Canadiennes et les Canadiens ont compris que nous pouvons nous donner bien plus que ce que les autres peuvent nous enlever.
Par conséquent, nous bâtissons une économie canadienne plus forte, plus indépendante et plus résiliente.
Grâce à notre nouvelle stratégie en matière d’intelligence artificielle (IA) – L’IA pour tous –, nous construisons les centres de données qui vont nous permettre de renforcer notre souveraineté numérique.
Grâce à notre Stratégie industrielle de défense, nous privilégions les fournisseurs et les matériaux canadiens pour rebâtir les Forces armées canadiennes et réduire notre dépendance à l’égard des fournisseurs étrangers.
Et grâce au Bureau des grands projets et à notre Stratégie d’électrification, nous renforçons notre capacité de production d’électricité propre, abordable et fiable pour être moins vulnérables à l’instabilité des marchés mondiaux.
Nous consolidons notre force au pays, en passant de la dépendance à la résilience, car un pays qui ne peut subvenir à ses propres besoins alimentaires, énergétiques ou de défense n’est pas véritablement un pays souverain.
C’est un pays vulnérable aux bouleversements mondiaux, aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement et aux droits de douane.
Pour protéger notre souveraineté et prendre notre avenir en main, nous devons prendre le contrôle de notre système alimentaire.
Le Canada part d’une position de force.
Dans ce pays, une personne sur neuf a un emploi grâce à la vigueur de notre secteur agroalimentaire.
Nous figurons parmi les plus grands exportateurs mondiaux de produits agroalimentaires : nos agriculteurs, éleveurs et producteurs réalisent chaque année des exportations d’une valeur de 100 milliards de dollars.
Nous sommes le plus grand producteur de canola au monde et représentons près d’un quart de l’offre mondiale. Grâce au travail remarquable qu’accomplissent nos agriculteurs à l’échelle du pays, y compris en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, ces derniers profitent déjà de l’accord commercial historique que nous avons conclu avec la Chine, lequel a permis de réduire les droits de douane sur le canola canadien plus tôt cette année.
Nous figurons parmi les principaux exportateurs mondiaux de blé et nous sommes à l’origine d’environ 40 % des exportations mondiales de lentilles.
Nous sommes une superpuissance agricole. Pourtant, la plupart des Canadiennes et des Canadiens n’en ressentent pas les effets à la caisse.
Les prix des produits alimentaires ont augmenté de près de 35 % depuis 2019. Aujourd’hui, une famille canadienne moyenne consacre environ 10 000 dollars par an à l’épicerie, soit plus de 800 dollars par mois.
Plusieurs raisons expliquent cette situation.
Même si les agriculteurs, les éleveurs et les producteurs canadiens produisent d’énormes quantités d’aliments, nous dépendons d’autres pays pour en transformer une grande partie.
Par ailleurs, nos saisons de croissance sont trop courtes pour répondre à la demande tout au long de l’année.
Et nous dépendons toujours d’autres pays pour nos aliments essentiels : près de 90 % de nos fruits frais et de nos noix sont importés, tout comme plus de 70 % de nos légumes.
En raison de cette dépendance excessive à l’égard des marchés étrangers, les effets des bouleversements mondiaux, qu’il s’agisse d’un conflit à l’étranger, d’une sécheresse ou d’une hausse des droits de douane, sont ressentis directement dans les épiceries partout au Canada.
Et 75 % de ces épiceries appartiennent aux cinq mêmes grands détaillants.
Ces détaillants dominent les chaînes d’approvisionnement, ce qui laisse aux épiciers indépendants moins de choix et des coûts plus élevés. Trop souvent, ces épiciers sont contraints d’acheter leurs produits auprès de concurrents plus importants à des prix majorés, des coûts qui sont finalement transférés aux consommateurs canadiens. Enfin, il n’y a pas suffisamment d’acheteurs en gros qui se disputent les produits de nos agriculteurs.
Il en résulte que, malgré la grande puissance agricole du Canada, les Canadiennes et les Canadiens continuent de payer leur épicerie plus cher qu’ils ne le devraient.
Le Canada a besoin d’une nouvelle stratégie. Une stratégie qui va lui donner plus de choix. Plus de contrôle. Qui va faire une plus grande place au Canada.
Une stratégie qui ouvre le marché aux détaillants indépendants et qui amène plus d’épiceries à tenter d’attirer les familles canadiennes en leur proposant des produits de meilleure qualité à des prix plus bas.
Et une stratégie qui, en retour, va nous aider à cultiver, à transformer et à vendre plus d’aliments ici même, chez nous, et à réduire notre dépendance envers d’autres pays.
Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’annoncer que le Canada lance sa première Stratégie nationale de sécurité alimentaire.
Dotée d’un budget de plus de 3 milliards de dollars, cette stratégie prévoit des mesures et des investissements ciblés visant à résoudre les problèmes de notre système alimentaire, afin de contribuer à la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement alimentaire plus abordable, plus durable et plus résiliente au Canada.
Notre stratégie comporte quatre objectifs.
Tout d’abord, stimuler la concurrence entre les épiceries et offrir plus de choix à la population canadienne.
Deuxièmement, augmenter la production alimentaire au Canada.
Troisièmement, cultiver davantage de fruits et de légumes à l’année.
Et, enfin, la nouvelle Stratégie nationale de sécurité alimentaire fera baisser les prix en supprimant les obstacles coûteux liés à la réglementation pour que les agriculteurs et les producteurs puissent plus facilement mettre davantage de produits alimentaires canadiens sur les tablettes.
En quatre ans, notre stratégie va permettre d’augmenter de 15 % le nombre d’épiciers indépendants qui s’approvisionnent auprès de marchés de produits alimentaires ou de carrefours alimentaires, et de 25 % les ventes d’aliments locaux provenant de petits et moyens producteurs.
Grâce à notre stratégie, le gouvernement va d’abord accroître l’offre et stimuler la concurrence au Canada.
Nous consacrerons un milliard de dollars sur dix ans à la création d’un nouveau Fonds de liaison alimentaire. À commencer par ici, au Terminal alimentaire de l’Ontario, ce fonds permettra de moderniser les terminaux alimentaires actuels et de lancer la construction de deux nouveaux terminaux d’ici la fin de 2028. Nous créerons également jusqu’à 40 nouveaux carrefours alimentaires commerciaux partout au pays, ce qui rendra les aliments plus accessibles sur le marché, réduira les coûts de distribution et aidera les Canadiennes et les Canadiens à réaliser des économies sur leurs achats.
Nous allons nous assurer d’accroître la concurrence dans le secteur.
Nous accordons davantage de ressources au Bureau de la concurrence et au Tribunal de la concurrence afin qu’ils puissent mieux repérer, prévenir et combattre les pratiques commerciales déloyales.
Et nous allons lutter contre la tarification fondée sur la surveillance, en modifiant la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques afin de protéger les données des consommateurs, de sorte que les entreprises ne puissent plus s’en servir pour vous facturer des prix plus élevés.
Deuxièmement, nous allons augmenter la production alimentaire intérieure partout au Canada.
Depuis des décennies, nous payons d’autres pays pour transformer les produits que nous avons déjà pour répondre à nos besoins.
Prenons l’exemple de la Thaïlande : environ 70 % de ce que nous exportons vers ce pays – notre blé, notre soya et nos pois – y est transformé avant d’être réexporté vers les marchés mondiaux. En réalité, nous dépensons des centaines de millions de dollars pour envoyer nos denrées alimentaires à l’étranger afin qu’elles y soient transformées, alors que cette transformation pourrait se faire chez nous.
Pour aider les entreprises canadiennes à produire et à transformer davantage de denrées alimentaires au Canada, nous allons mettre en place un nouveau fonds d’un milliard de dollars par l’intermédiaire de Financement agricole Canada.
Nous mettrons également en place un Fonds pour la sécurité alimentaire de 150 millions de dollars pour aider les petites et moyennes entreprises à moderniser leurs installations afin qu’elles puissent accroître leur capacité de production, d’entreposage et de distribution d’aliments canadiens.
Et nous lancerons le Fonds pour le financement de projets agroalimentaires de 100 millions de dollars pour aider les producteurs à diversifier leurs activités de transformation pour mieux mettre à profit toutes les possibilités offertes par leurs récoltes.
Le Canada dispose des talents et des ressources nécessaires. Et nous renforçons aujourd’hui nos capacités.
Troisièmement, le Canada produira davantage de fruits et légumes à l’année.
Nous investirons 750 millions de dollars dans les serres et la culture hydroponique afin d’accroître considérablement la capacité du Canada à produire des fruits et légumes frais toute l’année.
Cela comprend un investissement de 100 millions de dollars visant à aider les communautés du Nord et rurales à produire davantage de produits alimentaires localement grâce à des fermes intérieures à petite échelle, et à réduire leur dépendance à l’égard des livraisons coûteuses depuis des régions situées à des milliers de kilomètres.
Enfin, la nouvelle Stratégie nationale de sécurité alimentaire fera baisser le prix de vos aliments en réduisant les formalités administratives tout au long de la chaîne d’approvisionnement agricole.
À l’heure actuelle, les agriculteurs et les producteurs attendent souvent des années pour obtenir les autorisations nécessaires à l’utilisation des pesticides, des engrais et des semences dont ils ont besoin pour cultiver et produire efficacement des aliments.
Pour bâtir le système alimentaire que méritent les Canadiennes et les Canadiens, nous devons éliminer les obstacles que nous nous imposons.
Nous moderniserons les principaux règlements afin que la sécurité alimentaire et l’abordabilité soient prises en compte au même titre que la sécurité, nous accélérerons les processus d’approbation pour les semences, les aliments pour animaux, les engrais et les produits vétérinaires, et nous réduirons les arriérés qui ralentissent le système.
Grâce à notre approche, nous éliminerons les arriérés de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et d’approbation des pesticides d’ici la fin de 2026, ce qui rendra les décisions plus rapides et plus prévisibles.
Cette stratégie vise à transformer nos systèmes alimentaires grâce à des changements structurels de grande envergure, soutenus par des investissements massifs.
Et certains des résultats les plus importants prendront du temps à se concrétiser. C’est pourquoi nous donnons aujourd’hui un coup de pouce aux Canadiennes et aux Canadiens et leur offrons un pont vers l’avenir.
Nous avons temporairement suspendu la taxe fédérale sur les carburants afin de vous faire économiser jusqu’à dix cents le litre jusqu’à la fête du Travail; nous avons réduit l’impôt pour vingt-deux millions de Canadiennes et de Canadiens de la classe moyenne; et grâce à la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, douze millions de Canadiennes et de Canadiens ont reçu leur premier versement la semaine dernière – soit jusqu’à 533 $ pour une famille de quatre personnes.
La souveraineté d’un pays repose sur sa capacité à assurer son approvisionnement alimentaire, à subvenir à ses besoins énergétiques et à se défendre. Or, à l’heure actuelle, le Canada ne maîtrise pas pleinement son propre système alimentaire.
Notre dépendance excessive à l’égard des fournisseurs étrangers nous rend vulnérables aux perturbations mondiales, qu’il s’agisse de conflits dans le monde, de sécheresses ou de droits de douane.
Cette stratégie vise à changer la donne.
Elle vise à redonner aux Canadiennes et aux Canadiens le contrôle sur ce que nous cultivons, achetons et mettons sur nos tables.
Nous offrirons davantage de possibilités aux agriculteurs. Nous stimulerons la concurrence chez les détaillants. Et nous offrirons plus de choix aux familles canadiennes.
Nous cultiverons davantage au pays, nous transformerons davantage nos produits – chez nous – et nous nourrirons les Canadiennes et les Canadiens avec davantage d’aliments canadiens.
Nous bâtissons un Canada qui n’est pas seulement fort, mais aussi bon.
Non seulement prospère, mais aussi équitable et abordable.
Un Canada qui n’est pas réservé à quelques-uns, la plupart du temps, mais qui est pour l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens, en tout temps.
Notre nouvelle Stratégie nationale de sécurité alimentaire permettra de créer un système alimentaire fort et stable au Canada – de la ferme à l’épicerie, jusqu’à la table.
Merci.