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Co-commanditaires initiaux : l’Australie, la Barbade, le Brésil, le Canada, l’Union européenne, l’Inde et le Kenya

« Nous nous réunissons à un moment où le monde connaît de profondes transformations. L’ampleur et le rythme croissants des changements mondiaux remodèlent notre présent et détermineront notre avenir collectif.

Nous sommes préoccupés par la polarisation croissante, la propagation des conflits, les violations du droit international et le recours de plus en plus fréquent à la politique de puissance, au protectionnisme, à la coercition ainsi qu’à la menace ou à l’usage de la force. Ce sont là des tendances qui constituent une menace pour la paix et la sécurité internationales et qui nuisent à la coopération mondiale, alors même que celle-ci est plus nécessaire que jamais.

Nous savons que l’interdépendance économique est de plus en plus exploitée comme moyen de tirer parti de la situation, ce qui perturbe les échanges commerciaux, les chaînes d’approvisionnement, les investissements et le financement du développement. Parallèlement, les défis mondiaux communs, notamment la triple crise planétaire que constituent les changements climatiques, la perte de biodiversité et la pollution, ainsi que le développement rapide des technologies nouvelles, en particulier l’intelligence artificielle, exigent une coopération renforcée et une fourniture plus efficace des biens publics mondiaux.

Aujourd’hui, nous, signataires de la présente Déclaration, nous engageons à œuvrer ensemble en faveur de la paix, de la stabilité, d’un développement inclusif et durable, d’une prospérité partagée, de la dignité humaine et des droits pour tous.

Nous réitérons que le système multilatéral fondé sur la Charte des Nations Unies demeure indispensable. Celui-ci a permis d’établir un cadre propice à la paix, à la décolonisation, à la prospérité et à la dignité humaine. Il doit désormais s’adapter à un monde caractérisé par une interconnexion et une complexité accrues, par davantage de contestations et par des rapports de force multipolaires.

Nous affirmons la nécessité de préserver et de faire respecter les règles, les principes et les engagements qui continuent d’être essentiels à l’ordre international, et de renouveler et de réformer le système multilatéral pour le rendre plus efficace, plus représentatif, plus inclusif et mieux adapté à ses objectifs.

Nous réaffirmons notre engagement à l’égard du droit international et des principes d’égalité souveraine, d’intégrité territoriale, de règlement pacifique des différends et d’interdiction de recourir à la menace ou à l’emploi de la force.

Nous sous-tendons l’importance du droit international humanitaire, de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que de la promotion et de la protection de l’ensemble des droits de la personne et des libertés fondamentales pour tous.

Nous réitérons notre volonté de mettre rapidement en œuvre les principaux accords et cadres internationaux, notamment l’Accord de Paris et l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Nous reconnaissons que les inégalités croissantes au sein des pays, de même qu’entre eux, constituent un obstacle à la stabilité, à la cohésion sociale et à la croissance inclusive, et nous devons y remédier par des initiatives de coopération, notamment par le truchement de l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté et du Panel international sur les inégalités.

Nous sommes résolus à resserrer la coopération multilatérale afin qu’elle soit ouverte, juste, équitable, inclusive, interconnectée et concrète, notamment grâce à des partenariats plus étroits avec les organisations régionales et au soutien à l’intégration régionale.

Nous convenons de travailler ensemble à la réforme et au renforcement des institutions multilatérales, en particulier les Nations Unies, grâce à des initiatives comme ONU80, afin qu’elles puissent mieux prévenir les conflits, répondre aux crises, promouvoir le développement durable, favoriser un commerce équitable, protéger les droits de la personne et la primauté du droit, et relever les défis mondiaux actuels et émergents.

Nous sommes en faveur d’une coopération économique équitable, ouverte, résiliente, prévisible et inclusive. Celle-ci doit notamment reposer sur des chaînes d’approvisionnement mondiales diversifiées et résilientes, une réforme du système commercial multilatéral, une architecture financière internationale mieux adaptée et une coordination accrue concernant les finances internationales, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, le changement climatique et les questions de santé mondiale. 

Les signataires de la présente Déclaration sont déterminés à renforcer le système multilatéral, entre autres par des échanges périodiques ouverts avec des partenaires de toutes les régions du monde, afin de favoriser le dialogue, la coordination et la coopération concrète.

Aujourd’hui, à l’heure où le monde connaît une transformation profonde et où l’ordre international est soumis à des pressions croissantes, nous choisissons la coopération, le respect du droit international, le multilatéralisme et la responsabilité partagée comme fondements de nos efforts collectifs. »