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Quel plaisir d’être de retour à Montréal, chez CAE, un chef de file canadien en défense qui fabrique ce dont le Canada a besoin.

Depuis des générations, les travailleurs qualifiés du Québec soutiennent les industries qui assurent la sécurité et la prospérité du Canada.

Les Québécoises et les Québécois savent ce que signifie construire des choses qui comptent.

Le travail que vous faites ici soutient nos familles. Il renforce nos communautés. Il défend notre pays.

Nous sommes ici, aujourd’hui, pour renforcer cette tradition.

Le nouveau gouvernement du Canada a été élu avec un mandat clair : bâtir un Canada plus fort, plus résilient et plus indépendant. Nous poursuivons cet objectif sur tous les fronts, qu’il s’agisse de bâtir des logements abordables à un rythme jamais vu depuis des générations, de créer une seule économie canadienne, de réaliser le plein potentiel de notre pays en tant que superpuissance énergétique ou de conclure de nouveaux accords avec des partenaires fiables à l’international.

Aucun de ces objectifs ne sera facile à atteindre. Tous exigeront de l’ambition, de la collaboration et, dans certains cas, des sacrifices.

Mais les Canadiennes et les Canadiens sont prêts à relever ce défi. Nous savons que le monde a changé et que le Canada doit s’adapter.

Les présomptions qui ont défini des décennies de politiques canadiennes en matière de défense et d’affaires étrangères ont été chamboulées.

Les menaces auxquelles nous faisons face sont nombreuses et se multiplient – des incursions dans notre Arctique aux attaques visant notre cyberespace. La nature de la guerre, elle-même, est en rapide changement, poussée par la prolifération de drones, de systèmes autonomes et d’armes en orbite.

Les théâtres de potentiels conflits se sont rapprochés de nos frontières.

Dans un monde plus divisé et dangereux, le leadership canadien se définira non seulement par la force de nos valeurs, mais aussi par la valeur de notre force.

Cette force doit être ciblée, renforcée et, surtout, canadienne.

C’est pourquoi, immédiatement après les élections, le gouvernement du Canada s’est lancé dans une mission ambitieuse visant à réinvestir dans nos Forces armées pour les reconstruire et les réarmer.

Nous sommes désormais en voie d’atteindre notre objectif de 2 % fixé par l’OTAN d’ici le printemps, soit dix ans avant la date prévue initialement. Le recrutement dans les Forces armées canadiennes a augmenté de près de 13 % depuis juin. Nous avons conclu une série de nouveaux partenariats en matière de défense et de sécurité avec des alliés qui partagent nos intérêts, nos valeurs et notre histoire, notamment l’accord historique sur l’instrument SAFE que le ministre de la Défense nationale, David J. McGuinty, a signé avec l’Union européenne la semaine dernière.

Par-dessus tout, nous sommes déterminés à doubler nos investissements dans la défense d’ici la fin de la décennie. Cela représente 80 milliards de dollars supplémentaires au cours des cinq prochaines années. De plus, dans le cadre de nos engagements envers l’OTAN, nous investirons 45 milliards de dollars supplémentaires par année pour la résilience nationale, ce qui nous permettra d’obtenir des avantages économiques et en matière de sécurité.

Au cours de la prochaine décennie, le Canada investira 180 milliards de dollars directement dans l’approvisionnement de la défense, 290 milliards de dollars dans les infrastructures liées à la défense, et générera plus de 125 milliards de dollars supplémentaires en retombées économiques en aval.

L’ampleur de ces engagements témoigne de la gravité des nouvelles menaces auxquelles nous sommes confrontés. Ils créent également d’énormes possibilités économiques.

L’industrie canadienne de la défense emploie déjà plus de 80 000 Canadiens directement, et beaucoup plus indirectement.

Il est impératif de maximiser le rendement de ces investissements de plus de 500 milliards de dollars pour renforcer notre sécurité, accroître nos emplois et notre prospérité, et protéger notre souveraineté.

Défendre le Canada ne se limite pas à la taille de notre armée. Il s’agit également de la force de nos industries, de la résilience de notre économie et de notre capacité à agir de manière indépendante lorsque cela compte le plus.

Notre sécurité nationale et notre sécurité économique vont de pair.

Dans cette optique, nous annonçons la toute première Stratégie industrielle de défense du Canada. Il s’agit d’un plan audacieux visant à fournir à nos Forces armées ce dont elles ont besoin quand elles en ont besoin, à faire croître les entreprises canadiennes du secteur de la défense, à investir des centaines de milliards de dollars dans les secteurs stratégiques de notre économie et à créer plus de 125 000 emplois bien rémunérés partout au Canada.

Le cadre de la Stratégie est simple : bâtir, établir des partenariats et acheter.

D’abord, nous bâtirons au Canada et donnerons la priorité aux entreprises canadiennes. Conformément à notre politique, les achats militaires dans les domaines où nous possédons des capacités souveraines seront d’abord attribués à des entreprises canadiennes.

Dans les situations où il n’est pas possible de bâtir, nous établirons des partenariats avec des alliés partageant les mêmes idées, ce qui contribuera à attirer les investissements, à transférer la propriété intellectuelle et à intégrer les chaînes d’approvisionnement afin que les fonds publics reviennent au Canada et que des emplois soient créés ici, chez nous.

Ce n’est qu’après avoir épuisé ces options que nous achèterons à l’étranger. Malgré tout, nous garantirons que le Canada tire le maximum d’avantages tout au long de la chaîne de valeur, notamment grâce à un régime modernisé de retombées industrielles et technologiques.

La pièce maîtresse de notre nouvelle approche est la nouvelle Agence de l’investissement pour la défense (AID). L’AID rationalisera et accélérera les achats, réduira les formalités administratives et augmentera la production nationale.

La Stratégie industrielle de défense comporte trois objectifs fondamentaux :

  • Protéger la souveraineté du Canada, en particulier dans l’Arctique, en veillant à ce que nos femmes et nos hommes en uniforme disposent des outils nécessaires pour défendre le Canada.
  • Bâtir notre prospérité.
  • Renforcer l’autonomie stratégique du Canada en augmentant notre capacité d’agir de manière indépendante dans un monde de plus en plus dangereux.

Nous allons tout d’abord défendre la population canadienne.

La vérité est qu’au cours des dernières décennies, le Canada n’a pas dépensé suffisamment dans la défense ni investi suffisamment dans nos industries de défense.

De plus, nous avons trop compté sur notre situation géographique et sur d’autres pays pour nous protéger.

Cela a créé des vulnérabilités que nous ne pouvons plus nous permettre et des dépendances qui ne sont plus viables.

Les processus d’approvisionnement du gouvernement sont trop lents, trop fragmentés et trop réactifs. Pour de nombreuses entreprises canadiennes, il est plus facile de vendre à des gouvernements étrangers qu’au nôtre. Le processus actuel renforce notre dépendance aux fournisseurs étrangers et affaiblit les entreprises que nous devrions plutôt rendre plus fortes.

Nous avons pris de nouveaux engagements importants en matière de défense. Nous devons faire de même en ce qui concerne nos dépenses.

Nos Forces armées seront soutenues par une base industrielle de défense canadienne résiliente. Chaque dollar sera dépensé de manière à favoriser au maximum les emplois, les carrières et les industries ici même au Canada.

La Stratégie industrielle de défense se concentrera dans un premier temps sur les capacités souveraines qui sont essentielles à notre capacité de défendre le Canada, soit les domaines dans lesquels nous sommes déjà forts ou avons le potentiel de jouer un rôle de premier plan.

Par exemple, le Québec et le Canada possèdent des atouts reconnus dans les domaines des aéronefs, des moteurs d’avion et des pièces. Nous possédons des capacités avancées en matière d’entretien, de réparation et de soutien en service. Grâce à CAE, nous sommes un chef de file mondial dans le domaine de la formation et de la simulation. Vous êtes un chef de file mondial dans ce domaine.

Nous avons d’autres atouts partout au Canada. Nous produisons des véhicules de combat, des munitions et des navires militaires de classe mondiale.

Par ailleurs, le Canada développe son leadership dans des domaines qui deviendront de plus en plus essentiels à la défense, notamment l’espace, l’IA, la cybersécurité, la technologie quantique, les contre-mesures médicales, la robotique et les drones.

Le renforcement de nos capacités souveraines, et les emplois de qualité qui en découlent, nécessitera divers outils, dont notre volonté d’acheter canadien dans la mesure du possible.

Notre stratégie repose sur cinq piliers :

  • Premièrement, nous allons renouveler nos relations avec l’industrie, notamment grâce à des signaux clairs concernant la demande à long terme.
  • Deuxièmement, nous allons rendre l’approvisionnement stratégique et plus efficace grâce à la méthode consistant à bâtir, à établir des partenariats ou à acheter.
  • Troisièmement, nous allons investir dans l’innovation et le développement de la main-d’œuvre.
  • Quatrièmement, nous allons sécuriser les chaînes d’approvisionnement.
  • Et enfin, nous allons collaborer avec des partenaires nationaux, notamment dans le Nord canadien.

Les détails figurent dans le document stratégique que nous publions aujourd’hui, mais permettez-moi de souligner un aspect particulièrement important pour notre compétitivité à long terme. Cet aspect concerne directement les activités de CAE.

Cette entreprise est consciente du fait que notre secteur de la défense est un secteur intensif en recherche, soit plus de trois fois plus intensif en recherche et développement que l’ensemble du secteur manufacturier canadien. L’histoire montre que les dépenses en matière de défense sont un catalyseur d’innovation bien au-delà du secteur lui-même. L’informatique, la technologie GPS et même les puissants objectifs des appareils photo de nos téléphones, tous sont issus d’investissements dans la défense.

Nous augmenterons de 85 % les investissements publics dans la recherche et le développement liés à la défense afin de contribuer au développement de la prochaine génération de capacités dans les domaines de l’IA, de l’informatique quantique, de la robotique et des systèmes autonomes.

Pour y arriver, nous allons notamment créer un Bureau de recherche, d’ingénierie et de leadership avancés en matière d’innovation et de science (BOREALIS), qui sera chargé de coordonner et d’accélérer la recherche et l’innovation en matière de défense dans les technologies de pointe telles que la technologie quantique et l’IA.

Nos principaux objectifs consistent à augmenter les revenus du secteur canadien de la défense de plus de 220 % et nos exportations dans ce domaine de 50 % et à créer 125 000 nouveaux emplois directement liés au secteur de la défense.

Et la Stratégie vise, pour les petites et moyennes entreprises, une augmentation annuelle des revenus tirés de la défense de 2,8 milliards de dollars, pour atteindre 4,5 milliards de dollars.

Ces avantages directs auront des répercussions positives sur l’ensemble de notre économie. Chaque emploi créé signifie une Canadienne ou un Canadien de plus qui bénéficiera d’une plus grande sécurité. Une famille qui se sentira moins inquiète pour l’avenir. Une économie locale qui pourra subvenir à ses besoins et offrir des possibilités à la prochaine génération.

En fin de compte, cette stratégie vise à protéger la souveraineté du Canada dans son sens le plus large : notre capacité d’agir de manière autonome dans un monde plus dangereux et plus divisé.

Soyons clairs : l’autonomie stratégique, ce n’est pas l’isolement. C’est être assez fort pour être un partenaire de choix, et non un partenaire dépendant. C’est construire une infrastructure industrielle de défense nationale pour ne jamais être à la merci des décisions des autres quand il s’agit de notre propre sécurité. Et c’est diversifier nos partenariats pour être résilient face à tout point de défaillance unique.

C’est pourquoi le cadre visant à bâtir, à établir des partenariats et à acheter, qui est au cœur de cette stratégie, est si important. Lorsque nous bâtissons chez nous, nous renforçons les capacités souveraines dans les domaines de l’aérospatiale, des munitions, des systèmes numériques, de la construction navale et de l’espace, des capacités qui permettent au Canada de se défendre dans toutes les situations.

Lorsque nous nous associons à des alliés de confiance en Europe, au Royaume-Uni et dans la région indo-pacifique, nous avons accès à des capacités et à des technologies qui nous rendent tous plus forts. En diversifiant ces partenariats, nous réduisons notre exposition à une alliance unique ou à une décision unique que nous ne contrôlons pas.

La défense dépend de chaînes d’approvisionnement complexes, allant des minéraux critiques aux composants spécialisés. Pour cette raison, nous lançons le Programme de résilience de l’industrie canadienne de la défense afin de sécuriser les principales chaînes d’approvisionnement pour les Forces armées.

Nous augmenterons la production, la transformation et le stockage des minéraux critiques pour la défense. Et nous coordonnerons notre action avec nos alliés dans le cadre de l’Alliance du G7 sur la production de minéraux critiques et des efforts de stockage de l’OTAN, car l’autonomie stratégique se renforce grâce à des partenariats judicieux.

Un pays souverain peut se défendre et dispose d’industries locales qui soutiennent sa défense et sa qualité de vie.

Un pays libre peut agir de manière autonome, en faisant ce qui est le mieux pour son peuple, en faisant passer ses intérêts, ses emplois et ses aspirations avant tout le reste.

C’est le Canada que nous bâtissons.

En conclusion, le nouveau gouvernement du Canada est arrivé au pouvoir avec un mandat clair : bâtir un pays plus fort, plus résilient et plus indépendant. La Stratégie industrielle de défense présentée aujourd’hui est au cœur de cette mission.

Avec cette stratégie, nous renforcerons la sécurité du Canada en veillant à ce que les femmes et les hommes en uniforme disposent des outils nécessaires pour défendre notre pays.

Nous bâtirons la prospérité du Canada en créant des emplois bien rémunérés, en stimulant la recherche et le développement, en favorisant la croissance d’entreprises canadiennes de calibre mondial et en veillant à ce que les communautés partout au pays profitent des retombées des investissements dans la défense.

En ce siècle, défendre le Canada, c’est bâtir le Canada.

La sécurité et la prospérité ne sont pas des priorités concurrentes.

Elles renforcent mutuellement les fondements de l’authentique Nord, fort et libre.

Elles sont les fondements d’un Canada fort.

Merci.