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Bonsoir.

Merci, Greg et Tatiana, pour ces présentations.

Je suis heureux d’être des vôtres, aux côtés de mes collègues, dont Marjorie Michel, Arielle Kayabaga et d’autres membres du gouvernement.

Merci, Sandy Duperval, pour cette superbe interprétation de notre hymne national.

Je tiens tout particulièrement à souhaiter la bienvenue à madame Jean Augustine, qui en 1995 a été la première à se lever à la Chambre des communes pour reconnaître février comme le Mois de l’histoire des Noirs.

Cette année, nous en soulignons le 30e anniversaire.

Nous nous réunissons dans un endroit rappelant notre histoire commune, une histoire d’ombres et de lumière.

Les cicatrices qui parsèment l’histoire des Noirs au Canada ne sont pas des chapitres appartenant au passé d’autres pays. L’esclavage a bel et bien existé ici – en Nouvelle-France, dans les Maritimes, dans le foyer de gens puissants.   

Quand l’esclavage a pris fin, cela n’a pas été le cas pour la ségrégation. À une époque pas si lointaine, en Nouvelle-Écosse, en Ontario et ailleurs, les Canadiennes et les Canadiens noirs étaient privés de services et de logements et mis à l’écart à l’école et à l’église.

Le village d’Africville a été démoli. Des portes ont été refermées. Les privilèges associés à la citoyenneté ont disparu. 

Et pourtant, à contre-courant, les Canadiennes et les Canadiens noirs ont bâti et continuent de le faire. Les expositions de ce musée racontent cette histoire. Par exemple, celle du 2e Bataillon de construction, la première unité militaire entièrement composée de Noirs qui a été au service du Canada lors de la Première Guerre mondiale. 

Ou l’histoire de Kay Livingstone, celle qui est derrière la création du premier Congrès national des femmes noires du Canada en 1973, une tribune nationale permettant de faire avancer les causes des femmes noires. 

De Carrie Best, une journaliste qui a cofondé, en 1946, l’un des premiers journaux de la Nouvelle-Écosse appartenant à des Noirs, dans le but d’offrir une plateforme qui amplifiait les voix marginalisées, et qui a milité contre la discrimination raciale.

Les Canadiennes et les Canadiens noirs ont contribué à tous les chapitres de l’histoire du Canada. Ils ont occupé les fonctions de maire, de député, de sénateur, de ministre et de gouverneur général.

Ces plafonds de verre n’ont pas été brisés par hasard ou par charité. Mais bien parce que des leaders de notre histoire souhaitaient ardemment que leur démocratie reflète le pays qu’ils servaient.

Le Canada est sous son meilleur jour quand ses représentants sont le reflet de sa population.

Non pas comme un symbole, mais comme une véritable force.

Non pas comme une exception, mais comme un élément essentiel.

C’est notre responsabilité en tant que gouvernement et notre opportunité en tant que Canadiens.

La Confédération émane d’un choix fondateur : le compromis au lieu de l’assimilation, le partenariat au lieu de la domination, bâtir ensemble au lieu de favoriser la division.

Cette fondation était imparfaite. Elle excluait trop de gens. Elle reposait en partie sur la dépossession des peuples autochtones et sur la violation des traités conclus avec eux.

Mais cette fondation reposait sur l’idée fondamentale selon laquelle l’unité ne passe pas nécessairement par l’uniformité. 

Que nous pouvons partager un pays sans nous conformer à une identité unique. 

Que nos différences, constatées avec lucidité et respectées, sont une source de force. 

Ce choix résonne à travers notre histoire.

Il résonne dans les choix faits par les nouveaux arrivants venus des quatre coins du monde pour s’établir au Canada.

Il résonne dans les choix faits par chaque génération déterminée à continuer de bâtir, non pas sur le sang ou la terre, mais sur quelque chose de plus exigeant et de plus durable. On parle ici d’un engagement commun à vivre ensemble, à accepter les différences et à rechercher le bien commun.

Et grâce à chacun de ces choix, le Canada est devenu plus riche, plus inclusif et plus équitable.

L’une des grandes forces du Canada, c’est que c’est un pays extraordinaire pour les gens ordinaires. Nous n’avons pas à avoir la peau d’une certaine couleur ou à prier un dieu en particulier. 

Nous recherchons l’unité – mais pas l’uniformité. Notre diversité n’est pas un problème à résoudre. C’est une force à célébrer.

Les Canadiennes et les Canadiens reconnaissent la valeur des uns dans les autres et leur potentiel infini de faire de ce beau et grand pays un endroit encore meilleur.

Nos ancêtres, malgré leurs différences, croyaient eux aussi les uns dans les autres, et en nous.

L’histoire est ponctuée de longues périodes où ces valeurs pouvaient briller sans être remises en question. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Il faut se battre pour nos valeurs. C’est ce que nous faisons, et les Canadiens sont prêts à le faire aussi.

Au cœur de la promesse canadienne se trouve l’équité, l’idée selon laquelle les gens qui travaillent fort ont la chance de réussir. Le nouveau gouvernement du Canada est à l’œuvre pour respecter cette promesse, afin de bâtir un pays qui donne aux Canadiennes et aux Canadiens noirs plus de possibilités, plus de sécurité et plus de prospérité.

Malgré le talent et l’ambition des communautés noires, les Canadiennes et les Canadiens noirs sont sous-représentés parmi les chefs d’entreprise. 

C’est pourquoi le nouveau gouvernement du Canada a renouvelé le Programme pour l’entrepreneuriat des communautés noires et offre ainsi de nouvelles occasions économiques. En fait, ce sont près de 190 millions de dollars qui serviront à offrir un accès constant à des capitaux, à des ressources et à du mentorat. Les entreprises appartenant à des Noirs pourront donc démarrer, prendre de l’ampleur et créer de nouvelles carrières qui s’accompagnent de bons salaires.

Ce programme a déjà permis d’aider 24 000 entrepreneurs noirs à accéder à du mentorat, à de la formation et à des fonds pour assurer la croissance de leur entreprise.

En plus de favoriser l’inclusion économique, nous renforçons les communautés en éliminant les obstacles aux soins de santé.

En octobre, nous avons versé près de 3 millions de dollars à des initiatives communautaires dirigées par des personnes noires qui soutiennent la santé mentale et le bien-être des Canadiennes et Canadiens noirs.

Nous sommes réunis ce soir pour souligner que nous avons réalisé des progrès, et non pas pour crier victoire.

Des inégalités persistent. Aujourd’hui, près d’un Canadien noir sur trois souffre d’insécurité alimentaire. 

C’est pourquoi le Budget 2025 protège des programmes essentiels : garderies, soins dentaires, assurance-médicaments et le Programme national d’alimentation scolaire.

Et c’est pourquoi nous avons lancé la semaine dernière l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, qui injecte des centaines de dollars de plus dans le portefeuille de plus de 12 millions de Canadiennes et de Canadiens.

Parce que notre économie est plus forte quand elle soutient tout le monde et donne les moyens à l’ensemble de la population de réussir.

Viola Desmond. Lincoln Alexander. Rosemary Brown. Kay Livingstone. Carrie Best. Le 2e Bataillon de construction.

Bien que leurs histoires diffèrent, elles ont toutes un point commun.

Ces personnes se sont toutes battues pour bâtir un Canada meilleur, sans aucune raison de croire qu’elles seraient récompensées de leur vivant. En effet, la plupart ne l’ont jamais été.

Le Mois de l’histoire des Noirs est une façon de corriger cette injustice et d’accorder à ces Canadiennes et Canadiens la reconnaissance qu’ils méritent, car ils ont contribué à écrire l’histoire de notre nation.

L’histoire des Canadiennes et des Canadiens noirs est une histoire d’injustice qui se heurte à la résilience. D’exclusion combattue par l’excellence. De progrès constants, acquis par la persévérance et poursuivis en ouvrant des portes pour que tant d’autres y donnent suite. 

Une histoire peut-être mieux exprimée dans les mots de Kay Livingstone : « En avant, toujours plus haut, ensemble nous progressons. »

Merci de m’accueillir dans cette mission, que nous menons ensemble.