Je vous remercie, Monsieur le premier ministre Anwar Ibrahim, pour la présentation, pour votre hospitalité et pour votre leadership à la présidence de ce forum essentiel.
C’est un honneur d’être ici.
Ce n’est pas par hasard que j’ai choisi ce sommet pour effectuer ma première visite en Asie à titre de premier ministre.
Tout comme l’ANASE, le Canada accorde de l’importance au système fondé sur des règles. Nous respectons les accords commerciaux et la primauté du droit.
Nous croyons en l’importance du libre-échange de biens, de capitaux et d’idées.
Comme l’ANASE, le Canada valorise la durabilité et l’inclusion dans tout ce que nous accomplissons.
Pour toutes ces raisons, l’ANASE et le Canada sont des partenaires naturels de longue date.
Comptant parmi les partenaires de dialogue de la première heure, le Canada considère l’ANASE comme le porte-étendard du multilatéralisme asiatique.
Et nous pensons pouvoir étendre et renforcer considérablement les liens qui nous unissent.
Le monde opère actuellement un virage fondamental, qui s’apparente bien davantage à une rupture qu’à une transition.
La libéralisation multilatérale du commerce cède la place à des échanges commerciaux et à des investissements bilatéraux transactionnels et contrôlés.
Une nouvelle ère de rivalité entre grandes puissances est en train de voir le jour.
Les changements technologiques réduisent les distances géographiques et étendent les champs de conflit aux domaines cybernétique et spatial.
Ces évolutions réduisent l’efficacité de nombreuses institutions mondiales – qu’il s’agisse de l’Organisation mondiale du commerce ou des Nations Unies – sur lesquelles nous, les puissances moyennes, avons l’habitude de nous appuyer.
Ce qui veut dire que l’importance de l’ANASE devrait s’accroître encore davantage dans les prochaines décennies.
Cette région est la plus dynamique au monde. Elle représente une économie de 5 000 milliards de dollars en rapide croissance, et réunit près de 700 millions d’habitants.
L’ANASE s’emploie à forger de nouveaux partenariats, à stimuler l’investissement et à ouvrir de nouvelles possibilités pour les pays de cette région et du monde entier.
Nous avons tous pris conscience de l’importance d’avoir des partenaires fiables, qui honorent leurs engagements, qui sont présents dans les moments difficiles et qui s’engagent à collaborer pour résoudre les problèmes.
Le Canada est ce genre de partenaire, un partenaire sur lequel on peut compter, et je suis venu à Kuala Lumpur pour affirmer clairement que nous voulons jouer un rôle plus important dans cette région.
Il y a quelques jours, j’ai annoncé le plan ambitieux de notre gouvernement visant à diversifier nos relations commerciales.
Nous continuons évidemment à commercer avec les États-Unis, notre voisin et la plus grande économie mondiale, mais nous entreprenons une mission audacieuse qui consiste à doubler nos exportations vers des pays autres que les États-Unis au cours de la prochaine décennie.
Cette initiative va générer plus de 300 milliards de dollars supplémentaires en échanges commerciaux, dont une grande partie, nous l’espérons, avec l’ANASE.
Alors, pourquoi le Canada?
Nous sommes bordés par trois océans et entretenons des liens commerciaux incomparables, profitant d’un accès préférentiel à plus de 1,5 milliard de consommateurs d’Europe, des États-Unis et d’Asie.
Le Canada est un partenaire solide et fiable qui possède une grande part de ce que le monde recherche.
Nous sommes une superpuissance énergétique, qui possède les troisièmes réserves de pétrole et les quatrièmes réserves de gaz naturel en importance dans le monde.
En juin dernier, le Canada a expédié sa première cargaison majeure de GNL vers l’Asie, ce qui marque une étape importante dans le rôle de plus en plus grand que nous sommes appelés à jouer en tant que fournisseur mondial d’énergie.
Par ailleurs, nous réalisons de vastes investissements et simplifions les processus d’approbation afin d’accélérer notre croissance. D’ici 2030, le Canada pourrait produire près de 50 millions de tonnes de GNL par année, destinées en totalité aux marchés asiatiques. Cela suffirait à couvrir cinq fois la consommation totale de Singapour.
D’ici 2040, ce chiffre pourrait doubler.
Nous disposons d’un réseau électrique propre à 85 %, que nous pouvons facilement augmenter de 50 % pour alimenter des infrastructures de fabrication propres basées sur l’IA et assurer l’électrification de notre économie durable.
Nous disposons de gisements de plus de 34 minéraux critiques et figurons parmi les 5 premiers producteurs des 10 minéraux critiques les plus essentiels à la transition énergétique mondiale.
Au Sommet du G7 de Kananaskis, nous avons lancé le Plan d’action sur les minéraux critiques, qui vise à garantir la fiabilité des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et à stimuler les investissements.
Nous avons des solutions à apporter au chapitre de la sécurité alimentaire. Le Canada est un fournisseur fiable de produits de base et de technologies de qualité, qui propose de nouvelles solutions pour répondre aux besoins nutritionnels nationaux de vos populations jeunes et en plein essor.
Les Canadiens et Canadiennes sont dotés d’un talent de calibre mondial et d’un savoir-faire exceptionnel dans les domaines des technologies propres, de l’IA, des sciences de la vie et de l’informatique quantique.
Par exemple, nous sommes la première destination mondiale pour les titulaires de maîtrises et de doctorats, qui font partie de la main-d’œuvre la plus qualifiée au monde.
Le Canada possède un savoir-faire et des capacités immenses dans le domaine des services financiers, et nos caisses de retraite comptent parmi les investisseurs en infrastructures les plus importants et les plus sophistiqués au monde.
Nous comptons plus de 1 500 entreprises spécialisées dans l’IA, et les trois universitaires les plus cités dans ce domaine vivent chez nous.
De plus, nous allons quadrupler nos dépenses industrielles dans le domaine de la défense au cours des cinq prochaines années et catalyser 500 milliards de dollars d’investissements privés dans les domaines de l’énergie, du commerce, de l’IA et bien d’autres.
Tous ces facteurs offrent de nombreuses possibilités de partenariats.
Le mois dernier, le président Prabowo d’Indonésie et moi-même avons salué la conclusion d’un accord de libre-échange historique, le premier accord de libre-échange bilatéral du Canada avec un partenaire de l’ANASE, qui prévoit la réduction ou l’élimination des droits de douane pour 95 % des exportations canadiennes.
Cet accord, ainsi que la rapidité avec laquelle nous l’avons conclu, reflète l’ambition de notre nouveau gouvernement.
Nous mettons la même énergie dans les négociations en cours visant la conclusion d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’ANASE.
De plus, le Canada cherchera à nouer de nouveaux partenariats dans cette région dans les domaines du numérique, des technologies propres et de l’énergie.
Car le moment est venu pour nous d’agir rapidement, ensemble.
Pour établir de nouvelles relations, signer des accords et bâtir des économies plus fortes, des nations plus fortes et un monde plus fort, plus inclusif et plus durable.
Merci.