Merci beaucoup, Madame la Présidente.
Nous étions réunis il y a moins d’une semaine à Strasbourg pour discuter de la façon dont les nations peuvent ensemble accomplir des choses qu’aucune d’entre elles ne pourrait faire à elle seule, et c’est dans le même esprit que nous sommes ici aujourd’hui.
Permettez-moi de commencer par mentionner que le Canada est bordé par trois océans et qu’il a le plus long littoral au monde.
Cela fait partie de notre patrimoine. Et nous connaissons les obligations et responsabilités qui en découlent, à savoir que nous devons nous efforcer de connaître ces océans et de bien sûr les protéger.
Nous consacrons de nombreuses ressources à la science et aux technologies océanographiques, et de concert avec les autres membres du Conseil de l’Arctique, nous travaillons à la conservation des océans.
Grâce au leadership de la présidente von der Leyen et de l’Union européenne, nous allons véritablement de l’avant dans le cadre de l’alliance OceanEye.
J’allais dire que nous égalons l’engagement de l’Union européenne en prévoyant verser 82 millions de dollars sur cinq ans dans le cadre de l’initative OceanEye pour accroître notre capacité à observer les océans, et c’est encore le cas, mais l’Union européenne vient d’augmenter son engagement. Cela reflète l’esprit de cet événement, qui souligne l’urgence d’agir.
L’Arctique se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale. Nous savons que sa glace s’amincit et nous voyons que des passages s’ouvrent dans ses eaux. Mais nous admettons que nous n’en avons pas de portrait complet.
Bien sûr, c’est là l’esprit d’OceanEye : nous ne pouvons pas protéger ce que nous ne pouvons pas voir; nous ne pouvons pas gérer ce que nous ne connaissons pas.
Notre engagement aujourd’hui porte sur le mouillage d’installations qui recueilleront des données en temps réel dans l’Arctique tout au long de l’année, y compris en plein hiver, lorsque presque tous les autres modes d’observation sont inutiles.
Nous enverrons des planeurs sous-marins autonomes dans les eaux recouvertes de glace de la région et ils y observeront pendant des mois les eaux que peu d’instruments peuvent atteindre.
Et nous allons élargir notre surveillance de la mer du Labrador et du détroit de Davis, lesquels abritent des courants cruciaux qui façonnent la météo, le déplacement des glaces et les pêches de long de la côte atlantique du Canada.
Au-delà des eaux de l’Arctique et de l’Atlantique Nord, le Canada va plus que doubler sa contribution au réseau mondial Argo, le plus grand réseau mondial de surveillance du climat des océans.
Nous continuerons à travailler avec d’autres partenaires en Antarctique et à fournir des données au moyen d’un système partagé.
L’esprit de cet événement consiste à passer à l’action, et je souhaite donc parler brièvement de ce que nous faisons en matière de conservation.
Le Canada protège une plus grande partie des océans que jamais auparavant. Il y a 10 ans, nous n’avions protégé que 1 % de notre zone marine. Aujourd’hui, nous en protégeons plus de 15 %, soit plus d’un million de kilomètres carrés.
Nous nous engageons, dans le cadre de notre nouvelle stratégie nationale sur la nature, à doubler ce pourcentage d’ici la fin de la présente décennie afin qu’il atteigne 30 % des terres et eaux du Canada, au moyen de nouvelles zones de protection marines le long de diverses côtes, entre autres dans l’Arctique.
C’est une course contre la montre, donc nous utiliserons autant que possible les données recueillies en temps réel pour éclairer les décisions.
Par ailleurs, nous ratifions officiellement l’accord sur les zones ne relevant pas de la juridiction nationale, également connu sous le nom de Traité sur la haute mer.
Au printemps prochain, le Canada accueillera le monde entier à Halifax à l’occasion de la conférence Notre océan : nous espérons vous y voir en grand nombre.
Nous avons l’intention d’être présents chaque fois qu’il sera question de l’avenir des océans et de continuer à faire grandir nos ambitions.
Dans un instant, l’astronaute canadien Joshua Kutryk et l’astronaute française Sophie Adenot nous parleront de l’importance d’observer les océans depuis l’espace.
Je terminerai en citant la première femme canadienne dans l’espace, Roberta Bondar, qui a dit un jour que «voler dans l’espace, c’est voir la réalité de la Terre».
Nous sommes réunis ici parce que nous savons que la réalité de la Terre, c’est qu’il s’agit d’une planète bleue, et nous devons mieux la connaître pour la protéger, la gérer et la préserver pour les générations futures.
Merci.