Bonjour.
Je tiens à remercier tous les travailleurs et toutes les travailleuses ici présents au Chantier Davie. C’est grâce à vous que nous sommes ici aujourd’hui.
Merci au ministre Lightbound, au ministre McGuinty, à M. Davies – et à Madame la Première Ministre Fréchette. Je suis heureux de vous retrouver aussi rapidement.
Nous nous réunissons aujourd’hui, au moment où le Canada change de cap à la suite des événements récents.
Pendant plus d’un an, le Canada a travaillé sans relâche et de bonne foi avec les États-Unis pour négocier un nouvel accord commercial global. Nous avons été pragmatiques, patients et persévérants en vue de conclure un accord qui protège les travailleurs québécois, les travailleurs canadiens et leurs familles, qui renforce notre économie et qui respecte la souveraineté du Canada ainsi que la langue et la culture françaises.
L’objectif de nos négociations commerciales avec les États-Unis a toujours été d’obtenir le meilleur accord possible pour la population canadienne, et non de conclure un accord à n’importe quel prix ou à l’intérieur d’un délai donné.
Bien que nous ayons réalisé quelques progrès au cours des dernières semaines, cet élan s’est finalement inversé, et nous n’avons pas pu accepter ce que les États-Unis nous avaient proposé, ni leur accorder ce qu’ils nous avaient demandé.
En défendant nos valeurs et en nous concentrant sur ce que nous pouvons contrôler, nous allons bâtir un Québec fort et un Canada fort pour tous.
Des défis nous attendent, mais nous sommes prêts à les relever, parce que nous avons tout ce qu’il faut, y compris le bon plan pour bâtir un Québec et un Canada plus forts.
Bâtir chez nous et diversifier nos échanges commerciaux à l’étranger n’est pas notre plan B.
C’est notre plan A depuis le début.
La semaine dernière, à St. John’s, nous avons lancé le plus grand projet d’énergie propre de l’histoire de l’Amérique du Nord.
Madame la Première Ministre, je tiens à vous remercier encore du leadership dont vous avez fait preuve pour mener ce projet à bien.
Ces projets permettront de produire assez d’électricité propre pour alimenter tous les véhicules du Canada. Assez pour faire tourner notre économie par nos propres moyens, selon nos propres conditions, pendant des générations.
C’est ça, être maîtres de notre destinée.
C’est ça, être maîtres chez nous.
Il est essentiel de diversifier nos échanges commerciaux si nous voulons bâtir un pays plus fort, plus indépendant et plus résilient.
Au cours de la dernière année, nous avons signé plus de 20 accords en matière de commerce et de sécurité sur cinq continents. Nous avons conclu notre dernier accord, avec les Émirats arabes unis, dans un délai record de 47 jours.
Le Canada a désormais l’économie la mieux connectée au monde.
Les entreprises canadiennes bénéficient aujourd’hui d’un accès en franchise de droits à un marché de 1,5 milliard de consommateurs.
Au cours des six prochains mois, nous allons doubler ce chiffre grâce à de nouveaux accords commerciaux, notamment avec les pays de l’ANASE et l’Inde.
Cet automne, nous allons entamer des discussions avec l’Union européenne – la deuxième économie en importance dans le monde – en vue d’établir un partenariat en matière d’économie et de sécurité bien plus solide et étroit.
Le Canada se forge un accès sans précédent à ces marchés parce qu’on nous fait confiance, parce que nous sommes fiables et parce que nous avons ce que le monde veut.
Nos liaisons reposent sur des voies maritimes accessibles et sûres qui assurent le transport de nos produits de classe mondiale.
Le fleuve qui coule derrière nous – le Saint-Laurent – est l’une des grandes artères commerciales au monde.
Déterminé à bâtir son propre avenir en reliant le fleuve Saint-Laurent aux Grands Lacs, le Canada a inauguré la Voie maritime du Saint-Laurent en 1959. Sept écluses s’étendant sur plus de 300 kilomètres ont été construites en seulement cinq ans.
Près de 37 millions de tonnes de marchandises transitent par la Voie maritime du Saint-Laurent chaque année.
Qu’il s’agisse du minerai de fer extrait au complexe de Bloom Lake et expédié depuis Sept-Îles. Du canola cultivé sur une ferme de la Saskatchewan et acheminé par train jusqu’au port de Montréal. Ou des 12 millions de tonnes métriques de céréales canadiennes exportées rien que l’année dernière, soit le volume le plus élevé depuis plus de 30 ans.
Nous bâtissons aussi pour aller plus loin. Plus tôt cette année, sur ce même fleuve, nous avons donné le coup d’envoi au plus grand projet d’expansion portuaire de l’histoire de l’Est du Canada : le nouveau terminal à conteneurs de Contrecœur, qui augmentera la capacité du port de Montréal de 60 %.
Il y a à peine quatre mois, nous avons élargi les services douaniers au port de Québec, en désignant ce dernier comme premier port d’arrivée. Le port devient ainsi une plaque tournante stratégique qui contribuera encore plus à la vitalité économique de la Ville de Québec et de Lévis.
Une plus grande capacité. Plus d’échanges commerciaux. Plus de produits canadiens acheminés dans le monde entier.
Chaque conteneur transitant par ce terminal – chaque tonne transportée sur ce fleuve – dépend du maintien de l’ouverture de nos eaux.
Il n’existe qu’un seul type de navire assez puissant pour fendre les eaux gelées et maintenir ces voies ouvertes tout au long de l’hiver : les brise-glaces.
Et c’est le Canada qui les construira.
Nous annonçons aujourd’hui l’initiative de construction navale la plus importante de l’histoire du Québec. Le gouvernement du Canada investira plus de 11 milliards de dollars pour construire, en partenariat avec le Chantier Davie, six nouveaux brise-glaces de programme destinés à la Garde côtière canadienne.
Nous allons agir rapidement. La première découpe d’acier aura lieu à l’automne prochain, le premier navire sera livré cinq ans plus tard, et l’ensemble de la flotte sera en service cinq ans après.
Les nouveaux brise-glaces remplaceront les brise-glaces lourds et moyens vieillissants de la Garde côtière.
Ils sillonneront les eaux du Canada atlantique et du Saint-Laurent en plein cœur de l’hiver et celles de l’Arctique tout au long de l’été.
Les brise-glaces que le Chantier Davie va construire sont des navires à la fine pointe de la technologie.
Chacun est construit spécialement pour les eaux canadiennes : assez puissant pour tracer un chenal qu’un pétrolier pourra suivre, mais assez étroit pour franchir les écluses des Grands Lacs et de la Voie maritime.
Des Grands Lacs au Saint-Laurent, en passant par le Canada atlantique, ils contribueront à assurer la circulation maritime de près de 40 milliards de dollars de produits chaque année. Ils briseront la glace, escorteront les navires à travers les eaux gelées, et dégageront les ports et les quais dont nos pêcheurs commerciaux dépendent.
Et dans l’Arctique, pendant la saison de navigation, ils ouvriront la voie aux navires qui transportent les fournitures, les marchandises et les travailleurs qualifiés sur lesquels les communautés du Nord comptent.
C’est grâce aux brise-glaces que les échanges commerciaux peuvent se dérouler 12 mois par année au Canada.
Le contrat annoncé aujourd’hui permet de poursuivre la tradition de construction navale à Lévis, qui existe depuis deux siècles.
Depuis 1825, Davie a construit des centaines de navires, dont 35 navires de guerre pour le Canada et nos Alliés pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Aujourd’hui, nous perpétuons ce fier héritage et investissons dans la construction navale canadienne à une échelle jamais vue depuis des générations.
Chacun de ces six navires sera construit ici même à Lévis par des travailleurs canadiens, à partir de matériaux canadiens. À lui seul, ce contrat permettra de créer et de maintenir près de 5 000 emplois rien que pendant la phase de construction. Il apportera près de 650 millions de dollars à l’économie canadienne chaque année.
Il soutiendra les soudeurs, les électriciens, les tuyauteurs, les monteurs et les peintres qui exécutent le projet. Et les ingénieurs et les concepteurs qui sont derrière tout ça. On parle ici de carrières à long terme et bien rémunérées. Et quand ce chantier naval tourne à plein régime, c’est toute la communauté qui bénéficie des retombées.
Le travail ne se limite pas au chantier naval. Plus de 1 500 fournisseurs de partout au Canada contribuent aux travaux réalisés ici, chez Davie, notamment :
- Les travailleurs de l’acier d’Algoma Steel, à Sault Ste. Marie, en Ontario, qui collaborent avec les fabricants de Brannon Steel, à Brampton, et les spécialistes de l’acier de Stigterstaal, à Hamilton, qui ensemble produisent, préparent et fournissent l’acier de haute qualité destiné à la construction navale qui forme l’échine de ces navires.
- Les concepteurs et les fabricants de Hawboldt Industries, à Chester, en Nouvelle-Écosse, qui fournissent les équipements maritimes de pointe dont sont équipés ces navires.
- Les travailleurs d’Échafauds Plus, à Laval, qui construisent les échafaudages spécialisés.
- Les spécialistes de l’aviation de Deck 8 Aviation, à Val-des-Monts, qui contribuent à intégrer les capacités héliportées qui accroissent la portée et l’efficacité de ces navires en mer.
- L’équipe du Groupe ALMACO, de l’autre côté du fleuve, à Québec, qui aménage les espaces où ces équipages vont vivre et travailler.
Des pièces fabriquées par des Canadiennes et des Canadiens de partout au pays arrivent ici, dans ce chantier naval, où des travailleurs qualifiés les transforment en navires parmi les plus performants jamais construits dans ce pays.
Ce travail fait partie de quelque chose de plus grand.
Au début de cette année, nous avons lancé la Stratégie industrielle de défense du Canada. Nous nous sommes engagés à réarmer et à reconstruire les Forces armées canadiennes et la Garde côtière canadienne et à réinvestir dans celles-ci, en bâtissant ici, chez nous.
C’est là un exemple concret de ce que nous accomplissons grâce à notre Stratégie industrielle de défense. Comme le prévoit la Stratégie, lorsque le Canada construit ses propres navires, les retombées positives se font sentir dans tout le pays.
La souveraineté de notre pays, qui possède le plus long littoral au monde, repose sur notre puissance maritime, et la Garde côtière joue un rôle central à cet égard.
Lorsque les Canadiennes et les Canadiens voient cette coque rouge se profiler à l’horizon, ils savent que leurs eaux sont protégées. Ils savent que de l’aide est à portée de main et que la voie à suivre sera dégagée.
Notre gouvernement réalise des investissements sans précédent dans la Garde côtière canadienne – pour prolonger la durée de vie de la flotte actuelle, livrer de nouveaux navires scientifiques et des hélicoptères qui renforceront les activités menées toute l’année dans l’Arctique, ainsi que des brise-glaces polaires de nouvelle génération – dont le PolarMax, qui est construit ici même au Chantier Davie.
Aujourd’hui, nous veillons à ce que la Garde côtière ait tout ce dont elle a besoin pour continuer à répondre à l’appel, pour assurer la poursuite des échanges commerciaux, pour protéger nos côtes et pour maintenir la force de notre économie pendant les prochaines décennies.
La semaine dernière, nous avons annoncé le plus vaste investissement dans l’énergie propre de l’histoire de l’Amérique du Nord.
Aujourd’hui, nous annonçons le contrat de construction navale le plus important de l’histoire du Québec.
Quels que soient les obstacles, nous poursuivons nos efforts sans relâche pour bâtir un Canada fort.
Quelles que soient les circonstances, les Canadiennes et les Canadiens bâtiront eux-mêmes l’avenir du Canada.
Aujourd’hui, nous bâtissons de nos propres mains, ici même chez nous, les navires qui vont permettre de garder ouvertes les voies maritimes dont notre commerce dépend.
Aujourd’hui, nous bâtissons un Lévis fort, un Québec fort et un Canada fort.
Merci.