Votre Excellence la très honorable Louise Arbour, la très honorable Mary Simon et Monsieur Whit Fraser, le très honorable Richard Wagner, juge en chef du Canada,
anciens gouverneurs généraux, anciens premiers ministres, dirigeants autochtones et distingués invités.
Comme nous l’a rappelé l’aînée Verna McGregor, cet endroit est riche en histoire.
Ce sont les terres ancestrales de la Nation algonquine Anishinabeg depuis toujours.
C’est l’entrée du canal Rideau, qui a transformé le commerce au cours du 19e siècle.
C’est l’endroit où des soldats canadiens se sont engagés sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, notamment à la crête de Vimy, où selon plusieurs le Canada est devenu une nation indépendante.
C’était l’emplacement de la station de train où sir Winston Churchill est arrivé pour rallier le soutien des Alliés quand l’issue de la Seconde Guerre mondiale était incertaine.
C’est l’édifice où les premiers ministres du Canada se sont réunis pour négocier le rapatriement de la Constitution, l’établissement de notre Charte des droits et libertés et l’enchâssement des droits des peuples autochtones dans cette charte.
Des chapitres importants de l’histoire du Canada se sont écrits ici. Des moments marqués par le sacrifice et le leadership. Des moments qui ont contribué à bâtir notre nation.
Aujourd’hui, en tant que siège du Sénat du Canada, cet édifice est le lieu où sont débattues, peaufinées et examinées avec soin les décisions qui façonneront les prochains chapitres de l’histoire de notre pays.
Tout au long de l’histoire canadienne, dès que le destin du monde était menacé, le Canada se montrait présent et s’affichait comme le pays souverain, ambitieux et bienveillant qu’il est.
Nous nous retrouvons encore aujourd’hui dans l’un de ces moments cruciaux de l’histoire.
C’est pourquoi, il y a un an, Sa Majesté le roi Charles III est venu ouvrir la session parlementaire.
C’est pourquoi le respect de nos institutions est essentiel.
Et c’est pourquoi nous sommes tous appelés à comprendre la perspective de chacun et à favoriser le bien commun.
À compter d’aujourd’hui, Sa Majesté aura une nouvelle représentante au Canada.
Le Canada, quant à lui, aura une nouvelle commandante en chef et une nouvelle gardienne de l’ordre constitutionnel.
Aujourd’hui, la très honorable Louise Arbour devient la 31e gouverneure générale du Canada.
La Couronne est le fil conducteur de notre vie constitutionnelle. Comme Sa Majesté l’a affirmé elle-même dans cette enceinte : « elle symbolise fièrement le Canada aujourd’hui, dans toute sa richesse et son dynamisme ».
Le gouverneur général est le gardien de notre ordre constitutionnel, un symbole d’unité et, surtout, le garant de notre engagement à l’égard de la paix, de l’ordre et de la bonne gouvernance.
Les Canadiennes et les Canadiens confient au gouverneur général la mission de défendre nos institutions.
De défendre nos valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de durabilité.
De représenter notre volonté de bâtir un pays plus fort et plus juste pour tous.
Ces responsabilités exigent un jugement sûr, des connaissances approfondies et un dévouement sans faille envers la primauté du droit.
Ce sont précisément ces principes qui ont guidé la brillante carrière de notre nouvelle gouverneure générale, Son Excellence la très honorable Louise Arbour.
Son Excellence a occupé les plus hautes fonctions au sein du système judiciaire canadien, y compris à la Cour suprême du Canada.
Pourtant, son héritage ne se limite pas au travail qu’elle a accompli au sein de la magistrature.
Certaines de ses réalisations les plus marquantes en tant que juriste se sont déroulées en dehors des salles d’audience du Canada.
En tant que haute-commissaire, elle a exhorté le système des droits de la personne des Nations Unies à se montrer digne des personnes qu’il prétendait servir.
Elle a donné une voix à ceux dont la dignité était bafouée, là où les personnes au pouvoir préféraient le silence.
À chaque étape de sa carrière distinguée, Son Excellence Louise Arbour a défendu et prôné la justice, la dignité et l’égalité.
À La Haye, où son travail lui a fait demander des comptes aux plus puissants.
Aux Nations Unies, où elle a défendu les plus vulnérables.
Au Canada, où dans le milieu universitaire, les plus hauts tribunaux et la fonction publique, elle a défendu la justice pour tous.
Depuis plus de 50 ans, dans toutes les fonctions qu’elle a occupées, la très honorable Louise Arbour a toujours été animée par la même conviction.
La conviction que, pour qu’une société soit libre, les institutions de cette dernière doivent être tenues de rendre des comptes.
Que ce sont les lois qui font le rempart entre les plus puissants et les plus démunis.
Que la dignité de chaque être humain ne doit pas dépendre de facteurs aléatoires tels que la situation géographique, la citoyenneté ou des considérations de commodité.
Et que le rôle du Canada dans ce monde est de mettre ces principes en pratique et d’aider les autres pays à faire de même.
Le gouverneur général est le gardien des valeurs que nous chérissons, de la démocratie que nous faisons rayonner ainsi que de la Constitution qui protège nos libertés et des institutions qui en font la promotion.
Dans ces fonctions, Son Excellence incarnera ce que le Canada a de meilleur à offrir aux Canadiennes et Canadiens et au reste du monde.
Un Canada qui est un bastion de justice, de sécurité et de prospérité pour tous.
Un Canada qui est un phare pour un monde à la dérive.
Un Canada qui est lucide quant aux défis auxquels nous sommes confrontés et qui reste fidèle aux valeurs que nous défendons.
Un Canada qui n’est pas seulement fort, mais également bon.
Un Canada qui n’est pas seulement prospère, mais aussi équitable.
Votre Excellence, au nom du gouvernement du Canada et de l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens : merci d’avoir accepté d’assumer cette nouvelle fonction – pour le bien du Canada.
Et maintenant, j’ai le plaisir d’accueillir la 31e gouverneure générale du Canada, la très honorable Louise Arbour.