Nous, les dirigeants du G7, réaffirmons notre détermination en faveur de la coopération multilatérale afin de promouvoir la croissance économique, la résilience et le développement en vue d’assurer une prospérité commune. À cette fin, nous entendons répondre aux besoins de l’économie mondiale et atténuer les risques qui pèsent sur celle-ci, et ce, tout en renforçant notre collaboration avec nos partenaires internationaux. Les pays partenaires du G7, en l’occurrence l’Égypte, le Kenya et la République de Corée, adhèrent également à la présente déclaration.
Économie mondiale
Alors que l’économie mondiale est déjà confrontée aux répercussions encore présentes de perturbations et de changements structurels qui continuent de mettre à dure épreuve les échanges commerciaux et les investissements à l’échelle mondiale, nous reconnaissons toutefois que l’incertitude économique mondiale a accentué les risques pesant sur la croissance. Les pressions exercées sur les chaînes d’approvisionnement des secteurs de l’énergie, des intrants agricoles et des engrais se sont accentuées, ce qui nuit aux industries, aux agriculteurs et aux ménages partout dans le monde, en particulier dans les pays les plus vulnérables. Nous reconnaissons que le retour rapide à une circulation libre et sûre dans le détroit d’Ormuz, sans aucune forme de droits de passage, ainsi qu’un règlement durable du conflit, est indispensable pour atténuer ces effets négatifs et soutenir une croissance mondiale équilibrée, durable et résiliente. Nous soulignons l’importance d’un accès abordable aux ressources énergétiques, et réaffirmons notre volonté de garantir des marchés stables, transparents et efficaces concernant l’énergie et les autres produits de base. Nous appelons tous les pays à s’abstenir d’imposer des restrictions arbitraires à l’exportation, et insistons sur l’importance d’assurer la stabilité des flux commerciaux. Nous soulignons tout particulièrement l’importance des échanges énergétiques dans le contexte actuel. Nous coopérerons pour mettre en place des mesures qui se voudront temporaires, ciblées et financièrement responsables.
Dans une perspective à long terme, ces développements montrent toute l’importance d’accroître la résilience de nos économies grâce à des chaînes d’approvisionnement diversifiées et fiables ainsi qu’à des réseaux énergétiques efficaces. Nous reconnaissons l’importance de la collaboration par le truchement d’organisations internationales compétentes, comme l’Agence internationale de l’énergie (AIE), d’une coordination étroite entre les pays producteurs et consommateurs, ainsi que de la coopération avec les pays touchés, notamment dans le cadre du Partenariat pour la résilience énergétique et des ressources en Asie (POWERR Asia), afin de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, mais aussi de préserver la stabilité de l’économie et des prix. Pour mieux gérer les crises et en atténuer leurs conséquences, ce qui pourrait contribuer à stabiliser les marchés de l’énergie, nous invitons les pays importateurs de pétrole à mettre en place des systèmes de réserves pétrolières adéquats et efficaces, conformes à l’exigence de stockage de 90 jours de l’AIE, tout en évitant les effets procycliques. Nous réaffirmons également les engagements du G7 concernant les taux de change. Nous notons que de plus en plus de membres de l’OMC reconnaissent la nécessité d’améliorer ses capacités à s’adapter aux réalités commerciales contemporaines et à défendre les intérêts de ses membres. Nous appelons à des discussions constructives pour mener à bien une réforme en profondeur de cette institution.
Nous sommes déterminés à œuvrer ensemble pour assurer une croissance équilibrée et durable qui renforce notre sécurité et notre résilience économiques et qui profite à l’ensemble de nos citoyens. Nous réitérons nos préoccupations communes à l’égard des politiques et pratiques contraires au marché (PPCM) et de leurs effets néfastes, notamment les perturbations constantes des marchés, la surcapacité structurelle mondiale et les déséquilibres qui en découlent, les répercussions fâcheuses sur les marchés mondiaux, régionaux et nationaux, ainsi que les interdépendances économiques croissantes. Nous réaffirmons que des chaînes d’approvisionnement résilientes et fiables sont essentielles à la sécurité économique. Nous continuerons d’approfondir nos échanges afin de cerner les vulnérabilités qui touchent les secteurs stratégiques, dont les technologies essentielles, dans le but de réduire les interdépendances excessives, de renforcer la sécurité et la résilience des chaînes d’approvisionnement et de prévenir les risques liés aux fuites technologiques. Nous reconnaissons l’importance de collaborer avec des pays autres que ceux du G7, notamment les économies émergentes et en développement, afin de mieux les sensibiliser aux effets néfastes des PPCM et de promouvoir des mesures efficaces et adaptées.
Nous appelons à une mobilisation accrue des institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaire international et les banques multilatérales de développement, et soulignons l’importance de se préparer aux crises, d’en atténuer les effets et de les gérer. Nous veillerons à promouvoir la stabilité macroéconomique, notamment en nous assurant de la résilience, de l’efficacité et de la capacité d’adaptation du système monétaire et financier international dans le contexte d’une économie mondiale en constante évolution.
Compte tenu de l’évolution rapide des capacités des modèles d’intelligence artificielle de pointe, nous demandons à nos ministres des Finances et aux gouverneurs des banques centrales, en coordination avec les autorités de surveillance financière et les représentants des institutions financières mondiales et des sociétés du secteur des technologies, d’approfondir l’examen des nouvelles possibilités qu’offre l’intelligence artificielle ainsi que des risques qui en découlent, notamment dans le secteur financier, tout en tenant compte des répercussions sur la productivité et les marchés du travail. Nous demandons également au groupe d’experts du G7 sur la cybersécurité d’améliorer, le cas échéant, la mise en commun de l’information et de cerner les pratiques exemplaires, à la lumière des récentes avancées concernant les modèles d’intelligence artificielle de pointe. Nous encourageons également la poursuite du dialogue entre les agences de cybersécurité et les institutions concernées au sein des groupes existants du G7. Nous entendons poursuivre nos efforts pour préparer notre système financier aux risques et aux possibilités liés aux technologies quantiques, conformément au rapport du Groupe de travail sur les technologies quantiques des banques centrales du G7, et restons déterminés à garantir la sécurité des chaînes d’approvisionnement quantiques.
Réaliser une croissance mondiale équilibrée et durable grâce à la réduction des déséquilibres mondiaux
Nous sommes préoccupés par le fait que les déséquilibres mondiaux persistent et aient augmenté au cours des dernières années, ce qui compromet notre objectif commun visant à assurer une croissance mondiale équilibrée et la stabilité du système financier. Depuis notre dernière réunion à Kananaskis, nos ministres des Finances, en collaboration avec les gouverneurs des banques centrales, ont entamé des travaux visant à évaluer les facteurs à l’origine de ces déséquilibres ainsi que les risques qu’ils engendrent, et à trouver des solutions pour les surmonter. Nous saluons les efforts déployés par le Fonds monétaire international, notamment grâce à ses travaux de recherche, ses conseils stratégiques et ses mesures de surveillance, ainsi que par l’Organisation de coopération et de développement économiques, le G20 et le groupe d’engagement du milieu universitaire créé à l’initiative de la présidence française, afin d’approfondir notre compréhension des causes, des principaux facteurs et des risques liés aux déséquilibres croissants et persistants, de proposer des scénarios de redressement et de formuler des recommandations visant à favoriser le retour à l’équilibre. Les déséquilibres mondiaux peuvent entraîner des répercussions économiques défavorables, en particulier dans les pays les plus pauvres, bien que la plupart d’entre eux ne contribuent pas à ceux-ci. Nous reconnaissons en outre l’importance d’une action coordonnée pour réduire les déséquilibres mondiaux croissants et persistants; leur réduction pourrait faciliter la réalisation d’une croissance durable et équilibrée.
Les déséquilibres mondiaux courants découlent en grande partie de la dynamique sous-jacente entre l’épargne et l’investissement. Ils peuvent également résulter de modèles de croissance nationaux, comme des politiques et pratiques contraires au marché, ainsi que de politiques sectorielles et budgétaires. Nous confirmons qu’il est nécessaire de résoudre ces déséquilibres importants et persistants, dans l’intérêt tant de celui des économies qui accusent un déficit que de celles qui affichent un surplus. Dans ce contexte, nous entendons mettre en œuvre des politiques ciblées visant à promouvoir une croissance équilibrée et à assurer la stabilité macroéconomique, et nous invitons les autres pays à en faire autant. À défaut de rétablir l’équilibre par des mesures nationales adaptées, cela risque d’exacerber les tensions commerciales, ce qui pourrait conduire à un scénario désordonné. À cet égard, il serait souhaitable d’adopter une approche concertée.
Les pays qui affichent des excédents extérieurs importants et constants doivent renforcer leurs sources de croissance intérieure. En fonction des circonstances propres à chaque pays, ces politiques de croissance pourraient notamment consister à lever les contraintes freinant la croissance de la demande privée, à améliorer les filets de sécurité sociale, à éviter les politiques susceptibles de provoquer des perturbations dans d’autres pays, à supprimer les obstacles aux gains de productivité et à accroître l’investissement. Les pays qui affichent des déficits extérieurs importants et constants doivent mettre en œuvre des politiques visant notamment à soutenir l’épargne intérieure et à assainir leurs finances publiques. Ces mesures contribueront à réaliser une croissance mondiale équilibrée et durable.
Nous appelons à un renforcement accru de la surveillance des déséquilibres extérieurs dans le cadre de la surveillance bilatérale et multilatérale menée par le Fonds monétaire international, en mettant davantage l’accent sur les scénarios prospectifs et en évaluant les répercussions sur l’ensemble des économies, en particulier sur les marchés émergents et les économies en développement. Nous appelons également le Fonds monétaire international et l’Organisation de coopération et de développement économiques à suivre les orientations des politiques nationales des grandes économies et à rendre compte de leur contribution aux déséquilibres mondiaux, conformément à leurs compétences respectives.
Nous saluons le Sommet de Convergence mondiale pour la croissance qui s’est déroulé le 11 juin 2026. Nous réitérons notre volonté commune de collaborer avec d’autres grandes économies pour comprendre les causes des déséquilibres mondiaux importants et persistants afin de les corriger. Nous poursuivrons ces efforts au sein du G20, sous la présidence des États-Unis, ainsi que dans d’autres instances pertinentes.
Cette déclaration est le fruit de discussions tenues entre les pays membres du G7 et d’échanges productifs de points de vue avec des pays partenaires.