Je remercie les Aînés Marilynn Buffalo et Ron Janvier, ainsi que les représentants du Traité n° 6 et du gouvernement métis Otipemisiwak.
Plusieurs dirigeants, dignitaires, chefs, lieutenants-gouverneurs, maires, députés, présidents et éducateurs sont présents aujourd’hui, et je tiens à les saluer tous.
Mais je vais d’abord saluer les enfants qui sont ici, et leur dire merci, ainsi qu’à leurs parents, de les avoir amenés.
Quand j’étais enfant, je venais souvent ici, car je vivais tout près. À l’époque où je venais à Fort Edmonton, les leçons que j’en tirais étaient très différentes. Incomplètes. Partielles.
Aujourd’hui, il est question de la vérité : pour ces enfants, ces Survivants et ceux qui n’ont pas survécu.
Aux Survivants qui sont ici avec nous aujourd’hui, ainsi qu’à vos familles, qu’elles soient proches ou éloignées : nous sommes ici pour vous rendre hommage.
La cérémonie d’aujourd’hui invite chacun d’entre nous à écouter vos récits, à réfléchir à un chapitre sombre du passé du Canada et à nous engager à aller de l’avant ensemble.
Dans la prière et la bénédiction de l’Aînée Marilynn Buffalo, nous pouvons comprendre et entendre des traditions qui se sont transmises de génération en génération.
Des traditions qui, d’une manière ou d’une autre, ont été protégées et préservées, malgré le fait que, pendant plus d’un siècle, ce pays ait géré des pensionnats indiens. Plus de 150 000 enfants des Premières Nations ainsi que des communautés inuites et métisses y ont été envoyés.
Beaucoup ont été arrachés à leurs foyers et à leurs familles.
Tous ont été privés de leur culture, de leur langue et de leur identité.
Certains ne sont jamais rentrés chez eux.
Ce n’est pas un chapitre lointain du passé du Canada, mais une vérité qui perdure.
Et la vérité est le fondement de la justice.
Nous ne devrions pas choisir, comme nous le faisions autrefois ici à Fort Edmonton, quelles périodes de notre histoire nous voulons retenir.
Nous ne devrions pas admirer ces broderies perlées et oublier les enfants à qui on a imposé le port d’uniformes.
Notre devoir n’est pas d’honorer le tambour et d’ignorer les années durant lesquelles on l’a réduit au silence.
Notre devoir n’est pas non plus d’entendre la vérité sur les pensionnats et de rester sans rien faire.
Honorer l’histoire du Canada, c’est la regarder en face, dans toute sa vérité. Sa beauté et ses pertes. Sa force et les torts causés.
Les nations qui étaient ici bien avant la naissance de notre pays, et les politiques adoptées pour les faire disparaître.
Il y a cette autre vérité : ces nations sont toujours bien vivantes.
Leurs langues, leurs cérémonies et leurs enseignements nous accompagnent ce matin.
Les Survivants ont porté la vérité là où ce pays a refusé de le faire. Plus de 6 600 femmes et hommes courageux ont fait connaître la vérité à la Commission de vérité et réconciliation. Ils ont partagé leur vérité avec des personnes comme Ron Janvier, qui a écouté leurs récits et les a, à son tour, révélés au grand jour.
Grâce au courage de ces personnes, leurs témoignages sont désormais connus.
Il est à présent de notre devoir de donner suite à leurs révélations.
Et c’est ce que nous faisons. Il reste encore beaucoup à faire, mais nous agissons.
En partenariat avec les Premières Nations, nous réduisons les écarts dans le domaine de l’éducation et veillons à ce que les enfants qui vivent dans des réserves aient accès à une éducation de grande qualité, respectueuse de leur culture et mettant celle-ci en valeur.
Nous bâtissons des logements pour les familles dans les réserves et partout au pays.
Nous améliorons l’accès à l’eau potable. Nous venons de présenter un nouveau projet de loi à cet égard et investissons des milliards de dollars pour assurer le fonctionnement de réseaux d’eau et d’assainissement et veiller à leur entretien.
Nous bâtissons des communautés plus saines, en mettant l’accent sur le bien-être mental, les soins de santé primaires et les soins de santé adaptés aux cultures des Premières Nations et des Inuits.
Nous bâtissons un Canada plus fort, plus équitable et plus juste qui répare ses torts.
Un Canada où nous unissons nos forces pour offrir à la prochaine génération une vie meilleure et plus équitable.
Nous savons que ce n’est pas seulement ce que nous bâtissons qui compte, mais aussi la manière dont nous le faisons.
Il s’agit de bâtir de manière durable, et par durable, nous entendons l’intégration des connaissances et du savoir-faire autochtones dans nos efforts de préservation.
Nous entendons également par là de nouer un véritable partenariat avec les peuples autochtones et de leur offrir des possibilités concrètes de participer à l’élaboration, à l’exploitation et à la gestion de grands projets d’infrastructure, afin qu’ils puissent à leur tour profiter de la prospérité découlant de ceux-ci.
Nous faisons des progrès, mais le travail de réconciliation est loin, très loin d’être achevé.
Les blessures sont encore trop profondes, et les inégalités sont encore trop grandes.
La réconciliation est un cheminement, et non une finalité. C’est une démarche, et non un aboutissement.
Notre mission consiste à avancer ensemble aussi loin et aussi vite que possible sur cette voie.
Ainsi, Aînée Buffalo, vous nous avez encouragés à célébrer aujourd’hui. Je vais conclure par un message différent, mais tout aussi cohérent.
Lorsque nous partirons d’ici aujourd’hui, poursuivons le travail de réconciliation.
Et lorsque cette cérémonie se terminera sur une chanson de Perfect Storm, notre joie sera de l’écouter : telle sera la célébration.
Notre responsabilité, et plus particulièrement celle du gouvernement, sera de mener une réflexion.
Et notre tâche sera d’agir, ensemble.
Merci beaucoup.