Bonjour. Merci, Monsieur le Ministre McGuinty.
Avant de commencer, je tiens à prendre un moment pour rendre hommage aux milliers de Canadiennes et de Canadiens dont la vie est bouleversée par les feux de forêt qui ravagent le pays, et en particulier par les inondations au Manitoba.
Au nom de l’ensemble de la population canadienne, je tiens à remercier les courageux pompiers, les premiers répondants ainsi que les dirigeants autochtones et locaux qui travaillent sans relâche pour assurer la sécurité de tous.
En présence du ministre et de membres des Forces armées canadiennes (FAC), je tiens à saluer leur contribution. L’Aviation royale canadienne (ARC) met à disposition des avions de recherche et de sauvetage, et le Centre interservices des feux de forêt du Canada fournit quant à lui des hélicoptères.
Nous collaborons étroitement avec nos homologues provinciaux et municipaux. Nous apporterons toute l’aide supplémentaire nécessaire, car les Canadiennes et les Canadiens veillent toujours les uns sur les autres.
Nous sommes aujourd’hui à London, en Ontario, au siège social de General Dynamics Land Systems–Canada (GDLS-Canada). Heather, merci pour cette visite guidée, et merci à toute l’équipe de GDLS-Canada de nous accueillir.
Plus de 1 700 Canadiennes et Canadiens travaillent dans cette usine, où ils conçoivent et construisent les véhicules blindés utilisés partout dans le monde par les Forces armées canadiennes et nos alliés.
J’aimerais commencer par ceci, c’est-à-dire les personnes qui comptent sur ce qui est fabriqué ici.
Au cours de la dernière année, le Canada a renforcé sa capacité à assurer la défense de ses frontières, à protéger l’Amérique du Nord et à soutenir ses alliés.
Les Forces armées canadiennes sont déployées le long d’un vaste territoire qui s’étend en forme de croissant, depuis l’Arctique canadien, en passant par le Grand Nord européen, puis en descendant vers la mer Baltique, jusqu’en Lettonie.
Dans l’Arctique canadien, nous assurons désormais une présence terrestre, maritime, aérienne et spatiale, et ce, 365 jours par année. Nos Forces collaborent avec des partenaires nordiques dans le cadre de l’OTAN afin d’assurer la défense collective dans le Grand Nord, notamment lors d’exercices comme Cold Response. La semaine dernière, en Lettonie, nous avons renforcé et accru notre rôle de chef de file dans la protection du flanc oriental de l’OTAN, directement en première ligne face à la Russie, dans le cadre de l’opération REASSURANCE.
La présence, le dévouement et le sacrifice des femmes et des hommes de nos Forces armées doivent s’accompagner de capacités de premier plan.
Car le monde a changé.
Les régimes autoritaires s’affirment de plus en plus.
Nous faisons face à des menaces grandissantes, que l’on pense aux incursions dans l’Arctique canadien ou aux cyberattaques.
Ajoutons à ça que la nature de la guerre change rapidement à cause de la prolifération des drones, des systèmes autonomes et des missiles hypersoniques.
Dans un monde devenu plus dangereux et divisé, le leadership canadien se définira non seulement par la force de nos valeurs, mais aussi par la valeur de notre force. Cette force doit être modernisée, renforcée et conçue pour durer.
C’est pourquoi nous avons annoncé, la semaine dernière à Halifax, que nous allions acquérir un nombre maximal de 12 sous-marins de la société allemande Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) – le plus grand projet d’approvisionnement de l’histoire canadienne.
C’est aussi pourquoi nous avons pris la décision d’acheter des avions de patrouille P-8 Poseidon; de déployer les premiers de 15 destroyers de la classe Fleuves et rivières; de passer un marché pour le radar transhorizon dans l’Arctique; d’acquérir de nouvelles capacités de frappe de précision à longue portée; d’établir une constellation pour télécommunications par satellites en orbite terrestre basse sûre et souveraine.
Et c’est pourquoi nous faisons l’annonce d’aujourd’hui.
L’armée canadienne a besoin de nouveaux véhicules, parce qu’elle est de plus en plus présente au pays et à l’étranger. Des véhicules qui sont :
Conçus pour durer – avec des capacités de prochaine génération qui viennent renforcer notre flotte vieillissante.
Conçus pour protéger – avec un blindage de pointe pour protéger nos soldats au combat.
Conçus pour l’avenir – avec des technologies pouvant répondre aux contraintes de la guerre moderne.
Les Forces armées canadiennes ont besoin d’une nouvelle flotte de véhicules à l’appui de leurs opérations, pas seulement aujourd’hui, mais pour des décennies. À cette fin, le ministre McGuinty et moi sommes fiers d’annoncer le lancement d’un nouveau partenariat stratégique avec General Dynamics Land Systems–Canada. Dans le cadre de ce partenariat, notre gouvernement investira près de 2 milliards de dollars sur quatre ans dans la fabrication et la livraison de 190 véhicules blindés de soutien au combat (VBSC), ce qui fera passer notre parc à 550 véhicules.
Ces véhicules assureront la protection, la mobilité et la disponibilité opérationnelle des soldats dans les environnements les plus difficiles. Pendant des décennies, GDLS-Canada a fabriqué des véhicules qui ont servi aux Forces armées canadiennes sur des bases militaires de partout au pays ainsi qu’en Afghanistan et en Lettonie. Et, comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, ils ont fourni 35 autres véhicules à l’Ukraine pour l’aider à se défendre contre la Russie.
Cette nouvelle flotte perpétue cette tradition : elle sera au service des Canadiennes et des Canadiens en uniforme sur les bases de partout au pays.
Chaque véhicule sera conçu ici même, dans l’usine de GDLS-Canada située à London, en Ontario.
Notre nouveau partenariat stratégique avec GDLS-Canada permettra de créer ou de préserver plus de 6 000 emplois bien rémunérés partout au Canada chaque année au cours des huit prochaines années.
Parce que derrière chaque véhicule se trouve toute une chaîne d’approvisionnement mettant en valeur l’ingéniosité, la compétence et le savoir-faire canadiens.
Les techniciens de Ryan Manufacturing à Richmond, en Ontario, fabriquent les assemblages de faisceaux de fils et de câbles de grade militaire qui alimenteront ces véhicules et assureront leur connexion.
Les métallurgistes d’InterPro à Regina, en Saskatchewan, produisent les coques blindées qui aident à protéger nos militaires.
Les ingénieurs de Thales Canada à Saint-Laurent, au Québec, conçoivent les systèmes d’imagerie thermique permettant à nos soldats de travailler dans les conditions les plus difficiles.
Et les électriciens d’IMP Aerospace & Defence à Enfield, en Nouvelle-Écosse, fabriquent les composants spécialisés qui assurent la disponibilité opérationnelle de ces véhicules. Et bien d’autres.
Toutes ces pièces – conçues et fabriquées avec doigté par des Canadiennes et des Canadiens de la Colombie-Britannique à la Nouvelle-Écosse – arrivent ici, dans l’usine de London, où des travailleurs spécialisés les transforment en véhicules blindés de soutien au combat.
C’est la principale force de GDLS-Canada, parce que l’entreprise est présente dans toute la chaîne d’approvisionnement. En fait, elle soutient déjà plus de 10 000 emplois partout au pays – bien au-delà des 6 000 qui devraient être créés grâce à ce partenariat. Félicitations.
Alors, mon message aux travailleurs qui sont ici est le suivant : les femmes et les hommes des Forces armées canadiennes et nos alliés comptent sur vous. De même que des travailleurs et des familles de partout au pays. Vous devriez être très fiers de ce que vous accomplissez.
Dans un monde plus dangereux et plus divisé, le Canada doit redoubler d’efforts pour assurer sa défense, préserver sa souveraineté et soutenir ses alliés.
Et il doit le faire en investissant dans les travailleurs canadiens, l’acier canadien et le secteur canadien de la fabrication.
C’est comme ça que nous allons bâtir une économie canadienne plus forte, plus indépendante et plus résiliente.
L’annonce d’aujourd’hui est un exemple de notre Stratégie industrielle de défense en action. Notre plan audacieux pour doter nos Forces armées de ce dont elles ont besoin, quand elles en ont besoin; faire croître les entreprises canadiennes de défense; et mettre des centaines de milliards de dollars au service des secteurs stratégiques de notre économie.
Son cadre est simple : bâtir, travailler en partenariat, acheter.
Nous voulons d’abord et avant tout bâtir au Canada et nous approvisionner auprès d’entreprises canadiennes qui possèdent des capacités souveraines – et c’est ce que nous faisons aujourd’hui avec GDLS-Canada.
Il y aura beaucoup de situations où nous n’aurons pas toutes ces capacités ici au Canada; c’est pourquoi nous cherchons à établir des partenariats avec des alliés de confiance. C’est ce que nous avons fait en mai, quand nous avons entamé des négociations afin d’acquérir l’avion de surveillance GlobalEye de Saab, un système d’alerte précoce et de contrôle destiné à détecter et à dissuader les menaces dans l’Arctique canadien et au-delà. Le contrat prévoit la garantie de 3 000 emplois au Canada et l’engagement de fabriquer au Canada un tiers de la flotte prévue, soit la flotte mondiale. Cette flotte a déjà pris de l’ampleur avec l’annonce par l’OTAN que l’Alliance utilisera le GlobalEye comme avion de prédilection.
Si bâtir ou établir des partenariats n’est pas possible, le Canada achètera du matériel auprès de ses alliés, en posant des conditions claires qui favorisent le réinvestissement dans la base industrielle de défense canadienne. C’est la stratégie qui a été adoptée pour l’acquisition des sous-marins. L’une des conditions de ce contrat stipule que 100 % de la valeur de notre investissement doit être réinvesti ici, au Canada. Étant donné sa conception, cette stratégie aura, de loin, les retombées économiques les plus importantes à l’échelle du pays.
Notre nouveau Cadre de partenariat stratégique constitue un autre moyen de renforcer l’industrie canadienne de la défense; il nous aidera à consolider la base industrielle de défense du Canada grâce à des partenariats à long terme avec l’industrie canadienne.
Grâce à ce cadre, les entreprises canadiennes peuvent collaborer plus étroitement avec le gouvernement dans le but de renforcer les capacités souveraines – véhicules blindés, drones et brise-glaces – dont nos Forces armées ont besoin.
Les entreprises sélectionnées en tant que partenaires stratégiques s’engagent à investir dans la recherche et le développement au Canada, à étendre les chaînes d’approvisionnement nationales, comme celles de GDLS-Canada, et à embaucher de la main-d’œuvre canadienne et, dans la mesure du possible, de la main-d’œuvre syndiquée, par exemple au sein d’UNIFOR.
En contrepartie, le gouvernement fédéral jouera le rôle de client de référence, en accélérant les procédures d’approbation et en ouvrant la voie à de nouveaux marchés d’exportation.
L’engagement est simple : lorsque les entreprises canadiennes bâtissent dans l’intérêt du Canada, le Canada les accompagnera.
Nous avons lancé ce cadre à CANSEC il y a moins de deux mois. Et aujourd’hui, nous annonçons que GDLS-Canada sera notre premier partenaire stratégique. C’est le genre de mesure rapide et décisive à laquelle s’attendent les Canadiennes et les Canadiens et que la situation actuelle exige.
Il y a près de 50 ans, ici même à London, GDLS-Canada a commencé à fabriquer les véhicules qui ont fait la force du Canada à travers le monde. Des véhicules qui ont transformé l’acier et l’ingéniosité canadiens en sécurité canadienne.
Aujourd’hui, nous renouvelons cette force. Et nous veillons à ce qu’elle soit bâtie au Canada, par des Canadiennes et des Canadiens.
Nous allons réinvestir pour rebâtir et réarmer les Forces armées canadiennes.
Nous accordons aux membres de nos Forces armées la plus importante augmentation salariale depuis une génération, car leur rémunération doit être à la hauteur de leurs responsabilités.
Nous avons atteint l’objectif de 2 % fixé par l’OTAN en matière de dépenses militaires pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin. Et cet objectif ne constitue pas un plafond pour les investissements du Canada dans le domaine de la défense, mais plutôt une référence. Notre cadre budgétaire prévoit déjà des mesures visant à consacrer 4 % de notre PIB à la défense d’ici la fin de cette décennie.
Nous avons également lancé la toute première Stratégie industrielle de défense du Canada et mis sur pied l’Agence de l’investissement pour la défense afin de réduire les délais, de renforcer les partenariats et de répondre aux besoins de nos Forces armées et de notre économie.
Dans un monde devenu plus dangereux et divisé, le Canada agit pour se protéger et protéger ses alliés.
Si nous voulons dissuader l’agression russe dans les pays baltes et dans toute l’Europe, assurer une paix juste et durable en Ukraine, affirmer notre pleine souveraineté dans l’Arctique ainsi que défendre et promouvoir nos valeurs de liberté, de démocratie et de paix, le Canada doit le faire en position de force.
Si nous voulons un monde plus sûr, nous avons besoin d’un Canada plus fort.
Chaque jour, c’est le service des femmes et des hommes des Forces armées qui fait la force du Canada.
Ils méritent d’avoir le meilleur équipement que ce pays peut fabriquer.
Et cela se trouve juste ici, chez GDLS-Canada.
Merci.