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Bonjour, tout le monde.

Aujourd’hui, ce fut une journée importante pour le Canada. Pour la première fois en plus d’une vingtaine d’années, les dirigeants des Premières Nations et les premiers ministres se sont réunis précisément pour trouver des solutions à l’égard de priorités communes et bâtir un pays plus fort et plus juste pour tous – pour que tout le monde puisse profiter de la prospérité que nous créons.

Je tiens à remercier la cheffe nationale Woodhouse Nepinak pour son leadership et pour avoir rendu cet événement possible. Merci pour le travail en partenariat et l’ambition dont vous avez fait preuve tout au long de la rencontre et dont vous ferez preuve, j’en suis sûr, en sortant de la rencontre d’aujourd’hui.

J’aimerais aussi dire merci à la présidente Clayton, aux dirigeants et aux gardiens du savoir des Premières Nations, aux chefs de l’Alberta des Premières Nations signataires des traités nos 6, 7 et 8 et aux chefs de la Confédération des Pieds-Noirs, aux dirigeants des Premières Nations signataires d’un traité moderne ou d’une entente sur l’autonomie gouvernementale, aux aînés, aux jeunes et aux premiers ministres, dont plusieurs sont venus de très loin pour être des nôtres.

Ce fut une vraie réunion. Franche, ciblée et productive, parce que, malgré nos perspectives et expériences différentes, nous avions la même conviction. Celle selon laquelle le Canada est à son plus fort quand nous unissons nos efforts.

Aujourd’hui, nous avons donné vie à cette conviction. Nous avons parlé de nombreux sujets. Je vais les diviser en trois priorités.

Premièrement, nous avons parlé de réconciliation économique, pour trouver de nouvelles occasions permettant aux Premières Nations de mettre au point de grands projets d’infrastructure et de profiter de leurs retombées. 

Dans un monde devenu plus dangereux et divisé, le Canada prend son avenir en main en bâtissant de nouveau en grand.

Cette fois-ci, nous faisons les choses autrement. Nous tirons des leçons du passé, qui est truffé d’injustices, et prenons conscience qu’il ne s’agit pas juste de bâtir, mais de bâtir de la bonne façon. Pour que chaque Canadienne et Canadien puisse profiter de la prospérité que ça amène.

Nous avons donc parlé de moyens précis de partager cette prospérité avec les Premières Nations. Nous avons discuté des façons dont les Premières Nations pourraient produire des richesses durables pour leurs peuples, notamment au moyen de nouveaux outils pour le partage de revenus, comme un éventuel fonds souverain des Premières Nations. Cette idée vient des Premières Nations.

Ce fonds donnerait aux Premières Nations et à leurs enfants – et aux enfants de leurs enfants – l’occasion de profiter directement de la richesse que le pays crée.

Je vais donc demander à mon ministre des Finances de travailler de concert avec l’Assemblée des Premières Nations, les titulaires de droits et les institutions financières des Premières Nations afin de concevoir en partenariat de nouveaux mécanismes de partage des revenus, notamment cet éventuel fonds souverain des Premières Nations.

Dans cette foulée, notre gouvernement va modifier la Loi sur la gestion financière des premières nations afin de renforcer le pouvoir de prêt de l’Administration financière des Premières Nations pour cibler également les entités autochtones à vocation spéciale participant aux projets liés au développement économique et aux ressources. Ainsi, les Premières Nations pourront plus facilement obtenir des fonds pour investir dans ces projets et, ainsi, profiter des retombées.

Nous offrons aux Premières Nations des occasions de participer pleinement à de grands projets et, parallèlement, nous travaillons de concert afin de recruter, de former et d’embaucher les travailleurs des Premières Nations qui vont prendre part à ces projets.

Plus tôt cette année, le gouvernement du Canada a lancé l’initiative Une Équipe Canada forte, dotée d’une enveloppe de 8 milliards de dollars, pour former 100 000 nouveaux travailleurs qualifiés dans les métiers désignés Sceau rouge et les intégrer aux chantiers plus rapidement. Pendant la rencontre, nous avons convenu que nous allions accorder des fonds particuliers pour que des milliers de travailleurs autochtones puissent aussi en profiter. 

Et, aujourd’hui, nous annonçons une somme de 260 millions de dollars sur quatre ans pour établir le nouveau Fonds pour les partenariats en faveur de la préparation à l’emploi des peuples autochtones. Ce fonds permettra d’octroyer du financement ciblé afin de mettre les peuples autochtones en relation avec les possibilités d’emploi découlant des grands projets.

Aujourd’hui, notre gouvernement change sa façon de bâtir – et il le fait en partenariat avec les peuples autochtones.

C’est pourquoi nous avons mis sur pied le Conseil consultatif autochtone au sein du Bureau des grands projets, dans le but d’orienter ces travaux.

C’est pourquoi nous avons doublé le budget du Programme de garantie de prêts pour les Autochtones, pour le porter à 10 milliards de dollars.

C’est aussi pourquoi nous avons assoupli les critères d’admissibilité de ce programme pour que plus de secteurs y aient accès, et pour que davantage de communautés autochtones puissent participer aux grands projets.

Et c’est pourquoi nous avons fourni 40 millions de dollars pour aider les communautés inuites, métisses et des Premières Nations à participer aux évaluations des projets et à négocier des accords qui leur permettront d’acquérir des participations.

En seulement un an et demi, cette approche porte déjà ses fruits :

En Colombie-Britannique, grâce au projet de GNL Ksi Lisims. Dans les Territoires du Nord-Ouest, grâce au projet de la route de la vallée du Mackenzie. Et au Québec, grâce au projet de la mine Matawinie de Nouveau Monde Graphite.

Aujourd’hui, nous poursuivons sur cette lancée. 

La rencontre d’aujourd’hui avait principalement pour but de renforcer notre relation – de gouvernement à gouvernement, de nation à nation – avec les Premières Nations. Et de trouver des façons d’aller de l’avant ensemble. 

Plus tôt, le premier ministre Kinew a soulevé une question importante de cette conversation, de ces progrès : celle d’une éventuelle réforme ou d’une abolition de la Loi sur les Indiens pour moderniser notre relation et tracer une meilleure voie à suivre. 

Je suis d’accord avec lui. Je souhaite que le Canada suive une autre voie que celle de la Loi sur les Indiens et j’ai demandé à mes ministres de travailler en partenariat avec les Premières Nations en ce sens. 

Ce qui m’amène au deuxième grand sujet de la rencontre d’aujourd’hui : la protection de tout le monde dans nos communautés. 

À titre d’exemples, le nombre moyen de feux de forêt qui touchent les Premières Nations dans les réserves a plus que triplé au cours des 15 dernières années. Et plus de 90 % des terrains de ces réserves sont à risque d’inondations. Les Premières Nations vivant dans les réserves ont 18 fois plus de risques d’être évacuées que celles qui n’y vivent pas. 

Pour corriger ce manque de ressources historique et la hausse des menaces venant des changements climatiques, nous annonçons aujourd’hui que le gouvernement du Canada fournira plus de 2,5 milliards de dollars en fonds sur cinq ans ainsi qu’un financement prévisible de près de 450 millions de dollars par année par la suite pour améliorer la préparation aux situations d’urgence dans les communautés des Premières Nations d’un bout à l’autre du pays.

Grâce à ces fonds, les Premières Nations seront mieux outillées pour mener les évacuations, fournir une aide d’urgence et reconstruire les logements et les infrastructures essentielles après une catastrophe.

Il y aura plus de véhicules d’incendie, d’équipement de protection personnelle, de matériel et de formations pour aider les communautés à intervenir en cas de catastrophe.

Chaque Canadienne et chaque Canadien mérite de se sentir en sécurité dans sa communauté et de savoir qu’une aide lui sera apportée en cas de besoin. 

C’est comme ça qu’on bâtit un Canada fort.

Et troisièmement, nous renforçons les services policiers des Premières Nations. 

Les services policiers dirigés par les communautés, ça fonctionne. Les agents qui connaissent leurs communautés, comprennent leurs besoins et gagnent leur confiance sont mieux placés pour prévenir les crimes. 

Prenons l’exemple de la Nation dakota de Whitecap. Aujourd’hui, Whitecap rapporte un faible taux de criminalité même si elle accueille plus d’un million de visiteurs par année. C’est un bon modèle. 

Cependant, pour avoir des services policiers efficaces, il faut des ressources adéquates. Trop de services manquent des agents, de l’équipement et des infrastructures dont ils ont besoin pour assurer la sécurité des gens. 

C’est pourquoi, en février dernier, j’ai demandé au ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, de trouver des solutions à ces disparités. 

Et aujourd’hui, c’est avec plaisir que je vous annonce que le gouvernement fédéral va fournir plus de 630 millions de dollars sur quatre ans, en plus de 250 millions de dollars par la suite, en financement annuel constant, prévisible et stable, afin de renouveler et d’élargir les ententes du Programme des services de police des Premières Nations et des Inuits. 

Grâce à l’évaluation rigoureuse des coûts selon les besoins, ces ententes réduiront considérablement les disparités entre les services de police des Premières Nations et les services de police non autochtones. 

Nous versons aussi 140 millions de dollars de plus pour financer des initiatives de prévention de la criminalité et de sécurité communautaire adaptées à la culture des communautés autochtones à travers le pays. 

Il est évident que le monde est devenu plus dangereux et plus divisé. Nous ne pouvons pas contrôler ce qui se passe au-delà de nos frontières. Mais ici, au Canada, c’est nous qui décidons de notre avenir.

Et nous choisissons de bâtir des communautés plus fortes, où les Canadiennes et les Canadiens peuvent se sentir en sécurité chez eux et dans leur quartier, et où ils sont maîtres de leur avenir.

Nous bâtissons un avenir meilleur et plus sûr grâce à de nouvelles ressources et à des solutions concrètes, un avenir qui offre de nouvelles possibilités économiques aux Premières Nations d’un bout à l’autre du Canada.

En décembre passé, à l’Assemblée extraordinaire des chefs de l’Assemblée des Premières Nations, je me suis engagé à réunir les dirigeants des Premières Nations et les premiers ministres des provinces et des territoires.

Aujourd’hui, nous avons agi. 

Cela dit, notre réussite ne se mesurera pas au nombre de rencontres. Il faut dialoguer : c’est la base d’une relation productive. Mais la confiance et la réussite viennent de nos réalisations communes. De nation à nation, de gouvernement à gouvernement. 

Voilà comment on bâtit un pays.