Merci infiniment, Madame la Ministre Thompson. Monsieur le Député Caley, chers collègues membres du caucus, Monsieur le Président Williams de la Nation Squamish et Monsieur Alec Guerin, conseiller de la Nation Musqueam, chers amis et agents de conservation, merci de vous joindre à nous aujourd’hui.
Nous sommes réunis sur les rives du Pacifique, des rivages où les peuples autochtones, y compris les Nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh, vivent depuis des temps immémoriaux. Ils ont été les premiers gardiens de ces eaux et en ont pris soin pendant des milliers d’années.
L’eau est le berceau de la vie, pour chacun d’entre nous et pour notre planète.
De nombreux enseignements autochtones commencent par cette vérité.
L’océan, c’est notre eau d’origine.
La vie sur Terre a commencé dans l’océan. Aujourd’hui, l’océan est une force vitale qui produit la moitié de l’oxygène que nous respirons. Il nourrit des milliards de personnes. Il contribue à stabiliser notre climat.
Et ces eaux nous lient au monde.
Notre nourriture, notre commerce, notre transport, notre mode de vie dépendent tous de l’océan.
Le Canada est une nation maritime. C’est au Canada que se trouve le plus long littoral de la planète; il touche trois océans et il représente six fois le tour de l’équateur.
C’est une force considérable; une force que nous avons exploitée depuis nos premières pêches et que nous continuons à exploiter alors que nous créons de nouveaux corridors commerciaux qui vont transformer notre économie.
Mais quand quelque chose vient en premier, nous devons le traiter en conséquence.
Nous devons donc d’abord et avant tout protéger nos océans.
Bien avant que le Canada ne se dote d’une politique sur les océans, les peuples autochtones protégeaient ces eaux.
Les gouvernements commencent maintenant à rattraper leur retard.
Le gouvernement du Canada a pris des mesures importantes pour restaurer ses voies navigables et ses écosystèmes marins.
Plus de 25 millions de mètres carrés d’habitats aquatiques, soit l’équivalent de 20 000 piscines olympiques, ont été restaurés.
Nous avons retiré plus de 2 500 tonnes d’engins fantômes, une forme de pollution marine mortelle qui nuit aux tortues, aux poissons et à d’autres formes de vie marine.
Nous avons récupéré plus de 1 600 épaves et bâtiments dangereux et abandonnés.
Et maintenant, nous allons plus loin.
En mars, le gouvernement du Canada a lancé Une force de la nature, une stratégie de 3,8 milliards de dollars visant à protéger et à restaurer les habitats essentiels, à harmoniser les stratégies nationales de croissance avec les efforts de conservation, et à mobiliser de nouveaux capitaux pour la nature.
Au cœur de cette stratégie se trouve notre plan visant à protéger 30 % de nos terres et 30 % de nos eaux d’ici la fin de cette décennie.
Il y a 10 ans, le Canada protégeait à peine 1 % de ses eaux. Dans les années qui ont suivi, il y a eu des progrès soutenus.
Au cours des six derniers mois, nous avons augmenté de 2 % le nombre de zones de protection marine, avec deux nouvelles zones dans l’Arctique, soit Qikiqtait et Sarvarjuaq au Nunavut, et l’aire marine de conservation Mia-yaltwa Ha’lidzogm hoon, située sur la côte centrale de la Colombie-Britannique.
Aujourd’hui, avec ces zones supplémentaires, nous protégeons plus de 17 % de nos océans, soit plus d’un million de kilomètres carrés. C’est plus de 50 fois la taille du lac Ontario.
Les partenaires autochtones contribuent à élaborer ces décisions.
Comme nous le savons, le savoir autochtone assure l’intendance de ces eaux depuis des milliers d’années. Et ce savoir nous aidera à faire en sorte qu’elles restent sûres, durables et saines pour les générations futures – et pour toute la vie qu’elles abritent.
À cette fin, nous pouvons annoncer aujourd’hui que nous élargirons l’accord-cadre de réconciliation dans la biorégion du Plateau nord. C’est la région qui s’étend de la pointe nord de l’île de Vancouver à la frontière de l’Alaska.
Ce nouvel investissement de 185 millions de dollars appuiera une entente quinquennale avec le gouvernement de la Colombie-Britannique et 18 Premières Nations afin de renforcer la gouvernance collaborative, la conservation et la préparation aux situations d’urgence.
Et là où le fleuve Fraser se jette dans la mer des Salish, nous investissons dans l’intendance dirigée par les Autochtones et dans la restauration de l’estuaire du bas Fraser.
De façon plus générale, nous continuerons de désigner d’autres zones de protection marine au cours des trois prochaines années afin de conserver les 13 % supplémentaires du patrimoine marin du Canada que nous nous sommes engagés à conserver.
La conservation des océans doit aller de pair avec notre ambitieux programme visant à bâtir un Canada fort.
Les Canadiennes et les Canadiens savent que nous devons diversifier nos échanges commerciaux avec des partenaires fiables. Mais nous ne pouvons pas intensifier le commerce sans une plus grande capacité portuaire.
C’est pourquoi le gouvernement du Canada investit 10 milliards de dollars pour aider à transformer le port de Vancouver et le Terminal 2 à Roberts Bank, et c’est pourquoi nous sommes en train de déterminer si ce projet s’inscrira dans l’intérêt national.
C’est aussi la raison pour laquelle nous agrandissons le port de Prince Rupert et le port de Stewart. Et c’est pourquoi nous remplaçons le tunnel George Massey, afin de réduire les temps de déplacement des navetteurs et d’accélérer nos exportations.
Collectivement, ces mesures permettront de débloquer plus de 100 milliards de dollars en nouvelles capacités commerciales. Elles créeront des centaines et des centaines de milliers de nouveaux emplois en Colombie-Britannique et partout au Canada.
Mais elles se traduiront également par une augmentation du nombre de navires sur l’eau et de la pression sur les habitats que nous nous efforçons tous de protéger.
Cela signifie que nous devons renforcer encore nos efforts de conservation. Grâce à des plans d’intervention rapides et efficaces. En changeant notre façon de construire, de voyager et d’opérer sur l’eau pour minimiser notre impact.
À ces fins, mes collègues et moi sommes fiers d’annoncer un investissement historique de 1,2 milliard de dollars pour assurer la sécurité de nos eaux, protéger la vie marine et renforcer l’application de la loi en matière de conservation de première ligne.
Le Canada est déjà un chef de file en matière de conservation des océans. Nous partons donc d’une position de force.
Au cours de la dernière décennie, le solide Plan de protection des océans du Canada a permis de réaliser des progrès considérables. Mais l’augmentation des volumes d’échanges et l’intensification du climat signifient que nous devons maintenant redoubler d’efforts.
Nous élargissons donc la capacité de la Garde côtière à surveiller le trafic maritime, nous modernisons les stations de recherche et de sauvetage et nous étendons le réseau radio et radar à très haute fréquence.
Nous améliorons la cartographie des fonds marins ainsi que la conservation et la protection des pêches grâce à de nouveaux outils numériques et autonomes.
Et nous sommes en train de mettre au point un nouveau système national de prévision des océans littoraux, afin de mieux prévoir les conditions météorologiques et les courants, à la fois pour prévenir les incidents maritimes et pour réagir plus rapidement lorsque ces incidents se produisent.
Comme vous le savez, nous en sommes aux dernières étapes de la prise d’une décision pour déterminer si l’un des plus grands projets d’infrastructure du Canada – un nouveau pipeline de bitume vers la côte Ouest – pourrait être un projet d’intérêt national. Ce projet permettrait de diversifier notre économie, de créer près de 150 000 nouveaux emplois partout au Canada et de nous rendre beaucoup moins dépendants des États-Unis.
Mais nous savons que ce qui est important, ce n’est pas seulement ce que nous construisons, c’est la façon dont nous construisons. Notre gouvernement prend des mesures de protection pendant que nous élaborons une approche pour les nouveaux investissements. Nous avons clairement indiqué que le pipeline devait éviter les zones très sensibles. Le tracé proposé suivrait un corridor sud similaire à celui de l’oléoduc Transmountain existant, et l’interdiction des pétroliers de la côte Nord restera en vigueur.
Compte tenu de nos exigences commerciales accrues, un plus grand nombre de navires entreront dans le port de Vancouver. Nous devons donc intensifier nos systèmes pour protéger la vie marine en cas de problème. Nous investissons dans un plan national d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures pour les mammifères marins et travaillons avec des partenaires locaux pour intervenir plus rapidement et plus efficacement partout au Canada.
Pour chaque projet que nous entreprenons, une évaluation complète de son incidence potentielle sur l’environnement doit être effectuée et un plan d’atténuation doit être élaboré. Par exemple, les conditions étendues pour tout agrandissement du terminal 2 de Roberts Bank comprendront des mesures détaillées pour protéger les habitats des épaulards. Nous établissons des seuils de bruit et mettons en œuvre des procédures de protection du milieu marin.
En d’autres termes, si un épaulard s’approche trop près du site, les travaux doivent cesser.
Ces mesures, et d’autres mesures semblables, sont le produit d’années d’analyse et de consultations détaillées. Elles augmenteront considérablement le coût du projet, mais cela en vaudra la peine pour protéger nos eaux d’origine.
Nous pouvons y arriver. Nous pouvons créer des emplois et diversifier notre économie. Et nous pouvons le faire en toute sécurité, de façon responsable, tout en protégeant nos océans et la vie marine qui en dépend.
Après tout, l’un des grands avantages de la souveraineté, c’est de pouvoir choisir notre façon de vivre.
Les Canadiennes et les Canadiens choisissent de vivre dans le respect de l’environnement, de préserver notre patrimoine naturel exceptionnel, de favoriser une croissance qui profite à tout le monde, d’évoluer de manière inclusive avec les peuples autochtones et de prendre soin les uns des autres.
Vous savez, les baleines dans les eaux côtières du Canada vivent grâce au son. C’est ainsi qu’elles trouvent de la nourriture et leur famille. C’est ainsi qu’elles traversent ces grandes mers. Cela signifie qu’un navire bruyant peut être désorientant, assourdissant et dangereux.
Nous investissons donc 100 millions de dollars supplémentaires pour renforcer la capacité nationale à long terme de surveiller, d’évaluer et d’atténuer le bruit sous-marin dans les océans du Canada.
Cela signifie que nous travaillerons avec les entreprises et les propriétaires-exploitants individuels pour réduire le bruit grâce à des technologies éprouvées, telles que des hélices à faible bruit, des moteurs électriques et hybrides, et des améliorations à la coque pour rendre les navires plus hydrodynamiques.
Dans l’Arctique, nous surveillerons le bruit sous-marin et les mammifères marins, nous comprendrons les niveaux de bruit de base, nous évaluerons l’incidence de l’augmentation du trafic maritime et nous aborderons les problèmes d’atténuation.
Cet engagement de 100 millions de dollars s’ajoute à l’investissement de 258 millions de dollars que nous avons annoncés plus tôt cette année pour protéger les épaulards résidents du Sud, les baleines noires de l’Atlantique Nord et les bélugas de l’estuaire du Saint-Laurent.
Il s’appuie également sur le travail vital réalisé dans la mer des Salish pour protéger les baleines en réduisant le bruit sous-marin, en améliorant la détection des baleines en temps réel et en répondant plus rapidement aux incidents impliquant des mammifères marins.
Notre approche de la protection des océans doit être globale, ce qui signifie reconstituer la source de nourriture dont dépendent les baleines. Notre Stratégie relative au saumon du Pacifique est un plan de 412 millions de dollars visant à protéger la vitalité de l’écosystème de la côte Ouest – et je tiens à rendre hommage à mes collègues qui ont contribué à la conception et à la concrétisation de ce projet. C’est un projet qui permet de restaurer les habitats, de reconstituer les stocks de saumon sauvage et de transformer les pêches en partenariat avec les peuples autochtones et les collectivités côtières.
Permettez-moi d’expliquer clairement ce que tout cela signifiera pour l’écosystème océanique unique autour de Vancouver.
Nous fixons un objectif clair : maintenir le bruit de l’océan aux niveaux de 2023, même si le trafic maritime augmente. Nous y parviendrons grâce à la combinaison de conditions rigoureuses entourant la construction et d’investissements dans la réduction du bruit.
Pour les baleines que nous protégeons, nous planifierons en fonction de leurs habitudes, pas des nôtres.
De plus, pour maximiser l’efficacité de ces initiatives, nous aurons besoin d’un suivi plus efficace et d’une meilleure application des lois.
C’est pourquoi nous investissons également plus de 90 millions de dollars pour accroître la capacité de première ligne et moderniser l’application des lois sur les pêches. Nous équiperons les agents des pêches d’outils de surveillance numérique, y compris des drones, et nous investirons dans le recrutement, la formation et le maintien en poste d’agents qualifiés.
Nous aurons plus d’yeux sur l’eau – au-dessus et au-dessous de la surface.
L’investissement annoncé aujourd’hui va améliorer la protection de nos océans.
Mais on le sait : on ne peut pas protéger ce qu’on ne peut pas voir. Et on ne peut pas gérer ce qu’on ne comprend pas.
Le fait est que l’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que la moyenne mondiale. Nous n’avons pas toujours un portrait complet de la situation, mais il faut agir maintenant.
C’est pourquoi, la semaine dernière à l’Assemblée générale des Nations Unies, je me suis joint à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour lancer l’Alliance internationale OceanEye pour le Système mondial d’observation des océans.
Grâce à un investissement canadien de 82 millions de dollars, nous allons installer des dispositifs d’observation ancrés dans l’Arctique. Ils vont transmettre des données en temps réel pendant toute l’année.
Des planeurs sous-marins. Des capteurs qui vont surveiller les courants océaniques qui influencent la météo, le mouvement des glaces et les pêches le long de notre côte Atlantique.
Grâce au Système mondial d’observation des océans, nous allons partager ces données avec un réseau de pays aux quatre coins du globe.
La semaine dernière, dans le cadre de notre partenariat avec l’Union européenne, nous avons réuni 29 autres pays et mobilisé 340 millions de dollars pour ce travail essentiel.
Les mesures que nous prenons aujourd’hui renforceront la position du Canada en tant que chef de file mondial en matière de protection des océans. Une protection adéquate des océans est une condition préalable à une croissance durable.
Compte tenu des mesures annoncées aujourd’hui, notre gouvernement investit désormais plus de 3 milliards de dollars dans la conservation des océans.
Au cours des prochains mois, nous publierons les deux autres piliers de notre stratégie relative aux océans du Canada : nos plans visant à protéger nos eaux et à bâtir notre économie océanique.
Tout ce travail va s’accélérer alors que nous nous préparons à accueillir des représentants du monde entier à l’occasion de la 12e conférence Notre océan en mai 2027, réunissant les gouvernements, les dirigeants autochtones, les scientifiques et les communautés côtières pour transformer l’ambition en actions concrètes pour la protection et l’utilisation durable des océans.
Pour terminer, permettez-moi de revenir à mon premier point : les eaux d’origine.
Les vagues, les eaux qui coulent derrière moi sont source de vie et constituent une voie d’accès aux échanges commerciaux, aux rencontres humaines et au partage d’idées.
Elles ont façonné le Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui, et la manière dont nous les traitons déterminera notre avenir.
Le Canada bâtit en grand à nouveau. Nous bâtissons pour renforcer notre prospérité commune, consolider notre souveraineté et aller plus loin que jamais.
Mais plus nous allons loin, plus notre responsabilité de protéger ce qui nous fait vivre est grande. Nous avons hérité de ces océans, et il est de notre devoir de les léguer en meilleur état que celui dans lequel nous les avons trouvés.
Et c’est ce que nous ferons. Le Canada est une nation maritime qui protégera ses eaux d’origine.
Merci beaucoup.