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Bonjour, tout le monde. Je vous souhaite la bienvenue, en ce jour historique. 

Madame la Présidente von der Leyen, Monsieur le Président Costa, au nom de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens, j’aimerais vous remercier pour votre vision et votre leadership – et remercier vos commissaires et leurs équipes pour leur rigueur et les résultats obtenus. 

Nous sommes ici à Montréal, une ville qui, depuis des siècles, sert de pont entre le Canada et l’Europe.

Comme en témoignent les langues qu’on y parle, les cultures qui s’y côtoient et sa devise : Concordia Salus.

Et c’est dans un esprit de concorde que le Sommet s’est déroulé. Car nos valeurs, nos intérêts et nos intentions étaient en harmonie. Dans un monde en pleine tourmente, cette harmonie est une source de sécurité, de prospérité et de bien-être pour nos peuples.

Le monde devient plus dangereux et divisé. 

Nos sociétés sont assaillies par de nouvelles tempêtes : les bouleversements des changements climatiques, l’érosion des normes démocratiques, l’instrumentalisation des échanges commerciaux. 

Les institutions multilatérales sur lesquelles nous comptions se sont affaiblies.

Il est maintenant plus difficile de concilier souveraineté et ouverture. L’intégration économique est devenue une arme, et les droits de douane, un moyen de pression.

En même temps, la technologie transforme la nature de la guerre, la structure des économies et la capacité des États à gouverner.

À Strasbourg, j’ai dit que, dans cette tempête féroce, un arbre seul peut tomber. Mais pas une forêt.

Car sous la terre, les racines d’un chêne s’entremêlent à celles des arbres voisins. Elles échangent des nutriments, unissent leurs forces et créent un écosystème résilient et autosuffisant.

C’est la leçon que nous devons tirer de ce moment.

Le Canada et l’Union européenne (UE) fortifient ensemble leurs racines au nom de leurs valeurs, tout en créant une canopée sous laquelle leurs citoyens pourront s’épanouir.

Aujourd’hui, le processus que nous mettons en marche va générer des débouchés. Pour nos jeunes, nos artistes, nos chercheurs, nos entreprises. 

C’est une question de démocratie. Il s’agit de se protéger contre l’ingérence étrangère et la manipulation des médias sociaux, tout en favorisant les droits de la personne, la liberté et la primauté du droit. 

C’est aussi une question de viabilité. Protéger nos océans, nos forêts, notre région arctique, tout en trouvant des solutions pragmatiques aux changements climatiques que nous pourrons appliquer à grande échelle. 

Mais surtout, c’est une question de souveraineté. Notre capacité à vivre notre vie comme on l’entend. 

Aujourd’hui, le Canada et l’UE lancent l’Alliance pour l’avenir. Grâce à ce nouveau partenariat entre nations, nous pourrons aborder les enjeux que nous avons en commun en mettant à profit nos capacités stratégiques et la géométrie variable de nos pays aux vues similaires. Cette Alliance visera à accroître notre souveraineté et notre résilience collectives dans des secteurs tels que l’IA, l’énergie, les minéraux critiques, l’informatique quantique et plus encore.

En même temps, et au cœur de tout cela, nous voulons nouer le partenariat le plus étroit possible, à défaut d’une accession à l’UE pour des raisons géographiques, afin de faire du Canada le premier membre associé de l’UE.

Au cours des prochains mois, nous déterminerons la pleine étendue de cette nouvelle forme d’adhésion.

Le président, la présidente et moi allons nous rencontrer de manière périodique pour faire le point.

En mars, nous réunirons le collège des commissaires et notre Conseil des ministres fédéral au Canada pour faire avancer ces travaux.

Et, en juin, j’irai aux réunions du Conseil européen à l’invitation du président Costa. Nous avons l’intention d’y conclure ces négociations. 

Si je puis me permettre, j’aimerais prendre le temps d’expliquer l’importance que ça a pour les Canadiennes et les Canadiens et, en même temps, pour les Européens. 

On parle ici d’un plus grand nombre de débouchés, d’une plus grande abordabilité et d’une plus grande souveraineté.

Le Canada sera un membre associé de l’UE, et cela offrira pour commencer des débouchés à nos jeunes. 

Nous allons entamer des négociations pour élargir notre participation au programme ERASMUS+, le programme phare européen d’échange d’étudiants et de compétences.

Dans le cadre de ce programme, un étudiant canadien pourra étudier à Barcelone aussi facilement qu’à McGill. Autre exemple : un apprenti soudeur du Manitoba pourra effectuer un stage en Italie et ramener de nouvelles compétences au pays. 

Pour nos chercheurs, ça voudra dire avoir accès à JUPITER, l’un des superordinateurs les plus puissants jamais construits. Par exemple, JUPITER peut effectuer en une seule journée un calcul qui prendrait six mois sur le plus puissant superordinateur de recherche ici au Canada. Pour un chercheur qui lutte contre le cancer, ça veut dire une réponse dès demain plutôt qu’au printemps prochain.

Le Canada lancera des négociations en vue de participer à la prochaine génération du programme Horizon Europe.

Cette participation permettra à nos chercheurs de mettre leurs ressources en commun, de collaborer sur les technologies de pointe et de tirer parti de nos instituts de recherche et de nos universités de calibre mondial. En mettant nos ressources en commun, nous réunissons davantage de talents. Et nous ouvrons la voie à davantage de découvertes.

Pour nos entrepreneurs, grâce à l’Accord sur le commerce numérique, dont vous venez d’observer la signature, ainsi qu’aux paiements simplifiés, il sera plus facile de vendre leurs produits en ligne en Europe. De cette façon, un propriétaire d’entreprise du Manitoba et un pêcheur de homards del’Île-du-Prince-Édouard passeront les douanes plus rapidement lorsqu’ils enverront leurs produits vers les marchés européens. Autre exemple : une jeune entreprise spécialisée dans la technologie à Vancouver pourra servir de manière plus fluide ses clients à Berlin. 

En résumé : moins de formalités, une plus grande croissance, plus de débouchés. 

Deuxièmement, l’abordabilité.

Cette Alliance permettra de relier directement notre infrastructure financière aux systèmes de paiement rapide européens.

Les transactions qui nécessitaient auparavant des semaines de délai et des formalités administratives redondantes se feront désormais sans difficulté.

Nous avons aussi terminé les négociations en vue d’un accord en matière de concurrence entre le Canada et l’UE, qui fera la promotion de la concurrence dans des secteurs allant des produits de consommation aux technologies, tout en luttant contre les pratiques anticoncurrentielles en ligne. 

Nous allons étudier la possibilité d’ouvrir nos marchés respectifs aux banques, aux compagnies d’assurance et aux entreprises de technologie financière de l’autre partie. Grâce à une meilleure concurrence, les familles auront accès à des services meilleurs et plus abordables. 

Mais surtout, toutes les Canadiennes et tous les Canadiens profiteront d’un accès plus facile à une grande diversité de biens et de services européens.

Troisièmement, aujourd’hui, c’est une question de souveraineté. 

Nous renforçons les industries et les infrastructures à la base de notre sécurité collective. 

En mars, le Canada est devenu le premier pays non européen à se joindre à l’initiative SAFE. Ici même, à Montréal, des travailleurs canadiens à Marconi et à Galvion fabriquent du matériel militaire pour nos Alliés en Pologne et en Lettonie.

Le GlobalEye est fabriqué ici, dans le cadre d’un partenariat entre Saab et Bombardier, soutenant 3 000 emplois canadiens.

Et ce n’est que le début.

Cela vaut également dans l’autre sens, bien sûr. L’Europe achète déjà des bombardiers d’eau canadiens. Et dans le cadre de cet accord, le Canada apporte son soutien pour permettre une augmentation importante de la production de bombardiers d’eau. 

De Havilland va bientôt inaugurer une deuxième chaîne de production dans le comté de Wheatland, en Alberta. L’entreprise va ainsi augmenter considérablement la production de cet appareil de classe mondiale afin d’aider le Canada et l’Europe à lutter contre des feux de forêt de plus en plus dévastateurs.

Le Canada s’impose déjà comme un fournisseur d’énergie de choix pour l’Europe. Grâce à de nouveaux accords d’approvisionnement entre Ksi Lisims, SEFE et Uniper, le GNL à faibles émissions de carbone de la Colombie-Britannique va alimenter les foyers et les industries en Allemagne.

Dans le cadre de notre nouvelle Alliance, le Canada lance des négociations en vue d’adhérer à GALILEO, le système européen de positionnement, de navigation et de mesure du temps. Cette adhésion renforcera la fiabilité des services GPS sur l’ensemble du territoire canadien, y compris dans l’Arctique. C’est aussi une façon de consolider notre résilience aux côtés de notre partenaire le plus fiable.

Nous renforçons notre coopération dans le domaine des semiconducteurs.

Nous jetons les bases d’un nouveau réseau de câbles de données transatlantiques – et potentiellement transarctiques.

En résumé, nous mettons à profit et complétons nos atouts respectifs, nous renforçons notre résilience, nous élargissons nos choix et nous nous assurons de ne pas dépendre des autres.

Nous bâtissons une arche transatlantique entre le Canada et l’UE.

Une arche fondée sur le partenariat, l’équilibre et le respect mutuel.

Et comme toute grande arche, sa force vient du soutien que chaque côté apporte à l’autre.

Plus nous l’utilisons, plus elle se renforce.

Plus elle se renforce, plus elle crée de possibilités et plus nos vies à tous s’améliorent.

Cette Alliance repose sur les gens.

L’étudiant d’Edmonton qui souhaite étudier à Stockholm.

La chercheuse en cancérologie de Saskatoon qui a besoin d’une réponse dès demain, et non au printemps prochain.

La jeune entreprise de Vancouver qui a de nouveaux clients à Berlin.

La souveraineté pour l’ensemble de nos citoyens.

La souveraineté qui nous offre davantage de choix.

La liberté de mener notre vie comme nous l’entendons, selon nos propres choix.

L’ambition de bâtir un monde meilleur et plus prospère pour nous, nos enfants et les enfants de nos enfants.

Aujourd’hui, nous progressons vers l’adhésion du Canada en tant que membre associé de l’UE, et nous lançons une nouvelle Alliance pour l’avenir qui portera ses fruits aujourd’hui et demain, aux côtés de nations d’optique commune.

Et on ne fait que commencer.