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Aujourd’hui, nous prenons part à une fière tradition qui a commencé en 1890.

Le portrait officiel d’un premier ministre vise à évoquer sa personnalité et le contexte qui a défini son leadership.

Phil Richards est l’un des plus talentueux artistes pour ce défi. Après tout, c’est à lui que le 22e premier ministre du Canada avait demandé de peindre le portrait officiel du jubilé de diamant de Sa Majesté la reine Elizabeth II.

Ceux qui l’ont connu personnellement pourront en dire autant : M. Harper n’a jamais agi pour attirer l’attention, mais toujours au service des autres.

Il a occupé le poste de premier ministre du Canada pendant près de 10 ans, ce qui équivaut au sixième plus long mandat de notre histoire. Il a laissé par le fait même tout un éventail de réalisations sur le plan législatif et des politiques.

Dans un climat politique de plus en plus chaotique, il a amené un sang-froid, de l’intelligence et de la détermination à la sphère publique.

Ces qualités ont permis à notre pays de traverser l’une des périodes les plus périlleuses depuis la Grande dépression.

À l’automne 2008, les marchés financiers mondiaux étaient en chute libre, les marchés créditaires étaient paralysés et les banques mondiales sombraient. Cependant, son gouvernement a agi de manière décisive, nos institutions ont préservé leur bonne réputation et le Canada est demeuré fort.

J’ai eu le privilège d’être nommé gouverneur de la Banque du Canada sous le mandat du premier ministre Harper.

Pendant la crise financière mondiale, on a assisté à un degré de coordination hors du commun entre le gouvernement du Canada et la Banque du Canada, une coordination qui a respecté l’indépendance de la politique monétaire tout en reconnaissant la nécessité d’une action concertée face à des circonstances exceptionnelles.

Nos réunions ont toujours été franches, ciblées et axées sur les résultats, qu’il s’agisse de gérer la crise du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) ou de fournir des liquidités pour que les Canadiens puissent garder leurs logements.

Stephen Harper était un politicien de conviction. Mais, dans certaines situations, il savait aussi se montrer pragmatique.

Quand il est arrivé à Ottawa, c’était un conservateur axé sur l’équilibre budgétaire. Avec raison, il croyait que les gouvernements devaient dépenser selon leurs moyens.

Pourtant, quand la crise financière a frappé, il n’a pas laissé des idéologies l’empêcher de faire le nécessaire et de gérer des déficits pendant cinq ans pour aider l’économie canadienne à traverser le pire ralentissement économique mondial depuis des générations.

Il n’a pas trahi ses principes. Il a plutôt exprimé un principe beaucoup plus profond : celui selon lequel l’objectif d’une saine gestion financière est de servir la population canadienne et non pas le contraire. M. Harper comprenait qu’il faut consolider nos forces quand les choses vont bien afin d’avoir les moyens d’agir dans les moments difficiles.

Si sa politique budgétaire était temporaire, adaptée à la situation et bien ciblée, la vision que M. Harper avait du Canada était vaste.

Originaire de Toronto, la vie l’a mené à Calgary, là où il est devenu un fervent défenseur de l’Ouest canadien.

La motion de Monsieur Harper adoptée par le Parlement et reconnaissant le peuple québécois comme une nation au sein d’un Canada uni, soulignait le caractère unique de l’histoire, de l’identité, de la langue commune et de la culture dynamique des Québécoises et des Québécois. 

Elle affirmait que l’unité du Canada n’exige pas l’uniformité, et que nous sommes plus forts lorsque nous reconnaissons, célébrons et protégeons notre identité.

Au-delà de ce moment déterminant, le premier ministre Harper était toujours conscient que la force du Canada réside dans la capacité à unir un pays qui s’étend d’un océan à l’autre.

Il a évoqué directement le sens de la contribution et de la responsabilité de l’Ouest canadien, décrivant la région comme un pilier essentiel du projet national plutôt que comme une région à gérer.

Il a déjà dit qu’en politique, il faut prendre des risques. Il a ajouté que l’unité et la réconciliation nationales sont plus importantes qu’un seul parti ou qu’une seule personne.

Je suis tout à fait d’accord avec cette vision.

Aujourd’hui, l’unité nationale n’est pas une notion abstraite : c’est ce qui permet au Canada de réaliser de grandes choses, de défendre sa souveraineté, de renforcer son économie et d’agir avec confiance dans un monde de plus en plus incertain.

Le premier ministre Harper était fier que des Canadiennes et Canadiens de toutes origines ethniques imaginables soient en train de bâtir la société la plus civilisée que le monde ait jamais connue.

Et le fait que notre diversité offre une lueur d’espoir au monde.

En tant que premier ministre, Stephen Harper a souligné que la citoyenneté canadienne est un immense privilège et a reconnu les valeurs et les responsabilités qui accompagnent ce privilège.

Il nous a rappelé que la liberté repose sur la volonté des citoyens de contribuer, de servir et parfois de se sacrifier. Que les privilèges liés à la citoyenneté canadienne ne sont pas seulement des cadeaux à recevoir et à apprécier, mais aussi des responsabilités à honorer et à protéger.

Ainsi, lorsque nos valeurs que sont la liberté, la démocratie et la souveraineté ont été menacées à l’étranger, il les a défendues.

Après l’invasion de la Crimée par Vladimir Poutine, le premier ministre Harper a lancé l’opération UNIFIER, et envoyé des centaines de membres des Forces armées canadiennes pour former des soldats ukrainiens. Cette opération se poursuit aujourd’hui et est devenue notre rôle central au sein de la Coalition des volontaires pour soutenir l’Ukraine dans cette guerre horrible et illégale, et pour parvenir à une paix juste et durable.

Le premier ministre Harper était un défenseur visionnaire de l’Arctique canadien. Il a investi dans les infrastructures arctiques, fait valoir nos revendications et rappelé au monde entier que le « vrai Nord » n’est pas seulement une mention dans notre hymne national, mais qu’il représente notre souveraineté, que nous défendrons toujours.

Depuis qu’il a quitté ses fonctions, M. Harper continue de contribuer à l’avenir du Canada, en écrivant, en enseignant et en renforçant le rôle du Canada en tant que phare, un exemple pour un monde en pleine tourmente.

Au cours de la dernière année, alors que notre pays était confronté à des attaques et à des pressions commerciales sans précédent, il a dénoncé ceux qui menacent notre souveraineté, et il a appelé avec détermination à bâtir un Canada plus fort – un Canada moins dépendant des États-Unis et plus résilient, qui s’appuie sur ses propres forces.

Il a également pris le temps de me conseiller, ce que j’ai grandement apprécié.

Le portrait du premier ministre Harper rend hommage à sa vie au service des autres, à son leadership et à son amour pour notre pays.

Il honore également sa volonté, comme celle de tous ceux qui l’ont précédé, de rendre notre pays encore plus exceptionnel.

Il est tout à fait approprié qu’un premier ministre qui nous rappelait régulièrement les leçons de notre histoire, par exemple, à l’occasion du bicentenaire de la guerre de 1812, rejoigne un panthéon historique.

Monsieur Harper, votre portrait prendra bientôt place aux côtés de ceux de Macdonald et Laurier, King et Diefenbaker, Trudeau et Mulroney. Les bâtisseurs de notre pays dans le passé, des exemples pour notre pays pour notre avenir.

Au nom de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens, je vous remercie de votre remarquable service au Canada et de l’héritage sur lequel nous sommes maintenant appelés à bâtir.

Merci.