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Merci, Ben Carr. 

Premier ministre Kinew, maire Gillingham et Martinez Ferrada, Mark Chipman, David Thomson, grand chef Daniels, ministre Goodon. 

Je tiens aussi à saluer les nombreux Winnipegois présents aujourd’hui qui offrent des services à la communauté en prenant soin de gens dans le besoin. Travailleurs de proximité, conseillers et membres du personnel des refuges et du personnel infirmier. 

Et les bénévoles qui, jour après jour, nuit après nuit, aident leurs concitoyens. 

Hier, nous avons déposé le Budget de 2026 afin que nous puissions mieux incarner ces valeurs.

Alors que la turbulence s’accroît dans le monde, le Canada trace son avenir. Nous avons la force de bâtir. La rigueur nécessaire pour ce faire. Et l’une de nos valeurs consiste à prendre soin les uns des autres.

Le Budget de 2026 est la prochaine mesure de notre plan ambitieux et pragmatique qui s’étend sur une génération et qui vise à faire en sorte que les Canadiennes et Canadiens soient maîtres chez eux. À cette fin, nous renforçons la souveraineté du pays et nous nous donnons la liberté de mener notre vie comme nous l’entendons. 

Cela exige de réaliser des investissements qui renforcent notre souveraineté. Cela exige aussi que les entrepreneurs soient en mesure de faire croître leurs activités. Et cela exige de transformer des idées en entreprises, de permettre aux artistes de raconter nos histoires, de générer et de contrôler de l’énergie. Ainsi que d’offrir plus de choix et de réduire les coûts pour vous tous. 

Et cela exige un foyer pour chaque Canadienne et chaque Canadien.

La souveraineté commence chez vous.

Elle se traduit par les choix que les Canadiennes et les Canadiens font chaque jour : comment ils chauffent leurs maisons, comment ils se rendent au travail, combien ils paient pour leurs services bancaires et Internet, et comment ils gèrent leur budget d’épicerie et leurs dépenses essentielles.

C’est pourquoi ce budget va encore plus loin pour rendre la vie plus abordable.

Nous augmentons le montant de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, pour que les familles aient un peu plus d’argent dans leurs poches.

Nous encourageons une plus grande concurrence en permettant aux gens de changer plus facilement de banque ou de fournisseur de services de télécommunications, sans frais, pour faire baisser les prix durablement.

Nous rendons aussi le Crédit canadien pour aidant naturel entièrement remboursable, pour que toutes les personnes qui prennent soin d’un être cher reçoivent le soutien auquel elles ont droit.

Mais nous devons aller encore plus loin.

Être maîtres chez nous, ça ne veut pas dire grand-chose pour les personnes qui n’ont pas de chez-soi.

La crise de l’itinérance, qui s’est aggravée depuis la pandémie, va à l’encontre des valeurs canadiennes d’équité, de solidarité et de dignité humaine.

Ici, à Winnipeg, comme dans de nombreuses villes au Canada, il existe une crise de l’itinérance.

Au départ, les gens peinent à joindre les deux bouts. Puis une épreuve survient. Une perte d’emploi. La famille éclate. Une maladie ou une dépendance apparaît. Le plus souvent, plusieurs épreuves surviennent en même temps. Et si les régimes d’aide ne parviennent pas à répondre aux besoins, les gens sont laissés en plan.

Pour trop de gens, cela dure longtemps. La plupart des personnes qui vivent en situation d’itinérance à Winnipeg sont sans domicile depuis six mois ou plus. Certains vivent ainsi depuis des années. D’autres depuis des décennies.

L’absence des commodités de base que la plupart d’entre nous tiennent pour acquises, comme une douche, un lit, une porte qui se verrouille, cause des difficultés quotidiennes. Selon Maggie Helwig, l’itinérance est « surtout une vie en déplacement constant ». 

C’est dangereux. Températures extrêmes. Violence. Aucun accès rapide à un médecin, à un repas ni à un lit.

Chaque année sur Hope Alley – la ruelle de l’Espoir – près de Main Street, cette communauté organise une activité en commémoration de ceux et celles qui ont perdu la vie dans la rue. Il y a deux semaines, près de 200 noms ont été lus à voix haute : il s’agissait de gens qui ont perdu la vie en raison de l’itinérance et de drogues toxiques. Certains sont identifiés uniquement par le nom John ou Jane Doe. 

Il existe des activités commémoratives similaires partout au pays. 

La population de Toronto se rassemble à la Church of the Holy Trinity. Celle d’Edmonton, à la Memorial Plaza. Et celle de Montréal, au square Cabot.

Quand les gens n’ont nulle part où aller, toute la communauté le ressent. Les urgences, les réseaux de transport en commun et les centres-villes le ressentent. 

Aujourd’hui au Canada, on estime que 65 000 personnes sont sans domicile et se logent dans des refuges d’urgence et des logements de transition, et certaines dorment dans leur voiture, dans un campement ou entre deux portes d’entrée. 

Il faut mettre la force et la compassion du Canada au service de ceux et celles qui en ont le plus besoin. Parce qu’un Canada fort, ça commence dans une maison chauffée. 

Tout comme plusieurs facteurs mènent à l’itinérance, il existe plusieurs solutions. Mais aucune réponse simple. 

C’est un problème difficile.

Les problèmes difficiles exigent de faire preuve d’humilité pour tirer des leçons des initiatives bien intentionnées qui ont échoué dans le passé. Et cela exige d’être déterminé à miser sur ce qui réussit. 

Depuis des décennies, les gouvernements et les communautés tentent d’éradiquer cette crise. Trop souvent, leur financement est insuffisant, leurs initiatives sont mal coordonnées et elles ne durent pas assez longtemps. 

Nous avons tiré des leçons de ces expériences. Et surtout, nous avons appris des gens qui travaillent en première ligne, dont beaucoup sont ici aujourd’hui. 

Les initiatives qui fonctionnent se résument à une combinaison de trois choses. 

D’abord, l’aide fonctionne.

On peut apporter de l’aide avant que quelqu’un perde son domicile. Pour payer le loyer quand un salaire ne suffit pas. Pour faire appel à un propriétaire. Pour soutenir une famille en crise. 

Dans le cas des gens qui vivent déjà dans la rue, cette aide provient des travailleurs de proximité qui connaissent leur nom et qui leur trouvent un lit chaud pour la nuit. 

Cette aide est le coup de pouce dont les gens ont besoin. Pour remplacer une pièce d’identité perdue. Pour obtenir de l’aide au revenu. Pour trouver un emploi et un logement permanent.

C’est ce que fait le programme Vers un chez-soi. Grâce à ce programme, le gouvernement du Canada apporte son soutien à des organisations locales qui offrent leur aide chaque jour, sur le terrain, partout au Canada. 

Ici, à Winnipeg, ce soutien passe par des organisations : 

  • Comme End Homelessness Winnipeg, un groupe dirigé par des Autochtones qui aide les gens à sortir de l’itinérance et qui conserve des données vitales en temps réel. À Winnipeg, quatre Winnipegois en situation d’itinérance sur cinq sont autochtones, et ce groupe leur vient en aide;
  • Comme la Chalmers Neighbourhood Renewal Corporation, qui aide les familles à conserver leur logement en discutant avec leur propriétaire, en couvrant les arriérés de loyer et en offrant de l’accompagnement individuel;
  • Et comme le North End Women’s Centre, où les femmes et les personnes de diverses identités de genre peuvent trouver un endroit sûr où séjourner en attendant qu’elles retrouvent leurs repères.

Deuxièmement, le logement fonctionne.

Il faut des logements de transition pour aider les gens à s’en sortir et des logements très abordables pour qu’ils trouvent ensuite un endroit permanent où vivre. Et cela exige de continuer à leur offrir de l’aide au besoin.

Aujourd’hui, nous sommes sur le chantier de construction de Wehwehneh Bahgahkinahgohn, anciennement le bâtiment de la Baie d’Hudson. 

À l’ouverture, il y aura 373 logements abordables pour des familles des Premières Nations. Des foyers sûrs. Des foyers permanents. Au cœur du centre-ville et dirigés par la communauté qu’ils desserviront. C’est un bâtiment historique qui se transformera en logements pour l’avenir.

Troisièmement, les soins de santé fonctionnent.

Pour les personnes les plus vulnérables de la société, il en faut plus. Les gens sans domicile n’ont pas tous besoin de soins de santé. Mais la plupart en ont désespérément besoin. 

Neuf personnes sur dix dans la rue à Winnipeg ont un problème de santé, le plus souvent un problème de toxicomanie, une maladie mentale, ou les deux. 

Et c’est aux urgences qu’ils trouvent leur seul répit, mais c’est un répit temporaire. On les soigne, on leur donne leur congé, puis ils retournent directement dans la rue. Et le cycle recommence. 

On peut faire mieux. À Toronto, l’University Health Network a construit la Dunn House, un bâtiment modulaire de quatre étages qui offre 51 logements aux personnes qui se présentent le plus souvent aux urgences et qui offre des soins directement sur place. 

La Dunn House a été construite dans le cadre d’un partenariat entre l’hôpital, la Ville de Toronto, Centraide, l’organisme de bienfaisance Fred Victor, la province de l’Ontario et le gouvernement du Canada. Ils ont tous travaillé ensemble.

Les premiers résultats sont frappants : les visites aux urgences ont diminué de moitié. Et les jours d’hospitalisation, de près de 80 %. 

Par conséquent, toute la communauté en bénéficie. 

Quand une initiative fonctionne et que les besoins sont immenses, nous devons la reproduire.

C’est exactement ce que nous proposons dans le Budget de 2026, à savoir placer le Canada sur la bonne voie pour mettre fin à l’itinérance au cours des dix années à venir. 

Pour y parvenir, nous investissons le montant sans précédent de 30 milliards de dollars dans un plan coordonné à l’échelle nationale.

Nous comprenons que ça va être aussi difficile qu’impératif de réussir. 

Au Canada, nous savons que nous ne sommes pas parfaits, mais nous essayons toujours d’être bienveillants. 

Nous agissons en fonction de ce qui est juste et non de ce qui est facile. 

Mettre fin à l’itinérance, c’est difficile, c’est bienveillant et c’est juste. 

La compassion ne suffira pas. Il faudra de l’ambition, de l’action et un partenariat entre tous les ordres de gouvernement ainsi qu’une contribution de partenaires philanthropiques et du milieu des affaires. 

Le gouvernement fédéral va fournir les fonds qu’il faut pour construire des logements et des établissements de santé.

Les provinces et les municipalités vont gérer ces logements et ces établissements. Elles vont aussi fournir les soins de santé, les services de formation professionnelle et les mesures de soutien du revenu nécessaires.

Et les organismes philanthropiques et les entreprises vont pouvoir contribuer à chaque étape.

Notre plan repose sur des solutions dont nous avons constaté l’efficacité : l’aide, le logement et la santé.

Commençons par l’aide à la population. 

Le Budget de 2026 prévoit un investissement de 5,5 milliards de dollars dans l’Allocation canadienne pour le logement qui, chaque mois, aide les Canadiennes et les Canadiens à faible revenu à payer leur loyer. 

Ici, au Manitoba, une famille pourra recevoir plus de 300 $ par mois. Pour une personne au seuil de l’itinérance, ce peut être la différence entre pouvoir et ne plus pouvoir se loger. Grâce à notre nouveau mécanisme de production automatisée des déclarations de revenus, les gens recevront les prestations qu’ils méritent. 

La prévention est vitale. Il est important que ceux qui ont déjà un toit sur la tête le conservent. 

En plus de ces mesures, nous allons investir 6,5 milliards de dollars pour renouveler le programme Vers un chez-soi et notre soutien aux anciens combattants en situation d’itinérance.

Ces fonds vont directement aux personnes et aux organismes qui nous ont montré ce qui fonctionne. Ces organismes ne font pas que prévenir l’itinérance. Ils vont aussi à la rencontre des personnes qui vivent déjà dans la rue. Ils gagnent leur confiance et les aident à trouver un toit.

Et ils continuent de les accompagner à chaque étape : dans les démarches administratives, jusqu’à leur premier appartement et leur premier chèque de paie, pour les aider à trouver un logement stable et durable.

Ensuite, parlons de logements. 

Le Budget de 2026 prévoit un investissement de 10 milliards de dollars par l’intermédiaire de Maisons Canada pour la construction de 25 000 logements de transition et supervisés d’un bout à l’autre du Canada. Et plus il y aura de partenaires, plus ce chiffre augmentera. 

Ici, à Winnipeg, on parle de 800 millions de dollars destinés à plus de 2 000 nouveaux logements de transition et supervisés. 

Nous travaillons avec la Ville de Winnipeg et la Province du Manitoba, qui sont en train de choisir des emplacements sur des terrains publics. Nous pourrons ainsi démarrer les chantiers plus rapidement, à moindre coût. 

La Province assurera la gestion de ces logements ainsi que la prestation des services de soutien connexes. Par exemple, elle aidera les occupants à se trouver des occasions de formation et d’emploi et elle leur proposera sur place des mesures de soutien au revenu pour qu’ils puissent payer leurs factures ainsi que des services de santé mentale et de traitement des dépendances.

Enfin, parlons de la santé.

Le Budget de 2026 prévoit 2 milliards de dollars de plus par l’intermédiaire du Fonds pour les infrastructures dans le domaine de la santé afin de construire de nouveaux établissements communautaires de santé mentale et de traitement des dépendances et de rénover ceux qui existent déjà un peu partout au pays. Ajoutons à cela que nous nous engageons à verser 5 milliards de dollars dans le nouveau Fonds de soutien intégré afin de bâtir des établissements qui offrent au même endroit des logements et des services de soins de santé, en collaboration avec des partenaires publics, privés et philanthropiques.

Je suis fier d’annoncer que le premier investissement fédéral venant de ce fonds sera de plus de 200 millions de dollars. Il servira à construire le nouveau Centre de santé mentale et de traitement des dépendances de Winnipeg en collaboration avec la Province et des partenaires philanthropiques. 

Ce centre proposera des soins spécialisés et ambulatoires en santé mentale et en traitement des dépendances ainsi que des logements permanents et des services d’accompagnement coordonnés. Et il sera pleinement opérationnel d’ici trois ans seulement.

Une voie à suivre pour offrir de l’aide, bâtir des logements et favoriser la santé. C’est comme ça que nous pourrons commencer à briser le cycle de l’itinérance. 

Aujourd’hui, nous commençons à Winnipeg parce que le gouvernement du Canada, la Province, la Ville et des partenaires philanthropiques ont uni leurs forces pour en arriver à un plan efficace. 

Si l’on compte les autres projets en cours à Winnipeg, dont ceux qui sont menés par Maisons Canada, on peut dire que le gouvernement du Canada travaille en partenariat à construire jusqu’à 2 500 nouveaux logements pour les personnes les plus vulnérables. 

Nous pouvons reproduire ce modèle partout. Le gouvernement du Canada collaborera avec tous les partenaires qui souhaitent le faire.

Nous renouvelons les mesures de prévention qui permettent aux gens de rester chez eux et nous continuons de financer les organismes sur le terrain grâce au programme Vers un chez-soi.

Nous fournissons les fonds nécessaires pour construire des logements de transition et des logements supervisés, ainsi que des établissements qui offrent à la fois un toit et des soins de santé.

Et nous sommes prêts à travailler avec toutes les provinces et les municipalités pour élaborer un plan global qui va nous permettre de mettre fin à l’itinérance dans chaque communauté.

Il y a quelques années, Al Wiebe, qui avait déjà été en situation d’itinérance, a donné un nom à une ruelle située près de la rue Main : la ruelle de l’Espoir. 

Comme Al l’a déjà dit, l’espoir n’est pas seulement porteur de transformation; il est vital. 

Mais l’espoir doit se raccrocher à quelque chose. La possibilité d’obtenir de l’aide quand on en a vraiment besoin. Un toit sur la tête. Et les soins de santé pour être bien. 

Nous avons la force pour bâtir. La rigueur nécessaire pour obtenir des résultats concrets. Les valeurs qui nous permettent de prendre soin les uns des autres. De chaque Canadienne, de chaque Canadien.

Le Budget de 2026 et le partenariat d’aujourd’hui nous aideront à insuffler de l’espoir, mais aussi à le concrétiser.

Merci.