Monsieur beaucoup, Monsieur le Président. Distingués collègues, représentants des médias.
Comme le président y a fait allusion, c’est une journée historique pour le Canada : il s’agit de la première visite bilatérale d’un premier ministre du Canada en Türkiye.
Merci, Monsieur le Président, de votre invitation et de l’accueil chaleureux que vous et la population turque nous avez réservé, à ma délégation ainsi qu’à moi-même, et merci du partenariat que nous entreprenons aujourd’hui.
Plus tôt dans la journée, je me suis recueilli à Anıtkabir, lieu où la Türkiye rend hommage au fondateur de cette république, Mustafa Kemal Atatürk.
Avant de parler des détails de ce partenariat, je donnerai un peu de contexte.
Le monument est entouré de Parc de la paix. Au cours des années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, des pays du monde entier, dont le Canada, ont envoyé des arbres destinés à être plantés les uns à côté des autres.
Aujourd’hui, ce parc symbolise l’amitié entre les nations et leur espoir commun de paix. Il nous rappelle aussi que les relations les plus solides se renforcent au fil du temps. Des relations que le respect mutuel, l’engagement soutenu et la poursuite d’objectifs communs entretiennent.
Aujourd’hui, cet idéal est plus important que jamais.
Nous sommes au cœur d’une rupture. L’ordre précédent ne reviendra pas. Les institutions qui assurent notre sécurité et notre prospérité depuis des dizaines d’années sont menacées.
Face à cette nouvelle réalité, le Canada consolide sa force ici, au pays, pour que nous soyons aux commandes de notre avenir : de notre économie, de notre énergie, de notre sécurité et de notre mode de vie.
Toutefois, aucun pays, peu importe ses atouts, ne peut bâtir sa force en travaillant seul.
Les pays les plus résilients mettent en commun leurs atouts complémentaires avec des partenaires de confiance. Notre objectif n’est pas l’autosuffisance. Nous visons plutôt la résilience collective. C’est pourquoi le Canada renforce ses liens avec des partenaires fiables qui ouvrent de nouvelles perspectives. Et la Türkiye est pour nous un partenaire exceptionnel.
La Türkiye est l’une des économies les plus dynamiques au monde et représente un marché de plus de 85 millions de personnes. Située au carrefour de l’Europe, de l’Asie et du Moyen-Orient, elle bénéficie d’un réseau de partenaires grâce à 24 accords de libre-échange. Elle possède la deuxième force militaire permanente de l’OTAN et son industrie de la défense compte parmi les plus importantes et les plus novatrices à l’échelle mondiale.
Au cours des cinq dernières années, les échanges commerciaux entre nos deux pays ont progressé de près de 50 %. Mais comme le président me l’a mentionné, et je suis tout à fait d’accord avec lui, nous avons à peine commencé à réaliser notre plein potentiel. Lors de notre rencontre ici en juillet durant le Sommet de l’OTAN, nous nous sommes engagés à entamer la négociation d’un accord de libre-échange et avons signé un nouveau cadre de coopération en matière de défense.
Aujourd’hui, nous allons encore plus loin en lançant notre partenariat stratégique, qui s’appuie sur un plan d’action triennal.
Ce plan repose sur quatre piliers : le commerce et l’investissement, la défense et la sécurité, l’énergie, ainsi que les liens entre nos populations.
Commençons par le commerce.
Le mois prochain, nos négociateurs se réuniront ici, à Ankara, pour le premier cycle de pourparlers sur le libre-échange. Nos objectifs sont clairs : accroître les échanges commerciaux entre nos entreprises afin d’assurer la prospérité de nos populations.
En réduisant les coûts, en supprimant les obstacles et en améliorant la prévisibilité, nous offrirons de nouvelles perspectives aux entreprises et aux investisseurs des deux pays.
Nous rapprochons également nos entreprises pour créer de nouveaux débouchés en matière de commerce et d’investissement. Exportation et développement Canada et la Türk Eximbank vont signer un nouvel accord pour aider les entreprises canadiennes et turques à collaborer à des projets dans des pays tiers, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, des transports, des mines et des minéraux critiques.
Demain, à Istanbul, je vais rencontrer des chefs d’entreprise et des investisseurs turcs. Et l’an prochain, le ministre Sidhu va diriger une mission commerciale canadienne en Türkiye pour aider les entreprises canadiennes à saisir ces occasions.
Dans un monde plus dangereux et plus polarisé, les Alliés doivent pouvoir compter les uns sur les autres pour disposer des équipements et des capacités qui assurent notre sécurité. Dans ce domaine également, nos atouts sont complémentaires.
Le nouvel accord conclu aujourd’hui sur les partenariats dans le secteur de la défense permettra aux entreprises canadiennes et turques de travailler ensemble, ce qui créera des emplois de qualité dans nos pays, offrira de nouvelles perspectives d’exportation à l’étranger, accroîtra la sécurité de nos citoyens et renforcera l’Alliance de l’OTAN.
Cette coopération en matière de sécurité s’approfondit. La Türkiye exerce une grande influence. En tant qu’économie importante du G20 et Allié clé de l’OTAN, la Türkiye joue un rôle central dans les efforts visant à résoudre certains des conflits les plus complexes au monde, entre autres en Ukraine, à Gaza, en Iran, au Moyen-Orient en général et au-delà.
La véritable sécurité passe aussi par l’énergie.
Le Canada devient une superpuissance énergétique. L’économie de la Türkiye est en pleine croissance et elle a besoin d’un approvisionnement énergétique sûr et fiable. Nous avons beaucoup à offrir : du GNL à la technologie nucléaire civile, en passant par l’énergie propre et les minéraux critiques qui seront au cœur de l’économie de demain. Aujourd’hui, nos ministres de l’Énergie se sont entendus pour travailler ensemble dans tous ces domaines.
Monsieur le Président, je salue votre leadership de la COP31, qui met l’accent, de manière à la fois ambitieuse et pragmatique, sur le développement accéléré des énergies propres et la réduction des déchets. Vous pouvez compter sur le Canada comme partenaire enthousiaste pour élever le niveau d’ambition et d’action mondiales en matière de climat.
Au bout du compte, tout partenariat repose sur les personnes.
Donc aujourd’hui, nous officialisons un accord sur le transport aérien afin d’accroître le nombre de vols de passagers de 12 à 21 par semaine, sans aucune limite pour les vols de fret. Nos discussions donnent à penser que nous pourrons aller encore plus loin, et c’est ce que nous ferons. Cet accord permettra aux familles de rendre visite à leurs proches, aux étudiants et aux touristes de découvrir de nouveaux horizons, ainsi qu’aux gens d’affaires de conquérir de nouveaux marchés, le tout de manière plus simple et plus abordable.
Et naturellement, la clé de cette relation, c’est la confiance et la régularité de nos interactions. La fréquence des rencontres de nos ministres, notamment de nos ministres des Affaires étrangères, qui se réuniront régulièrement dans le cadre de notre dialogue stratégique.
Des échanges commerciaux dans de nouveaux marchés. Des industries de la défense qui assurent notre sécurité. De l’énergie qui alimente nos économies. Et des populations qui rendent tout cela possible. C’est ce que la journée d’aujourd’hui représente.
Pour conclure comme j’ai débuté, soit en donnant un peu de contexte, à la fin d’un ordre mondial, Mustafa Kemal Atatürk a bâti une nation sûre et souveraine, guidée par son principe : la paix à l’intérieur, la paix dans le monde.
En cette période de rupture, le Canada rend hommage à cet exemple : la force à l’intérieur, le partenariat à l’étranger.
Monsieur le Président, il y a plus de 70 ans, le Canada a envoyé des érables à planter aux abords d’Anıtkabir, dans un geste de paix et d’amitié entre nos nations.
Aujourd’hui, ces arbres se dressent parmi 48 000 autres provenant de plus de 20 pays.
Aujourd’hui, nous avons semé les graines d’une nouvelle dynamique : un partenariat stratégique qui offrira de nouvelles perspectives à nos travailleurs et à nos entreprises et qui accroîtra la sécurité et la prospérité de nos deux populations. Et grâce à nos efforts, celles d’autres populations dans cette région et ailleurs.
Cultivé avec soin et engagement, ce partenariat continuera à porter ses fruits pour les générations à venir.
Yurtta sulh, cihanda sulh.
Merci.