Bonjour.
Je suis heureux de revenir chez moi, dans les Territoires du Nord-Ouest.
Merci, Madame la Ministre Alty, pour les présentations, ainsi qu’à la ministre Chartrand, au ministre McGuinty et au secrétaire d’État Fuhr pour avoir aidé à concrétiser cette rencontre.
Merci aux membres du 440e Escadron de transport de nous accueillir et de défendre le Canada et nos communautés.
Je suis heureux d’être aux côtés de dirigeants autochtones du Nord et de l’Arctique. C’est grâce à notre partenariat qu’il est aujourd’hui possible de se réunir.
Les peuples autochtones s’occupent de ce territoire depuis des temps immémoriaux.
Ce n’est qu’en travaillant en partenariat avec les gouvernements territoriaux et les titulaires de droits autochtones que nous pourrons favoriser la prospérité à long terme, développer le Nord de manière durable et veiller à ce que les gens de la région tirent avantage de ses richesses.
Ce jour historique est attendu depuis longtemps.
En 1958, le premier ministre John Diefenbaker a demandé aux Canadiennes et aux Canadiens d’imaginer une nouvelle vision pour l’Arctique.
Il dépeignait le Nord comme la dernière grande frontière du Canada, une part vitale de notre conscience nationale.
Un territoire représentant 40 % de notre masse continentale et 75 % de notre littoral est certainement au cœur de notre nation, mais il n’a pas toujours été vu ainsi.
Toute ma vie, des gouvernements successifs ont contribué à des investissements dans de nouvelles mines et routes et de nouveaux ports, ponts, avant-postes et systèmes satellites.
Trop souvent, ces initiatives ont été réalisées avec une grande prudence et après une longue attente. Trop souvent, des investissements étaient réalisés un à la fois, c’est-à-dire à la pièce et non reliés les uns aux autres.
Ils n’avaient pas toute l’ambition et la profondeur stratégique que cette vaste région et ses peuples méritent.
C’est pourquoi, en septembre dernier, en réponse aux commentaires de titulaires de droits autochtones, de gouvernements territoriaux et d’autres intervenants, j’ai soumis à l’étude du Bureau des grands projets une stratégie de transformation : celle du Corridor économique et de sécurité pour l’Arctique.
Depuis, le Bureau des grands projets collabore avec les titulaires de droits autochtones, les gouvernements, des partenaires, des ministères fédéraux et le secteur privé pour traduire cette stratégie générale en plan d’action comportant un ensemble de projets intégrés qui viennent compléter les grands investissements que nous réalisons dans la défense et la sécurité de l’Arctique.
Le gouvernement fédéral a la capacité de mettre en œuvre une vision de cette envergure.
En ce moment charnière où notre économie et notre souveraineté sont confrontées à de nouvelles menaces, nous avons un impératif.
Depuis le premier jour, le nouveau gouvernement du Canada est clair : une véritable souveraineté canadienne est ancrée dans une région nordique forte et protégée.
Quatre jours après mon assermentation – il y a presque un an jour pour jour – j’étais à Iqaluit pour annoncer que les Forces armées canadiennes (FAC) établiraient une présence soutenue tout au long de l’année dans l’Arctique afin de protéger notre souveraineté sur terre, dans les airs et en mer.
Nous avons déjà obtenu des résultats. Aujourd’hui, les FAC patrouillent dans l’Arctique 365 jours par année, notamment dans le cadre de l’opération NANOOK.
Dans notre premier budget fédéral, nous avons lancé le Fonds d’infrastructure pour l’Arctique de 1 milliard de dollars afin de bâtir de nouvelles routes et voies ferroviaires et de nouveaux aéroports, ponts et ports.
Le mois dernier, la ministre des Services aux Autochtones a annoncé de nouvelles mesures pour rendre la vie des communautés autochtones du Nord plus abordable, par exemple en baissant le prix des aliments et en améliorant l’accès aux services de garde et d’éducation.
Aujourd’hui, nous annonçons une série d’initiatives de transformation qui permettront de libérer le plein potentiel de cette vaste région.
Le nouveau gouvernement du Canada met de l’avant un nouveau plan ambitieux qui s’accompagne de plus de 40 milliards de dollars d’investissements dans l’Arctique et le Nord du Canada.
Pour défendre notre souveraineté et dissuader d’éventuelles menaces.
Pour relier, développer et transformer les communautés du Nord et de l’Arctique.
Grâce à ce plan, nous prenons le contrôle de notre avenir.
Nous n’allons plus dépendre des autres pour défendre notre sécurité dans l’Arctique ou stimuler notre économie.
Nous prenons l’entière responsabilité de la défense de notre souveraineté.
Nous créons une diversité de nouvelles occasions économiques pour 140 000 habitants du Nord qui bénéficieront de communautés plus solides et mieux reliées les unes aux autres, de plus de possibilités et d’une meilleure qualité de vie.
La première tâche du gouvernement est d’assurer votre sécurité.
Pour y parvenir, en juin dernier, notre gouvernement s’est lancé dans une mission ambitieuse visant à réinvestir pour rebâtir et réarmer les FAC.
Le recrutement dans les Forces armées a augmenté de 13 %.
Nous sommes en voie d’atteindre la cible de 2 % de l’OTAN, cette année.
Dans le cadre de notre plan visant à réinvestir pour rebâtir et réarmer les FAC, nous devons veiller à ce que les femmes et les hommes en service ne soient pas seulement présents dans cette région, mais qu’ils aient les moyens d’en défendre chaque parcelle.
C’est pourquoi nous construisons quatre nouveaux carrefours et nœuds de soutien opérationnel dans le Nord – à Whitehorse, Resolute, Rankin Inlet et Cambridge Bay.
Et nous mettons à niveau notre infrastructure de défense nationale à Yellowknife, Inuvik, Iqaluit et Goose Bay.
Ces installations sont au cœur de notre mission consistant à défendre notre territoire.
Elles nous permettront de déployer nos appareils dans des endroits éloignés de l’Arctique.
Nous construisons des centres militaires d’une importance cruciale, qui sont également essentiels pour renforcer la sécurité des communautés.
Ces stations permettent d’intervenir plus rapidement en cas de recherche et de sauvetage, de catastrophes naturelles et d’urgences, même dans les régions les plus isolées.
Ces investissements dans la défense renforceront la présence de nos militaires et, parallèlement, nous obligeront à mettre en place de nouvelles infrastructures énergétiques, des services à large bande et de télécommunications, ainsi que des services de traitement des eaux usées, ce qui transformera les communautés environnantes et leur sera profitable.
La combinaison de ces investissements dans la défense et des projets d’intérêt national que nous annonçons aujourd’hui permettra de renforcer la sécurité dans l’Arctique, d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques et de relier les communautés.
Lorsque Diefenbaker a invité les Canadiennes et les Canadiens à repenser le potentiel du Nord dans le cadre de son Programme d’établissement des voies d’accès aux ressources, il envisageait de nouvelles pistes d’atterrissage, une voie ferrée menant au Grand lac des Esclaves et une ligne sinueuse, tracée par l’homme, creusée à travers ce terrain accidenté.
Depuis lors, les habitants du Nord le savent bien, les changements climatiques n’ont fait que renforcer la nécessité d’agir.
Les communautés isolées de la vallée du Mackenzie dépendent d’une route saisonnière en hiver et de barges de ravitaillement en été, deux moyens de transport qui deviennent de moins en moins fiables en raison de la fonte du pergélisol en hiver et du faible niveau des eaux du fleuve Mackenzie en été. À l’heure actuelle, aucune route n’est praticable en toutes saisons.
Depuis mon enfance à Fort Smith, j’entends parler de la possibilité de la construction de la route de la vallée du Mackenzie.
Depuis des décennies, on assiste à une succession de faux départs et d’évaluations interminables. Cette situation prend fin aujourd’hui.
Aujourd’hui, nous soumettons le projet de route de la vallée du Mackenzie au Bureau des grands projets.
Cet été, nous entamerons la construction.
La première phase de cette route praticable toute l’année s’étendra sur plus de 800 kilomètres, de Wrigley à Norman Wells. La deuxième phase ira jusqu’à Inuvik.
Une fois achevée, cette artère vitale reliera Yellowknife et Inuvik, réduisant de moitié le temps nécessaire pour parcourir cette distance en voiture.
La nouvelle route McKenzie sera conçue pour résister tant aux changements de saison qu’aux changements climatiques, offrant ainsi un accès tout au long de l’année aux communautés isolées et permettant l’acheminement de fournitures essentielles et de médicaments vers les populations des régions éloignées.
Cette route permettra également d’exploiter l’immense potentiel que recèlent les gisements de cuivre, de zinc, d’or et d’autres minéraux critiques.
Nous travaillons en partenariat avec les gouvernements territoriaux et autochtones afin que les communautés puissent bénéficier des avantages qui leur ont été promis il y a près de 70 ans.
Nous avançons à grands pas : les projets de déplacement du pont du ruisseau Oscar, de réaménagement du ruisseau Christina et de resurfaçage ciblé de la route 1 débuteront tous cet été.
En plus de relier les communautés par voie terrestre, nous les relierons également par voie aérienne.
Nous modernisons les pistes à Rankin Inlet et améliorons l’aéroport d’Inuvik, afin de permettre l’atterrissage d’avions plus gros, de réduire les coûts et d’assurer des aéroports fiables et pleinement opérationnels pour les communautés qui en dépendent.
Alors que nous relions nos communautés les unes aux autres, nous les relierons également au reste du monde.
Bien que le Canada bénéficie d’un avantage stratégique unique, celui d’être bordé par trois océans et de les relier entre eux, il ne dispose d’aucun port en eau profonde sur l’océan Arctique.
Le projet de route et de port de Grays Bay va changer cela.
Nous allons bâtir un nouveau port en eau profonde et un aérodrome à Grays Bay, au Nunavut, ainsi qu’une route permanente de 230 kilomètres qui les reliera à la frontière du territoire.
Cela permettra d’exploiter des ressources minérales encore inexploitées et de faciliter leur exportation.
Le Bureau des grands projets travaillera en partenariat avec l’Association des Inuits du Kitikmeot afin de concrétiser ce rêve de plusieurs décennies et de réaliser son potentiel transformateur.
Et pour relier la route et le port de Grays Bay au reste du Nord, y compris Yellowknife, nous soumettons le nouveau projet de Corridor économique et de sécurité de l’Arctique à l’examen du Bureau des grands projets.
Ce projet permettra de construire une route de 400 km praticable en toutes saisons, traversant la province géologique des Esclaves jusqu’à la frontière du Nunavut.
Ensemble, la route et le port de Grays Bay et le Corridor économique et de sécurité de l’Arctique permettront :
- de raccorder le Nunavut au réseau routier national, créant ainsi la première route de liaison praticable en toutes saisons.
- de mener de nouvelles activités d’exploration et d’exploitation des ressources dans la province géologique des Esclaves des Territoires du Nord-Ouest, un endroit riche en minéraux, et au Nunavut.
- d’ouvrir la porte à de nouveaux marchés d’exportation afin de pouvoir tirer davantage parti des nombreux nouveaux accords commerciaux que nous concluons à l’étranger.
Il ne s’agit pas seulement de ce que nous bâtissons, mais aussi de la manière dont nous le bâtissons.
Nous bâtissons de façon durable en réduisant les émissions et en investissant dans l’avenir axé sur l’énergie propre.
Nous bâtissons en solidarité avec les travailleurs canadiens, en créant des centaines de milliers de carrières bien rémunérées.
Enfin, nous bâtissons en partenariat avec les gouvernements territoriaux et autochtones pour offrir des avantages économiques indéniables à la population du Nord.
Il s’agit d’un plan de portée historique visant à développer et à relier le Nord, afin d’apporter sécurité, prospérité et possibilités aux travailleurs et à leurs familles.
Pour soutenir cette croissance, nous avons besoin d’une énergie propre, fiable et abordable.
Dans le Nord, les prix du carburant peuvent être de six à 10 fois plus élevés que dans le reste du Canada. C’est pourquoi il est essentiel d’adopter des solutions plus écologiques.
Nous libérons donc l’énorme potentiel hydroélectrique du Nord.
En novembre, nous avons soumis le projet hydroélectrique de la Nunavut Nukkiksautiit Corporation à Iqaluit à l’examen du Bureau des grands projets. Il s’agira du premier projet d’hydroélectricité détenu à 100 % par les Inuits du Nunavut.
Ce projet permettrait d’économiser près de 2 milliards de dollars en coûts de diesel sur 50 ans, tout en fournissant à l’Arctique une énergie abordable, fiable et sans émissions.
Aujourd’hui, nous prenons une autre mesure importante pour l’avenir énergétique du Nord en soumettant le projet d’agrandissement de la centrale hydroélectrique Taltson à l’examen du Bureau des grands projets.
La centrale hydroélectrique Taltson permettra d’augmenter de 60 mégawatts la capacité du réseau actuel et, ainsi, de doubler la capacité hydroélectrique des Territoires du Nord-Ouest et de créer un réseau hydroélectrique unifié qui reliera 11 communautés et fournira une électricité fiable et propre à 70 % de la population du territoire.
Les grands projets que nous soumettons aujourd’hui représentent environ 10 milliards de dollars d’investissements et permettront de créer plus de 10 000 emplois pendant la phase de construction.
Et surtout, les projets que nous avançons aujourd’hui sont des multiplicateurs de force.
Ces projets permettront de créer des perspectives professionnelles, d’augmenter les salaires, d’accélérer les déplacements, de renforcer les communautés et d’attirer des investissements importants grâce à une meilleure connectivité entre le Nord canadien et l’Arctique.
Notre plan visant à défendre, à relier et à développer le Nord contribuera à renforcer notre autonomie stratégique. Cette autonomie sera consolidée par de nouveaux partenariats commerciaux et de défense avec des partenaires de confiance.
Ce soir, je partirai pour la Norvège afin d’approfondir notre coopération en matière de défense, de commerce et de minéraux critiques avec nos alliés nordiques.
Ma visite comprendra des exercices militaires conjoints visant à renforcer la coopération opérationnelle et la préparation entre les principaux alliés dans le cadre de la défense de notre territoire.
Et la semaine prochaine, je rencontrerai le premier ministre Starmer pour discuter du renforcement de notre défense collective.
Le fondement de notre souveraineté, de notre indépendance et de notre force réside dans ce que nous construisons chez nous, ensemble.
Lorsque John Diefenbaker s’est attaché à redéfinir le Nord, il a, à juste titre, envisagé bien plus qu’une économie plus forte et une frontière plus sûre : il a imaginé un avenir où les Canadiennes et les Canadiens peuvent déterminer leur propre destin.
Un avenir où nous sommes maîtres chez nous.
Aujourd’hui, nous prenons des mesures importantes pour concrétiser cette vision.
Pour prendre les rênes et bâtir ensemble un véritable Nord, fort et libre.
Merci.