Merci, Monsieur le Maire Knack. Merci, Edmonton.
C’est si bon d’être de retour chez soi.
Merci, Thomas Lukaszuk, de nous avoir rassemblés.
Merci, Rachel Notley, de votre message, et Kevin Lowe – le petit gars de Lachute, au Québec, qui est devenu une légende à Edmonton, sur la glace, mais aussi en dehors de la patinoire.
Merci aux peuples métis et des Premières Nations, qui ont fait preuve d’une grande force de caractère tout au long de ce référendum.
Derrière leurs histoires remarquables, leur service et les messages qu’ils nous adressent ce soir, il y a un fil conducteur.
C’est la force d’une équipe. L’équipe qui nous aide à accomplir ensemble beaucoup plus que ce que nous pourrions réaliser seuls.
Voilà le Canada que nous célébrons ici ce soir – et pour lequel nous nous battons – à l’heure où ça compte le plus.
Les enjeux sont importants.
Ce référendum survient au pire moment possible.
Le monde devient plus dangereux et divisé. Certains acteurs à l’extérieur de nos frontières cherchent à nous fracturer pour ensuite nous posséder.
Mais nous savons que nous pouvons nous donner bien plus que ce que les autres ne pourraient jamais nous enlever.
Et nous savons que quand nous sommes unis, nous devenons encore plus forts, plus justes et plus libres.
En ce moment déterminant, les Albertaines et les Albertains ont un choix à faire : nous pouvons bâtir une Alberta plus forte et un Canada encore meilleur à léguer à nos enfants, ou nous pouvons faire subir à ces derniers des années marquées par de profondes divisions et une grande incertitude.
Un résultat sans équivoque lundi réglera cette question.
En ce moment, notre pays a besoin de trois choses de votre part.
Premièrement, mettez la date à votre calendrier. Le référendum se tiendra ce lundi. Et, si vous le pouvez, votez dès maintenant : les bureaux de vote par anticipation seront ouverts jusqu’à demain.
Deuxièmement, affichez votre fierté. Arborez la feuille d’érable. Portez le chandail. Dites à vos amis, à vos familles et à vos collègues pourquoi vous votez pour le Canada.
Et troisièmement, amenez un ami et votez comme si l’avenir du Canada en dépendait.
Car c’est le cas.
Ne laissez personne vous dire que c’est déjà gagné. C’est le taux de participation qui va déterminer le résultat.
Et ne vous laissez pas berner par l’idée que votre vote peut servir à « passer un message ».
Ce n’est pas une partie de poker. Un vote contre le Canada, c’est un bluff dangereux qui va entraîner des années de profonde incertitude et d’occasions ratées pour les citoyennes et les citoyens de l’Alberta et du Canada.
Notre pays et votre avenir sont trop précieux pour qu’on s’en serve comme d’un jouet.
Ce référendum porte sur quelque chose de plus grand que n’importe qui d’entre nous. Il porte sur la province et sur le pays que nous aimons, et il porte sur ce que nous pouvons bâtir ensemble.
Je le sais. L’Alberta, c’est chez moi. J’ai grandi ici. Cette ville, cette province et ce pays m’ont tout donné : ma famille, mon éducation, mes valeurs.
J’ai de très bons souvenirs d’Edmonton. J’ai appris à jouer au hockey en plein air à Laurier Heights. Bien sûr, j’ai laissé passer quelques buts faciles – le bruit de la rondelle qui venait lentement frapper le fond du filet quand il faisait -20 degrés était un peu pénible –, mais cela m’a rendu plus fort.
Encourager les Oilers alors qu’ils redéfinissaient l’excellence a stimulé mon ambition.
Les patin-o-thons organisés par le Club Kinsmen, les courses Terry Fox et la célébration de la Fête du Canada en famille et entre amis m’ont donné ce sentiment d’appartenance à une communauté qui anime cette magnifique province.
Mes grands-parents sont venus ici parce que le Canada incarnait une grande promesse : celle d’un pays juste, fort, compatissant et libre.
Un pays où le travail acharné vous permet de progresser. Où le pays joue son rôle : construire les voies ferrées, les ports, les oléoducs et les réseaux haute vitesse pour accéder aux marchés.
C’est ça, la force.
Un pays où l’on s’entraide, où l’on veille les uns sur les autres et où l’on se défend mutuellement.
C’est ça, la compassion.
Un pays où l’on est libre d’être qui on veut. De dire ce que l’on pense. De pratiquer la religion de son choix. De vivre sa vie comme on l’entend. C’est ça, la véritable indépendance.
C’est ça, la véritable souveraineté.
Au Canada, nous avons compris une chose fondamentale : l’unité n’est pas l’uniformité.
Nos différences sont des atouts à cultiver, et non des risques à gérer.
Au Canada, nos croyances, nos langues, nos origines et nos traditions ne sont pas des concessions faites à notre citoyenneté.
Elles en sont l’expression même.
Cette unité fait notre force.
Le Canada n’est pas un pays où toutes les histoires se fondent en une seule.
Nous sommes une mosaïque.
Ailleurs, on cherche à effacer les différences, on vous demande ainsi de renoncer à votre histoire.
Au Canada, on vous invite plutôt à la faire vivre. À la préserver, à l’enrichir. Et à devenir plus forts ensemble.
Ici en Alberta, on a toujours parlé français : des voyageurs et des Métis qui ont tracé nos premières routes, aux familles de Saint-Albert, de Bonnyville et de Saint-Paul, jusqu’aux étudiants du campus Saint-Jean encore aujourd’hui.
Ici, on n’a jamais eu à choisir entre être Albertain ou Canadien.
Lundi prochain, choisissons de continuer à bâtir ce pays ensemble – un pays assez grand pour accueillir toutes nos différences, et assez fort pour nous unir.
La mosaïque canadienne n’est pas seulement un portrait de ce que nous sommes. C’est un engagement envers la façon dont nous nous traitons les uns les autres. Avec dignité, compassion et respect.
On le voit chez les bénévoles des services communautaires de la rue Boyle, qui appuient ceux qui n’ont nulle part où aller.
Cela se voit dans l’amour que cette ville porte à ses habitants. Dans la façon dont la chanson préférée de Ben Stelter, « La Bamba », est devenue le cœur battant d’Edmonton lorsque les Oilers ont participé aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley, il y a quelques années. Dans la manière dont sa famille perpétue son héritage, en aidant les enfants à lutter contre le cancer et en redonnant espoir aux familles qui doivent traverser cette épreuve difficile.
On le constate partout dans cette grande province. Lorsque l’incendie de Jasper a ravagé la maison familiale du maire Ireland, celui-ci a fait passer sa communauté avant tout, en aidant à évacuer des milliers de personnes vers un lieu sûr.
Lorsque Fort McMurray a été ravagé par les incendies de forêt, nous nous sommes mobilisés. C’est ici même, à l’Expo d’Edmonton, qu’une communauté a accueilli ses voisins dans le besoin : 25 000 personnes évacuées. Les Canadiennes et les Canadiens ont fait don de 300 millions de dollars par le biais de la Croix-Rouge pour venir en aide aux gens de Fort McMurray.
Alors que l’Alberta était dans le besoin, des pompiers venus de tout le pays – de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, du Québec et de l’Ontario – sont venus prêter main-forte à Jasper, sont venus prêter main-forte à Fort Mac, sont venus prêter main-forte à l’Alberta.
Et les gens de l’Alberta rendent toujours la pareille. Encore cet été, lorsque des feux ont ravagé des communautés en Colombie-Britannique, des centaines de pompiers albertains sont venus prêter main-forte.
Parce que c’est ce que font les Canadiennes et les Canadiens lorsque les temps sont durs. Nous prenons soin les uns des autres. Nous veillons les uns sur les autres.
Se soutenir mutuellement, s’entraider : c’est dans la nature même des prairies de l’Alberta.
Sur la crête de Vimy, telle était la conviction des soldats du 49e Bataillon d’Edmonton, les Loyal Eddies.
La toute première génération à se considérer comme des Albertains, ils ont combattu au sein du Corps canadien pour remporter la victoire, dans la neige et sous les tirs d’artillerie.
Les Albertaines et les Albertains ont toujours répondu présents.
À tous ceux qui servent aujourd’hui, y compris leurs familles à la BFC d’Edmonton, de Cold Lake, de Suffield et de Wainwright; ainsi qu’à ceux qui servent en Europe aux côtés de nos alliés : merci.
Qu’il s’agisse des feux de forêt chez nous ou des missions à l’étranger, lorsque les gens voient la feuille d’érable sur une manche, ils y voient un signe d’espoir. Ils reçoivent de l’aide.
C’est ça, notre Canada.
Bien avant que l’Alberta ne devienne une province, les Cris, les Dénés, la Confédération des Pieds-Noirs, les Saulteaux, les Nakoda et les Métis considéraient cette terre comme leur foyer.
Il y a 150 ans, à Fort Carlton et à Fort Pitt, les Premières Nations ont conclu le Traité n° 6 avec la Couronne; le Traité n° 7 a été signé en 1877 à Blackfoot Crossing et, en 1899, à Lesser Slave Lake, a été conclu le Traité n° 8.
Honorer l’histoire du Canada, c’est faire face à la vérité selon laquelle ces promesses entre nations ont été rompues à de nombreuses reprises.
Parce que quand une situation n’est pas juste, lorsqu’elle n’est pas équitable, nous ne la camouflons pas et nous ne la fuyons pas. Nous la rectifions, ensemble. Et nous devenons plus forts.
C’est ça, l’Alberta. C’est ça, le Canada.
Ainsi, en 1929, pour combattre l’injustice, les Célèbres cinq de l’Alberta ont porté leur cause jusqu’en Angleterre et obtenu que les femmes soient reconnues comme des « personnes » au regard de la loi.
Cet arrêt a qualifié notre Constitution d’« arbre vivant », et c’est un arbre aux racines profondément ancrées dans le sol de l’Alberta.
En 1982, l’Alberta a façonné la nouvelle Constitution canadienne. Le premier ministre Peter Lougheed a contribué à obtenir un contrôle provincial sur les ressources et à créer la formule d’amendement.
Tout au long de notre histoire, les Albertaines et les Albertains ont contribué à alimenter le monde en énergie, à le nourrir et à lui montrer la voie à suivre.
Du Puits Leduc n° 1 à une superpuissance énergétique d’aujourd’hui.
Des premières fermes au 19e siècle, qui ont mené aujourd’hui à l’exploitation des deux tiers de toutes les terres irriguées du Canada et à l’élevage du plus grand cheptel bovin du pays.
Pensons au protocole d’Edmonton, qui offre un nouvel espoir aux personnes atteintes de diabète, au lauréat du prix Nobel Michael Houghton, qui joue un rôle de premier plan dans la lutte contre l’hépatite C, et à Richard Sutton, pionnier de l’intelligence artificielle de pointe.
C’est ça, le Canada. Fabriqué en Alberta.
Soyons francs : la frustration de bien des gens de l’Alberta était réelle.
Je me souviens que, quand j’étais jeune, Ottawa nous donnait l’impression, aux Albertaines et aux Albertains, que nos ressources ne nous appartenaient pas.
Et, il n’y a pas si longtemps, on a senti que nos contributions sur le plan de l’énergie allaient à contre-courant de l’histoire.
Ce qui aurait dû nous unir a commencé à nous diviser, et mené à un demi-siècle de politiques qui, trop souvent, ont créé des fossés entre les gens.
Le Canada n’est pas parfait. Mais nous sommes les meilleurs.
Nous sommes les meilleurs et nous continuons de nous améliorer. Nous continuons de nous améliorer, ayant même recommencé à œuvrer dans un esprit de fédéralisme coopératif.
Oui, le Canada bâtit de nouveau en grand, et l’Alberta est au cœur de cet effort.
Un demi-milliard de dollars pour construire les infrastructures locales essentielles à des dizaines de milliers de logements abordables dans toute la province.
Un train à grande vitesse entre Edmonton et Calgary.
Le nouveau Bureau des grands projets, dont l’administration centrale se trouve en Alberta, prend des décisions qui permettront de bâtir ce pays : de nouveaux ports, de nouvelles mines et de nouveaux corridors énergétiques. Cinq cents milliards de dollars de nouveaux investissements.
Grâce au projet d’oléoduc Pacific Link, nous allons libérer tout notre potentiel énergétique, réduire notre dépendance envers les États-Unis, créer plus de 140 000 emplois et générer des revenus nous permettant de protéger les programmes sociaux sur lesquels la population albertaine compte chaque jour, dont les soins de santé, les soins dentaires et les garderies.
Voilà ce qui nous permet véritablement de bâtir notre pays. Et toute la nation devra déployer des efforts pour y arriver.
Le projet Pacific Link a besoin d’une route vers la côte Ouest. Il faudra bâtir un nouveau port lorsqu’il y arrivera. Il faut nouer de nouveaux partenariats avec les Premières Nations pour instaurer une prospérité partagée. Il faut réaliser de nouveaux investissements dans les technologies à faibles émissions afin de préserver la compétitivité du pétrole brut d’Athabasca à long terme.
Et il faut de nouveaux marchés que seul le Canada, le pays ayant les meilleures relations commerciales dans le monde, est en mesure d’offrir.
Au Canada, nous pouvons bâtir plus grand, plus vite et mieux que nous ne pourrions jamais le faire seuls.
Aucun d’entre nous ne bâtit à partir de rien.
Je n’aurais jamais pu jouer sur la glace à Laurier à l’époque, et je ne serais pas ici aujourd’hui, sans l’amour et le soutien de mes parents. Sans les bénévoles qui entraînaient mon équipe, installaient les bandes chaque automne, grattaient la glace et nous conduisaient aux matchs un peu partout en ville.
C’est ça, la communauté. Laurier Heights. Le West End. Edmonton. L’Alberta. Le Canada. Des gens qui se rassemblent pour relever des défis, s’entraider et bâtir. C’est ce que nous sommes en tant que Canadiennes et Canadiens.
Chaque génération de Canadiennes et de Canadiens hérite de quelque chose bâti par la génération précédente. Un chemin de fer. Le lancement d’une industrie mondiale à Leduc. L’assurance-maladie née dans la province voisine, en Saskatchewan. La Charte canadienne des droits et libertés. Cette fierté qu’est la feuille d’érable qui, partout dans le monde, symbolise l’arrivée des secours.
C’est le moment de bâtir, pas de détruire.
C’est notre tour de défendre le Canada.
C’est le taux de participation qui va déterminer le résultat du référendum.
Ce ne sont pas les sondages qui votent, mais les gens.
Alors rappelons-nous ceci :
Mettez le lundi 19 octobre à votre calendrier.
Affichez votre fierté.
Amenez un ami et votez comme si l’avenir du Canada en dépendait.
Car c’est le cas.
Car il est de notre devoir, envers les générations qui nous ont précédés et celles qui nous succéderont, de rendre le meilleur pays du monde encore meilleur.
Parce que nous sommes plus forts quand nous nous unissons.
Parce que c’est notre Canada. C’est notre avenir.
Et ce n’est que le début.