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Bonjour.

Madame la Première Ministre, c’est un privilège de me joindre à vous à l’occasion de ma première visite en Lettonie à titre de premier ministre.

Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois à Rome au mois d’avril, je vous ai félicitée pour l’extraordinaire apport de la Lettonie à l’OTAN et à la communauté internationale, notamment pour votre adhésion prochaine au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Madame la Première Ministre, peu de pays comprennent aussi bien que la Lettonie la valeur – et la fragilité – de la liberté.

En 1918, après plus d’un siècle de bataille contre le règne impérial russe, les Lettons ont déclaré leur indépendance.

Cependant, cette indépendance leur a été volée en 1940, lorsque l’Union soviétique de Staline a annexé les pays baltes.

Ça a marqué le début de plusieurs décennies d’occupation et d’effacement culturel.

Les nazis sont arrivés. Puis les Soviétiques sont revenus.

Pendant près de 50 ans, il a été interdit de brandir le drapeau national de la Lettonie. Vos institutions ont été démantelées et votre langue, supprimée.

Et pourtant, le peuple letton, déterminé, a traversé les époques.

En 1991, l’Union soviétique s’est effondrée et les Lettons ont courageusement regagné leur indépendance.

Le « temps des barricades », lorsque les Lettons se sont bravement serré les coudes pour défendre des édifices emblématiques comme la Tour de la télévision et le Parlement, a été l’un des moments les plus marquants de la Lettonie.

Alors, quand le président Poutine a essayé de renverser l’histoire en s’emparant de la Crimée en 2014 ou quand l’armée russe a envahi l’Ukraine en venant du nord, de l’est et du sud lors du jour sombre de février 2022, ce n’était pas pour vous une menace étrangère venant de loin.

Mais plutôt la venue d’une menace qui a pris forme lentement, mais sûrement, pendant des années.

Le Canada, votre partenaire de l’OTAN, sera toujours déterminé à repousser cette menace.

En 1991, le Canada a été le premier pays du G7 à reconnaître l’indépendance de la Lettonie.

Comme à l’époque, le Canada veut aujourd’hui lutter pour la liberté et contre l’autoritarisme.

Tout comme en 1991, le Canada ne se fait aucune illusion sur l’importance de votre combat.

Et vous ne devez pas douter de l’engagement des Canadiennes et des Canadiens en faveur de votre cause. Comme c’est la nôtre aussi.

En 2014, quand la Russie a annexé illégalement la Crimée, le Canada, sous la direction du premier ministre Stephen Harper, a lancé l’opération UNIFIER et envoyé des centaines de membres des Forces armées canadiennes en Ukraine pour enseigner aux militaires ukrainiens à combattre l’agression russe.

Et, en avril de la même année, plus de 100 membres des Forces armées canadiennes ont été déployés en Lettonie dans le cadre de l’opération REASSURANCE.

Trois ans plus tard, pendant que les menaces de la Russie dans les pays baltes s’intensifiaient, le Canada s’est porté volontaire pour diriger le groupement tactique de l’OTAN à la base Ādaži, à l’extérieur de Riga, et a envoyé 450 militaires de plus.

À l’époque comme aujourd’hui, notre message à la Russie était clair : une attaque contre les pays baltes est une attaque contre l’Alliance de l’OTAN, et donc une attaque contre le Canada.

Le groupement tactique est devenu une brigade multinationale importante. Plus de 3 500 soldats de 14 pays différents y sont envoyés pour repousser l’agression russe sur le flanc est de l’OTAN et fortifier notre défense aérienne, terrestre et maritime commune.

Plus de 2 000 de ces braves femmes et hommes sont canadiens.

À l’heure actuelle, c’est la plus vaste contribution militaire canadienne à l’Alliance.

De plus, au cours des années qui ont suivi sa création, l’opération REASSURANCE est devenue de plus en plus importante.

Vous comprenez depuis longtemps la menace que représente l’agression russe, mais l’invasion illégale du président Poutine a fait voler en éclats toute idée que bien des gens se faisaient de la sécurité européenne après la Guerre froide.

Dimanche, à Kyiv, j’ai rappelé le principe adopté par le président Ronald Reagan lorsqu’il a dirigé un effort de paix avec la Russie, soit « faire confiance, mais vérifier ».

Cela dit, Vladimir Poutine n’est pas Mikhaïl Gorbatchev. Il souhaite instaurer la noirceur, et pas la glasnost.

Le président Poutine essaie de rebâtir l’empire soviétique.

Les Lettons savent bien que, avec le président Poutine, nous ne pouvons pas nous contenter de « faire confiance, mais vérifier ».

Nous devons dissuader et fortifier.

Dissuader la Russie de croire à nouveau qu’elle peut menacer la liberté de l’Europe, en renforçant la puissance des forces armées qui se sont battues si vaillamment et si longtemps.

À cette fin, je suis fier d’annoncer que le Canada prolongera l’opération REASSURANCE trois années de plus.

En prolongeant la mission, la brigade aura de meilleures capacités en Lettonie : elle pourra renforcer notre défense collective, notre sécurité commune et la présence de l’OTAN à une époque de changements rapides dans le monde.

Madame la Première Ministre, j’aimerais vous remercier, ainsi que vos forces armées et le peuple letton, pour votre hospitalité et le soutien que vous offrez à nos militaires.

En tant qu’Alliés, il nous reste aussi beaucoup de travail à faire.

En tant que membres de la Coalition des volontaires, nous nous efforçons d’apporter la paix et la sécurité en Ukraine.

Nous savons que nous ne pourrons parvenir à la paix que par la force.

Nous parlons aujourd’hui de sanctions contre la Russie et du renforcement des capacités des Forces armées ukrainiennes, des mesures qui seront combinées à des garanties de sécurité robustes et crédibles pour l’Ukraine de demain.

En juin dernier, nos deux pays se sont engagés à respecter le nouvel engagement de l’OTAN qui consiste à investir 5 % de notre PIB annuel dans la défense d’ici 2035.

Pour le Canada, il s’agit de quadrupler ses dépenses de défense en valeur monétaire d’ici la fin de la présente décennie.

Nous savons tous deux que notre résilience dépend non seulement de l’accroissement de nos engagements en matière de défense, mais aussi des investissements que nous choisissons de faire.

Et cela requiert un véritable partenariat.

C’est pourquoi, au mois de juin, le Canada et l’Union européenne (UE) ont signé un nouveau Partenariat de sécurité et de défense.

Nous pourrons ainsi atteindre plus efficacement nos cibles de capacités de l’OTAN grâce à la participation du Canada à l’instrument SAFE (Agir pour la sécurité en Europe), qui fait partie du plan Préparation à l’horizon 2030 de l’UE.

Le « temps des barricades » a libéré la Lettonie en 1991. Ensuite, le Canada vous a félicités et a célébré votre succès. Une trentaine d’années plus tard, les Lettons doivent une fois de plus se rallier afin de courageusement défendre leur patrie et, maintenant, le flanc est de l’OTAN.

Aujourd’hui, les Canadiennes et les Canadiens sont fiers d’être à vos côtés pour vous aider à vous défendre contre cette nouvelle agression russe.

Nos Forces armées canadiennes en Lettonie défendent les valeurs de paix, de démocratie et de sécurité que nous avons en partage. Et avec l’annonce d’aujourd’hui, ils pourront continuer de le faire.

À ce moment charnière de l’histoire, le leadership du Canada se mesurera non pas seulement à la force de ses valeurs, mais aussi à la valeur de sa force.

Merci.