Merci, monsieur le premier ministre Wakeham et madame la première ministre Fréchette. Élus, ministres, Grande Cheffe Ashini, dirigeants de la Nation innue du Labrador, chers amis et collègues : c’est vraiment un jour historique, et je vais vous parler du leadership dont les gens derrière moi ont fait preuve.
J’aimerais commencer, comme c’est le cas de bien des conversations ici, par parler de la météo.
Après tout, l’hymne provincial, « Hymne à Terre-Neuve », parle justement du temps qu’il fait :
Les orages battent nos rives,
Les vagues fouettent nos grèves;
Le tourbillon de nos tempêtes
Renforce notre amour.
Nous chantons Terre-Neuve,
Patrie bien-aimée
Cet extrait comporte un message, et ce message s’est matérialisé aujourd’hui.
Les Terre-Neuviens et les Labradoriens ne font pas qu’endurer le tourbillon des tempêtes : ils l’accueillent.
Ils ne se plient pas devant les assauts du mauvais temps; ils les affrontent tête haute.
Aujourd’hui, nous faisons plus qu’accueillir ou affronter.
Aujourd’hui, vous voyez trois gouvernements, vous voyez quatre peuples, unir leurs efforts pour « choisir leur propre destinée ».
Choisir notre propre destinée, c’est échapper au sort, ne pas attendre de voir de quel côté le vent va tourner, ne pas se laisser déstabiliser par les événements.
Choisir notre propre destinée, c’est bâtir l’avenir que nous voulons. C’est être « maîtres chez nous. »
Ces mots de Jean Lesage sont porteurs d’une vision qui a inspiré les Québécoises et les Québécois à prendre les rênes de leur avenir.
Quelques années plus tard, au lancement du projet de la Baie-James, Robert Bourassa a déclaré ceci : « Il ne sera pas dit que nous vivrons pauvrement sur une terre aussi riche. »
Les Québécoises et les Québécois ont entendu cet appel. Ils ont bâti et ils se sont donné les clés de leur prospérité.
Ils ont bâti la Baie-James. Ils ont construit des lignes de transport d’électricité sur des distances qui paraissaient autrefois impossibles. Hydro-Québec est devenue une référence mondiale en hydroélectricité et a formé des générations d’ingénieurs et de travailleurs dont le savoir-faire est reconnu dans le monde entier.
Les Québécoises et les Québécois ne se sont pas contentés de subir leur destin. Ils ont bâti leur avenir.
Le Québec sait comment prendre les choses en main.
Encore une fois, des possibilités extraordinaires s’offrent à lui.
Encore une fois, notre ambition doit être à sa hauteur.
C’est à notre tour de démontrer cette même ambition et ce même courage, de bâtir un Canada plus fort pour tous.
L’histoire peut nous en apprendre beaucoup.
Le Canada a déjà bâti en grand. Les ambitions de la Baie-James et du projet initial de Churchill Falls étaient vertigineuses, les défis techniques étaient immenses, l’ampleur était sans précédent.
Aujourd’hui, nous unissons nos forces, déterminés à tabler sur ces grandes réalisations.
Déterminés à déployer la plus grande initiative d’énergie propre de l’histoire de l’Amérique du Nord.
À alimenter l’économie de demain.
À renforcer la place du Canada dans le monde.
À nous donner plus que tout autre pays peut nous prendre.
Parce que, quand on travaille ensemble, il n’y a rien que le Canada ne puisse pas faire.
Nous vivons à une époque de grande perturbation.
Toutes les Canadiennes et tous les Canadiens en ressentent les effets économiques : à l’épicerie, à la pompe, dans nos usines.
Et nous subissons tous les effets des changements climatiques : la fumée qui recouvre notre nation, les flammes qui menacent nos foyers et la météo extrême qui se produit trop souvent et qui modifie nos moyens de subsistance.
Les Canadiennes et les Canadiens ne vont pas seulement endurer ces défis. Ils vont les relever avec détermination.
Nous partons d’une position de force, parce que le Canada a ce que le monde recherche.
Les ressources naturelles, les minéraux critiques, l’énergie propre qui vont permettre de bâtir le siècle présent.
Nous avons les travailleurs nécessaires pour concrétiser cette vision.
Des dirigeants qui comprennent ce que nous pouvons accomplir quand nous bâtissons ensemble.
Et nous avons autre chose : la confiance. La ressource la plus précieuse dans un monde de plus en plus instable et incertain.
Nous avons tout ce dont nous avons besoin pour bâtir l’avenir que nous voulons et que nos enfants méritent.
Nous avons tout ce dont nous avons besoin pour choisir notre propre destinée.
Nous sommes rassemblés ici pour annoncer une entente historique : le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, la première ministre du Québec, les dirigeants d’Hydro-Québec et d’Hydro Terre-Neuve-et-Labrador, en partenariat complet avec la grande cheffe récemment élue de la Nation innue du Labrador, Jodie Ashini.
Aux termes de cette entente, le gouvernement fédéral assurera le financement de l’énorme projet d’hydroélectricité de Gull Island, qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle Stratégie énergétique du Canada atlantique, sous l’égide du Bureau des grands projets. Dans le cadre de cette entente, nous réaliserons des investissements conjoints aux côtés de la Nation innue dans un projet éolien terrestre d’envergure au Labrador.
De plus, aux termes de cette entente, le gouvernement du Canada contribuera au financement des nouvelles lignes de transport d’électricité qui permettront d’acheminer cette énergie propre aux consommateurs du Labrador et du Québec.
Parce que, en effet, nous aimons ces terres balayées par le vent.
Il s’agit du plus vaste investissement dans l’énergie propre de l’histoire de l’Amérique du Nord. Il permettra de tripler la capacité de production actuelle de la centrale de Churchill Falls pour qu’elle puisse générer 14 000 mégawatts d’énergie renouvelable.
Cette capacité est supérieure à celle de BC Hydro. Elle représente plus du double de la capacité de production de la centrale de Bruce Power, la plus grande centrale nucléaire de ce continent.
Elle équivaut à 18 barrages Hoover aux États-Unis, si l’on tient compte de la capacité de fonctionnement actuelle de ce barrage.
C’est assez d’électricité pour éclairer, chauffer et climatiser toutes les maisons de Toronto, de Montréal et de Vancouver réunies.
Assez d’électricité pour faire fonctionner les mines, les installations et les planchers d’usine où les Canadiennes et les Canadiens vont bâtir leur avenir.
Il s’agit d’un investissement de portée nationale comparable à celui de la Transcanadienne et de la voie maritime du Saint-Laurent.
En termes d’envergure, c’est la prochaine Baie-James.
Depuis cinquante ans, ce projet est une référence et montre ce que le Canada peut faire quand il décide de bâtir en grand.
Oui, nous recommençons à bâtir.
Au cœur de l’accord d’aujourd’hui, il y a un nouveau partenariat plus ambitieux entre Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec pour développer Gull Island, le site hydroélectrique le plus attrayant en Amérique du Nord, voire dans le monde. Un projet qui est resté sur les tablettes beaucoup trop longtemps.
Il sera réalisé par Hydro-Québec, par les ingénieurs et par les travailleurs qui font du Québec un chef de file mondial dans le domaine de l’hydroélectricité.
Il s’agit là de nouvelles sources d’énergie d’une ampleur considérable, associées à un réseau de transport d’électricité à la fine pointe de la technologie reliant Churchill Falls, Gull Island, le Labrador et le Québec. Ces nouvelles sources permettront de chauffer, d’éclairer et de climatiser nos communautés et d’alimenter notre économie en pleine croissance.
L’investissement annoncé aujourd’hui permettra également d’exploiter le potentiel de la fosse du Labrador, où se trouvent certains des gisements de minerai de fer et de graphite aux teneurs les plus élevées de la planète.
À cette fin, le gouvernement du Canada annonce aujourd’hui qu’il va soumettre le projet de la fosse du Labrador à l’étude du Bureau des grands projets.
Le Canada a donc devant lui une occasion unique de relier au sein d’un seul et même corridor économique intégré l’électricité propre, l’exploitation minière, les infrastructures de transport, les capacités de transformation et les réseaux d’exportation.
Par l’intermédiaire du Fonds du premier et du dernier kilomètre, le Canada contribuera dès le départ au financement de plusieurs grands projets stratégiques dans la fosse du Labrador, notamment les suivants :
- L’étude du projet d’extension du réseau de transport d’électricité du Labrador Ouest, qui vise à relier les sites d’exploitation de minéraux critiques du Labrador Ouest à ce nouveau réseau électrique.
- Les projets miniers de Focus Graphite, qui contribueront à répondre aux besoins de notre pays et de nos alliés en matière de technologies de batteries et de stockage d’énergie.
- La mine Kami, qui permettra de fournir du minerai de fer canadien à la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’acier, alors même que le monde est à la recherche de nouveaux fournisseurs dignes de confiance.
- Le projet de SFP Pointe-Noire, qui vise à accroître la capacité de traitement des minéraux critiques et à renforcer les infrastructures ferroviaires connexes.
De l’énergie propre pour exploiter des mines modernes et durables.
Des lignes de transport d’électricité pour acheminer l’électricité là où on en a besoin.
Des ports pour acheminer le graphite et le minerai de fer vers les marchés.
Chaque investissement en débloque d’autres, ce qui démontre l’importance d’avancer tous ensemble.
Les projets lancés aujourd’hui représentent un engagement financier total d’environ 70 milliards de dollars. Il s’agit du plus important investissement jamais réalisé au Canada.
Les projets que nous annonçons aujourd’hui vont créer plus de 23 000 emplois bien rémunérés pour les travailleurs canadiens, rien que pendant la phase de construction.
En génie. Dans les métiers spécialisés. Pour les soudeurs, les machinistes et les techniciens. Ces projets contribueront au PIB du Canada à hauteur de 31 milliards de dollars d’ici le début des années 2040.
Des projets qui vont bâtir un Canada plus fort, plus résilient et plus durable.
Des projets qui vont permettre aux Canadiennes et aux Canadiens d’être maîtres de leur avenir.
Nous subissons aujourd’hui les conséquences des décisions prises par un monde qui, dans son ensemble, n’a pas pris les changements climatiques suffisamment au sérieux.
Le Canada fera sa juste part – non pas par des promesses et des déclarations, mais par des mesures ambitieuses et des investissements d’envergure.
Le meilleur moyen – et de loin – de réduire les émissions à moindre coût, c’est d’électrifier nos industries, nos transports et nos bâtiments. Une politique d’électrification ambitieuse peut permettre des réductions d’émissions jusqu’à cinq fois supérieures aux émissions actuellement produites par le secteur de l’électricité.
C’est pourquoi le Canada va doubler sa production d’électricité avec des sources propres. Pour répondre à la demande d’électricité grandissante de nos industries. Pour réduire les factures d’énergie. Pour protéger l’environnement dont nos enfants vont hériter.
L’investissement annoncé aujourd’hui permettra de produire suffisamment d’électricité propre pour alimenter toutes les voitures, tous les camions, toutes les motos et tous les autobus du Canada.
C’est l’une des nombreuses initiatives que soutient le gouvernement du Canada pour aider les Canadiennes et les Canadiens à électrifier leur logement, mettre davantage de véhicules zéro émission en circulation et réaliser des investissements de portée historique dans l’énergie propre. Et nous ne faisons que commencer.
L’entente conclue aujourd’hui montre comment nous pouvons, ensemble, atteindre de nouveaux horizons.
Nous devons cette entente aux dirigeants de ces deux grandes provinces. Nous en sommes arrivés ici grâce au leadership du premier ministre Wakeham et de la première ministre Fréchette ainsi qu’à leur vision, à leur souci d’obtenir des résultats et aux efforts qu’ils ont déployés ensemble pour résoudre les questions épineuses.
Cette entente voit le jour grâce à leurs ambitions communes et à leur capacité à trouver un terrain d’entente.
Cette entente voit le jour parce qu’elle repose sur un véritable partenariat avec la Nation innue du Labrador, qui aura un réel intérêt économique dans sa réussite.
Cette entente voit le jour parce que le gouvernement fédéral s’associe à ces partenariats, suit leur exemple et collabore avec les parties concernées pour faire en sorte que le fédéralisme coopératif contribue à bâtir un Canada plus prospère, plus résilient et plus durable.
J’encourage tous les dirigeants à tirer des leçons de cette initiative. Je les invite à s’inspirer de cette vision, de la façon dont elle a été mise en œuvre, de la détermination dont ont fait preuve les parties prenantes ainsi que de l’exemple donné par ces deux premiers ministres. J’encourage tous les dirigeants à privilégier la collaboration, à choisir d’éliminer les obstacles et à s’engager à bâtir une économie canadienne forte et unie qui profite à l’ensemble de la population canadienne.
Maîtriser l’énergie, c’est maîtriser notre destin.
Nous renforçons notre leadership en matière d’électricité propre, fiable et abordable produite chez nous, au Canada.
Nous bâtissons en grand, nous bâtissons rapidement, et nous bâtissons en partenariat.
C’est ainsi que nous allons traverser les intempéries.
Que nous allons relever les défis de demain.
Nous bâtissons de manière propre et résiliente.
C’est ainsi que nous ferons face aux changements climatiques.
Voilà à quoi ressemble un Canada résilient. Un Canada durable. Un Canada fort.