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Merci, Lawrence. Merci, Annette.

Je tiens à remercier le Comité du Monument national de l’Holocauste, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes, la Fédération juive d’Ottawa, le B’nai Brith, et les ambassades d’Israël et de la Suède d’avoir organisé cette importante cérémonie.

À Tibor, Judy, Joe, Ruth. À Judy Bosloy, qui est ici pour représenter sa mère, Vera, et également à John Diener, qui est ici au nom de son père, Nathan. À Lawrence, qui êtes ici au nom de votre père. Et à vous Annette, qui êtes ici au nom de votre famille : merci pour votre présence et pour votre témoignage.

Vous avez vécu le chapitre le plus horrible de l’histoire humaine. Et pourtant, encore et encore, vous avez choisi de mettre en lumière les souvenirs les plus sombres pour que ce qui s’est déroulé ne tombe pas dans l’oubli. 

Pour que ce qui est arrivé n’arrive plus jamais.

C’est là le pouvoir d’une vie, d’une voix et d’un choix de témoigner.

Il nous incombe, à nous qui entendons ce témoignage, d’écouter attentivement, de réfléchir et d’agir.

À pareille date en 1945, la libération d’Auschwitz-Birkenau a permis de montrer l’ampleur des crimes nazis à la face du monde et est devenue le symbole des horreurs de l’Holocauste, de la culpabilité de ceux qui en ont été complices et de la résilience de ceux et celles qui y ont survécu.

Aujourd’hui, nous nous rappelons les conséquences de l’ignorance, de la haine et de la complicité.  

Aujourd’hui, nous reconnaissons que détourner le regard n’est pas un geste passif, mais une trahison. 

De l’époque du MS St. Louis jusqu’à celle du « un, c’est un de trop », le Canada n’est pas étranger au fait de détourner le regard. Nous devons garder cette histoire en mémoire – pour veiller à ce qu’elle ne se répète jamais.

Nous devons aujourd’hui nous rappeler ces leçons. Le danger du déni et de l’indifférence face au mal.

Et la prise de conscience que le mal rassemble à nouveau ses forces.

Que la communauté juive est encore touchée par une résurgence dévastatrice de l’antisémitisme.

Au Canada, des synagogues et des écoles ont été attaquées, et certains ont tenté de minimiser ou de nier l’horreur du 7 octobre, et voire de l’Holocauste même.

Bien que le monde ait à nouveau été témoin de la force et de la résilience impressionnantes du peuple juif, il est de notre devoir de rebâtir un pays où ce peuple peut vivre en toute sécurité, ouvertement et librement.

C’est pourquoi, avec le chef de l’opposition, nous collaborons en tant que parlementaires afin de rendre criminel le fait d’entraver intentionnellement et délibérément l’accès aux lieux de culte, aux écoles et aux centres communautaires, religieux ou culturels.

Ces lois sont malheureusement nécessaires, mais elles sont loin de suffire.

Les lois peuvent dissuader les actes haineux et les punir s’ils se produisent, mais elles ne peuvent empêcher la haine de s’enraciner.

Et, tout comme l’absence de guerre n’est pas la paix, l’absence de violence physique et verbale n’est pas synonyme d’une véritable vie au Canada.

Nous nous tenons, tout comme l’ensemble des partis politiques, aux côtés de la communauté juive dans sa lutte contre la haine, en adoptant des lois qui la combattent, en consacrant des ressources à la protection des communautés et en mobilisant l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes en faveur d’un nouvel avenir pour notre société, afin que le peuple juif soit non seulement protégé et puisse vivre sans crainte, mais qu’il participe aussi pleinement à tous les aspects de la vie canadienne.

Une société où le Canada prospère parce que l’ensemble du peuple juif prospère.

Il nous appartient à tous de lutter contre l’antisémitisme.

Cette responsabilité commence par le souvenir.

Elie Wiesel nous a mis en garde en déclarant que le fait d’« oublier les morts reviendrait à les tuer une seconde fois ».

Le Canada n’oubliera pas.

Notre souvenir se traduit par la vigilance, pour que « Plus jamais ça » reste toujours vrai.

Notre devoir est celui de contribuer à la délivrance, loin de l’intimidation et de la haine.

Notre objectif est la transcendance – une société ouverte où tous peuvent s’épanouir.

Je vous remercie.