Merci, Monsieur le Ministre Lightbound. Bonjour.
Le mois dernier, j’ai eu le privilège d’annoncer que Sa Majesté avait approuvé la nomination de la nouvelle gouverneure générale du Canada, Son Excellence la très honorable Louise Arbour.
Je vais commencer mon allocution aujourd’hui en soulevant le même point que celui avec lequel j’avais conclu mon allocution le mois dernier :
« À une époque où une grande partie du monde est secouée par des crises, l’histoire du Canada, nos institutions et nos traditions sont plus importantes que jamais. »
Bien que ces fondements soient définis dans la langue, qu’ils se manifestent dans les coutumes et les conventions et qu’ils soient inscrits dans la loi, ils peuvent également prendre une forme concrète.
Ils sont faits de bois et de pierre.
Ils constituent des repères, des témoignages dans lesquels nous nous reconnaissons.
Dans un monde bouleversant, ces lieux nous donnent des repères. Ils nous recentrent et nous rappellent les valeurs qui nous unissent.
Ils nous permettent de rester fidèles à ce que nous sommes pendant que le monde autour de nous évolue.
Le 24, promenade Sussex est presque aussi vieux que notre pays.
Construit en 1868, il se dresse sur une butte surplombant le confluent des trois rivières : l’Outaouais, Rideau et la Gatineau.
Dix premiers ministres canadiens y ont résidé, de Louis St-Laurent à Stephen Harper.
Depuis plus de 75 ans, cette résidence accueille des dirigeants du monde entier, notamment Sa Majesté la reine Elizabeth II, Sir Winston Churchill et le président John F. Kennedy.
Le 24, promenade Sussex est plus qu’une simple résidence et bien plus qu’une toile de fond de notre histoire : c’est un symbole de la fonction publique du chef de notre gouvernement fédéral ainsi que de la tradition démocratique que cette fonction incarne.
Pourtant, on ne lui a pas accordé le respect qu’il mérite.
Son entretien a été négligé pendant des décennies, et cette résidence est aujourd’hui inoccupée. En fait, elle est inhabitable depuis plus de 10 ans.
Pendant des années, bien des gens ont convenu que le 24, promenade Sussex devait être sauvé, mais on l’a laissé se dégrader. Les dégâts se sont donc étendus. Les coûts de réparation ont grimpé. Et il se trouve maintenant dans un état critique.
Aujourd’hui, notre gouvernement prend des mesures pour rénover ce bâtiment et redonner vie à cette institution, afin de préserver notre histoire et de protéger notre patrimoine et nos traditions pour les générations à venir.
Parce que la continuité, c’est important.
Une nation, c’est bien plus que les personnes qui y vivent aujourd’hui. Elle englobe tous ceux qui nous ont précédés et tous ceux qui viendront après nous. Nos institutions nous permettent de perpétuer ce qui nous a été légué et de le transmettre à ceux qui vont nous succéder – au minimum, dans le même état, et, idéalement, dans un meilleur état.
Le 24, promenade Sussex est l’une de ces institutions. Nous n’allons pas le laisser tomber en ruine. Nous allons le remettre en état.
Aujourd’hui, nous lançons un concours national de conception et de construction pour la rénovation du 24, promenade Sussex, afin qu’il redevienne une résidence officielle sûre, accessible et durable ainsi qu’un lieu de travail pour les prochains premiers ministres du Canada.
Nous allons procéder d’une manière qui reflète ce que le Canada a de mieux à offrir.
Et pour obtenir ce qu’il y a de mieux, nous allons faire appel à nos meilleurs talents.
Le concours de conception-construction qui vise à rénover le 24, promenade Sussex sera ouvert aux entreprises canadiennes, pour que le savoir-faire, le talent et l’excellence du Canada soient au cœur même de ce projet.
L’Institut royal d’architecture du Canada aidera à définir les paramètres du concours et réunira un jury indépendant composé de Canadiennes et de Canadiens d’exception – des chefs de file en architecture, en conservation du patrimoine et en conception.
Le jury sera présidé par Moshe Safdie, l’un des architectes les plus réputés au monde. C’est lui qui a signé le Musée des beaux-arts du Canada, le Library Square à Vancouver, Habitat 67 – cette audacieuse prouesse architecturale réalisée à l’occasion de l’Expo 67 – et bien d’autres projets dans le monde entier.
Nous sommes à la recherche de propositions ambitieuses, réalisables et rentables.
Le jury apportera une contribution essentielle à l’évaluation des propositions et formulera sa recommandation au Conseil des ministres. L’équipe sélectionnée sera chargée à la fois de la conception et de la reconstruction du 24, promenade Sussex.
Elle aura besoin d’un plan crédible et rigoureux pour mener à bien ce projet.
Un plan pour redonner vie à cette résidence, dans les délais impartis et selon des normes dignes de notre pays.
Nous faisons appel aux architectes, aux designers et aux constructeurs canadiens les plus novateurs afin de trouver les solutions les plus ambitieuses, les plus attrayantes et les plus abordables.
La proposition retenue sera annoncée d’ici le jour de la fête du Canada, l’an prochain.
Afin de réduire encore plus les coûts pour le gouvernement, la Fondation Rideau Hall mènera une campagne nationale de financement, avec pour objectif de recueillir la totalité, ou la majeure partie, des fonds nécessaires à la réalisation de ce projet.
Cette initiative offrira aux Canadiennes et aux Canadiens ainsi qu’aux organisations philanthropiques de partout au pays l’occasion de contribuer directement au renouveau d’un lieu emblématique qui appartient à chacun d’entre nous.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux premiers ministres Stephen Harper et Jean Chrétien, qui ont plaidé en faveur de la rénovation du 24, promenade Sussex à titre de résidence du premier ministre. Je tiens également à remercier les anciens premiers ministres Joe Clark, Kim Campbell, Paul Martin et Justin Trudeau, qui – aux côtés de Mila Mulroney – ont exprimé leur soutien à ce projet de rénovation.
Comme pour tout ce que notre gouvernement entreprend, ce qui importe n’est pas seulement ce que nous bâtissons.
C’est également la façon dont nous nous y prenons et la raison pour laquelle nous le faisons.
La rénovation du 24, promenade Sussex se fera par des Canadiennes et des Canadiens, et ce, pour l’ensemble de la population canadienne.
Nos institutions ne restent pas fortes et vivantes par elles-mêmes. Chaque génération doit faire le choix de les renouveler – de réparer ce qui a été négligé et de renforcer les fondations sur lesquelles les générations à venir vont s’appuyer.
C’est le choix que nous faisons aujourd’hui.
Et nous allons le faire à la canadienne, en misant sur le talent, le savoir-faire et l’excellence du Canada.
Bien que le 24, promenade Sussex soit un symbole de l’institution qu’il incarne, il doit également pouvoir servir de résidence.
Les femmes et les hommes qui dirigeront notre pays dans l’avenir auront besoin d’un milieu de vie pour leurs familles.
Les apparences peuvent être trompeuses, mais mes enfants sont déjà grands. Et dans tous les cas, je n’habiterai jamais au 24, promenade Sussex. Mais certains futurs premiers ministres voudront sans aucun doute élever leurs enfants dans cette résidence tout en dirigeant notre pays. Et nous allons la rénover afin qu’ils puissent le faire en toute sécurité.
Tous les responsables élus, dont je fais partie, sont les intendants des lieux qu’ils occupent pour s’acquitter de leurs fonctions. Nous n’en sommes pas les propriétaires; nous les utilisons uniquement dans le cadre de notre mandat au service de la population canadienne.
Nous avons la responsabilité de laisser les lieux dans un meilleur état que celui dans lequel nous les avons trouvés.
Notre responsabilité n’est pas seulement de respecter celles et ceux qui occuperont ces fonctions après nous. Nous avons aussi un devoir envers les Canadiennes et les Canadiens : celui de préserver et de renforcer les institutions qui leur appartiennent.
Permettez-moi de conclure sur ceci.
Les Canadiennes et les Canadiens s’attendent avec raison à ce que leurs dirigeants prennent des décisions dont les retombées se feront sentir longtemps après la fin de leur mandat.
C’est exactement le genre de décision que nous prenons aujourd’hui.
Parce que c’est une bonne façon de gouverner.
Parce que c’est une attente justifiée de la part de la population.
Et parce que l’avenir de nos institutions repose sur notre volonté de les laisser en meilleur état que celui dans lequel nous les avons trouvées. Nous devons mettre en pratique ce principe dans tous les domaines, et non de manière sélective.
Merci.