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Bonjour.

Merci, Madame la Ministre Dabrusin, pour cette présentation et pour votre leadership. Et merci, Russ, de vous joindre à nous ce matin.

Le Canada doit composer avec des défis majeurs découlant d’un monde en mutation rapide.

Les États-Unis transforment fondamentalement l’ensemble de leurs relations commerciales, faisant ainsi de bon nombre de nos anciennes forces des vulnérabilités.

La guerre fait rage au Moyen-Orient et en Ukraine, ce qui fait grimper en flèche les prix de l’énergie partout dans le monde et chez nous.

L’essor rapide de l’IA commence à transformer notre façon de vivre et de travailler, tout en générant une demande en énergie sans précédent.

Les changements climatiques s’intensifient, avec des tempêtes plus violentes, des inondations plus importantes et des feux de forêt plus dévastateurs. Il est donc essentiel que le Canada développe sa résilience et apporte sa contribution.

La population canadienne en ressent les effets : à l’épicerie, à la pompe, dans les usines, dans un contexte marqué par la hausse des coûts et l’incertitude qui pèse lourdement.

La bonne nouvelle, c’est que, contrairement à bon nombre de pays, nous pouvons prendre notre avenir en main, pourvu que nous saisissions cette occasion.

Pour ce faire, il faut tirer plusieurs leçons de la conjoncture.

Premièrement, lorsque le monde change fondamentalement, nous devons réagir en adoptant de nouvelles façons de faire.

Comme l’a décrit Marshall McLuhan il y a 60 ans, l’ère de l’anxiété actuelle est attribuable au fait que l’on tente d’accomplir le travail d’aujourd’hui avec les outils et concepts d’hier.

Les Canadiennes et les Canadiens l’ont bien compris, et c’est pourquoi ils modifient leurs habitudes de consommation, leurs destinations de voyage et leurs rapports sociaux.

Les gouvernements doivent désormais suivre leur exemple.

Deuxièmement, dans un monde nettement plus complexe, nous devons prendre soin de nous-mêmes. La bonne voie à suivre consiste à bâtir en grand, et pour tous.

Avec des données, du cuivre et de l’acier.

À cette fin, le nouveau gouvernement du Canada a agi rapidement.

Nous avons déjà confié 21 initiatives d’intérêt national au Bureau des grands projets.

Des projets qui relieront, diversifieront et stimuleront notre économie grâce à plus de 125 milliards de dollars de nouveaux investissements.

L’année dernière, la construction de la nouvelle centrale nucléaire de Darlington a commencé en Ontario.

En mars, les travaux du projet d’expansion du terminal de Contrecœur au port de Montréal ont commencé. Quarante ans après que ce projet a été proposé, la construction a été lancée moins de sept mois après notre arrivée au pouvoir.

Cet été, nous commencerons la construction de la route de la vallée du Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest, un projet dont j’entends parler depuis mon enfance.

Et on ne fait que commencer.

Nous avons créé une nouvelle agence, Maisons Canada, afin de stimuler la construction de logements abordables à un rythme sans précédent depuis des générations. Nous avons investi plus de 50 milliards de dollars pour renforcer nos communautés, des hôpitaux aux patinoires de hockey, et nous avons établi la nouvelle Stratégie industrielle de défense qui permettra de mobiliser 500 milliards de dollars d’investissements au Canada au cours de la prochaine décennie.

La troisième leçon que nous devons tirer de la rupture que nous vivons actuellement est que notre souveraineté, notre résilience et notre prospérité dépendront de notre capacité à assurer notre sécurité énergétique et à en contrôler les ressources.

Nous devons libérer tout le potentiel du Canada en tant que superpuissance énergétique.

Comme l’a déclaré la semaine dernière Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, le Canada a une « occasion en or » de mettre en place un système énergétique durable et fiable.

Il faudra pour cela des investissements audacieux, des solutions concrètes axées sur les résultats et non sur la rhétorique, ainsi que toute la force d’un Canada uni et solidaire.

Nous devons travailler ensemble pour bâtir un Canada fort, résilient et indépendant, au service de tous.

Telle est notre mission.

Et au cœur de cette mission se trouve l’augmentation de la production d’électricité.

La demande en électricité au Canada devrait doubler d’ici 2050, compte tenu de l’expansion de nos industries, de la croissance de notre économie et de la progression de l’IA.

Nous allons donc doubler notre réseau.

C’est ce qu’il faut retenir : le Canada va doubler sa production d’électricité.

Car l’électrification est la voie à suivre pour garantir une énergie abordable. L’électrification est la voie à suivre pour assurer la compétitivité. L’électrification est la voie à suivre pour atteindre la carboneutralité. L’électrification est à la base de tout : réduction de nos émissions, protection de notre environnement, croissance de notre économie.

Dans un monde en évolution rapide, le Canada prend son avenir en main. Grâce à notre nouvelle Stratégie nationale d’électrification, nous bâtirons rapidement et à grande échelle pour doubler notre réseau énergétique et bâtir un Canada fort qui sera alimenté par une énergie propre, abordable et fiable.

Au cours des prochaines décennies, la consommation d’électricité des Canadiennes et des Canadiens sera en hausse, car bon nombre des objets que nous utilisons au quotidien, notamment les voitures que nous conduisons, les systèmes de chauffage dans nos maisons et la machinerie dans nos usines, passent progressivement à l’électricité.

La tâche de doubler la capacité de notre réseau ne sera pas de tout repos. L’ampleur du projet est considérable, le temps dont nous disposons est limité et la mise en place d’un bon équilibre entre les différentes sources d’énergie est complexe.

Si nous nous trompons, la facture d’électricité des Canadiennes et des Canadiens s’alourdira. Si nous manquons d’audace, ils risquent de voir leur approvisionnement en électricité devenir insuffisant, ce qui entraînerait la perte d’emplois de qualité et une dépendance croissante à l’égard de fournisseurs étrangers.

Nous ne pouvons pas continuer à agir comme si la situation était inchangée. Nous ne pouvons pas nous contenter de restrictions et d’interdictions. Il faut faire les choses différemment.

Grâce à des investissements judicieux et à des mesures en faveur de l’électrification, sept ménages canadiens sur dix paieront moins cher leur consommation totale d’énergie d’ici 2050. Cela représente 15 milliards de dollars qui reviendront dans les poches des Canadiennes et des Canadiens.

En effet, le rendement des équipements électriques est de deux à quatre fois supérieur à celui de ceux qu’ils remplacent. Ainsi, à mesure que nous électrifierons nos transports, nos bâtiments et nos industries, notre facture énergétique diminuera.

Nous nous trouvons dans une position particulièrement favorable. Le Canada affiche l’un des coûts d’électricité les plus bas au monde, et notre réseau est déjà neutre en carbone à 80 %.

Pour doubler la production au cours des prochaines décennies, il faudra des investissements considérables, relier les réseaux provinciaux et répartir les coûts au fil du temps grâce à notre situation financière « AAA ». Ainsi, les contribuables d’aujourd’hui n’auront pas à payer la totalité des coûts d’investissements qui profiteront à l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens, et à notre planète, pendant des décennies.

Il faudra donc adopter une réforme de l’octroi des permis, établir de nouveaux partenariats avec les peuples autochtones et accepter d’utiliser un large éventail de sources énergétiques, notamment l’hydroélectricité ainsi que l’énergie nucléaire, éolienne et solaire, mais aussi recourir au gaz naturel, aux technologies de captage du carbone et à l’énergie géothermique.

Il faut savoir que notre réseau électrique émet aujourd’hui un peu moins de 50 mégatonnes, tandis que les émissions des industries, des transports et des bâtiments dépassent largement les 500 mégatonnes.

L’enjeu de loin le plus important consiste à réduire les émissions, à un coût raisonnable, grâce à l’électrification, et non à la pureté absolue de la production. Une politique d’électrification ambitieuse peut réduire les émissions jusqu’à cinq fois par rapport au total actuel des émissions liées à l’électricité.

Notre partenariat avec l’Alberta montre la pertinence de travailler en collaboration pour surmonter de nombreux défis.   

S’appuyant sur le protocole d’entente établi en novembre, le Canada et l’Alberta ont récemment signé une entente de collaboration visant la réalisation accélérée de grands projets d’infrastructure. De plus, l’Alberta s’est engagée à réduire ses émissions de méthane de 75 % d’ici 2035.

Demain, nous allons annoncer un accord de mise en œuvre qui prévoit le renforcement de la tarification du carbone dans le secteur industriel afin d’envoyer un message clair en faveur de l’investissement et de récompenser la décarbonisation.

Cette mesure est essentielle à notre programme pour une électricité propre. Si nous voulons créer les conditions propices à l’établissement du réseau propre de demain, nous avons besoin d’un marché de la tarification du carbone qui fonctionne vraiment.

Nous allons aussi promouvoir la mise en place éventuelle d’un oléoduc qui pourrait transporter au moins un million de barils de pétrole albertain à faibles émissions de carbone par jour vers de nouveaux marchés.

Mais avant de pouvoir mettre ce projet en œuvre, nous devons faire avancer le projet Pathways, qui permettrait à l’Alberta d’exporter du pétrole faisant partie de ceux qui génèrent les plus faibles émissions dans le monde, tout en créant une nouvelle industrie de captage du carbone.

De plus, nous voulons tous deux explorer de nouvelles sources d’énergie, dont l’énergie nucléaire, et un système plus efficace en reliant les provinces voisines. 

Nous devons travailler en partenariat de façon pragmatique partout au pays afin de mettre en place un système d’hydroélectricité, d’énergie nucléaire et d’énergies renouvelables à grande échelle, tous ensemble. 

Pensons à l’hydroélectricité au Québec, à Terre-Neuve, au Manitoba, en Colombie-Britannique et dans le Nord, à l’énergie nucléaire au Nouveau-Brunswick, en Ontario et en Saskatchewan ou aux énergies renouvelables dans les Maritimes et ailleurs au Canada.

À cette fin, le nouveau gouvernement du Canada lance aujourd’hui des consultations à l’égard de sa nouvelle Stratégie nationale d’électrification.

Au cours des prochains mois, nous allons travailler avec les provinces, les territoires, les peuples autochtones, les organisations de services publics et les syndicats pour déterminer les mesures qu’il faudrait prendre si nous voulons doubler notre réseau de la manière la plus efficace et abordable possible.

Notre stratégie repose sur quatre piliers : construire, relier, former et optimiser.

D’abord, l’heure est venue de construire.

Nous devons fabriquer plus de lignes de transport, plus de transformateurs, plus de câbles, plus d’électricité. 

Nous accélérons déjà la mise en œuvre de plusieurs projets d’énergie propre qui permettront d’ajouter des milliers de mégawatts à notre réseau électrique.

Les éléments nécessaires à l’électrification sont en place : des crédits d’impôt à l’investissement remboursables, le taux d’imposition sur les investissements le plus avantageux du G7, des prêts de la Banque de l’infrastructure du Canada et du financement par le Fonds de croissance du Canada.

Nous proposons de les bonifier, notamment au moyen de nouveaux crédits d’impôt à l’investissement pour établir des interconnexions entre les provinces et au sein de celles-ci.

Ce point m’amène au deuxième pilier : relier le réseau d’est en ouest, jusqu’au nord.

Aujourd’hui, le Canada est alimenté par de nombreux réseaux électriques distincts, dont la plupart ne sont pas reliés entre eux. Dans bien des cas, il est plus facile de vendre de l’électricité aux États-Unis qu’ailleurs au pays. 

Cette fragmentation nous coûte des milliards de dollars. Elle donne lieu à un nombre accru de pannes d’électricité, à des infrastructures coûteuses, au dédoublement des infrastructures et à des prix plus élevés pour les familles canadiennes. 

Pendant ce temps, de nombreuses communautés nordiques et éloignées sont complètement exclues des grands réseaux canadiens. Résultat : leur facture d’électricité peut être de six à 10 fois plus élevée que la moyenne nationale. 

La fragmentation donne aussi lieu à du gaspillage d’électricité : environ 10 térawattheures par année. C’est assez pour alimenter un million de foyers pendant toute une année.

En Europe, le raccordement des réseaux fait épargner environ 80 milliards de dollars par année. Au Canada, les gains seraient tout aussi importants. 

C’est pourquoi en novembre dernier, à Terrace, en Colombie-Britannique, notre gouvernement a soumis le Corridor essentiel de conservation du Nord-Ouest à l’examen du Bureau des grands projets. 

Ce projet va générer 10 milliards de dollars en activités économiques, relier les communautés et établir un nouveau corridor d’énergie propre pour les générations à venir. Il permettra de raccorder le réseau isolé du Yukon à celui de la Colombie-Britannique et du reste de l’Amérique du Nord grâce au Projet de raccordement du Yukon au réseau de la Colombie-Britannique et pourrait donner lieu à un raccordement avec l’Alberta.

L’intégration interprovinciale est une mission complexe.

Chaque province et chaque territoire a une structure de marché et un mécanisme de planification qui lui sont propres. Pour certaines provinces comme le Québec, cette structure est une grande source de fierté et un moteur de prospérité économique.

Nos consultations vont explorer les mesures que nous pouvons prendre pour bâtir sur cette réussite dans le but de relier davantage nos réseaux d’électricité et d’accélérer la mise en place des interconnexions essentielles, tout en respectant les champs de compétences des provinces et des territoires.

Les consultations porteront sur les obstacles courants aux interconnexions entre les provinces. Elles permettront d’étudier la possibilité de bonifier le rôle de la Régie de l’énergie du Canada, de mettre en place un mécanisme normalisé de répartition des coûts afin d’imputer les coûts de manière équitable entre les provinces et les territoires, d’accroître le partage de données et la modélisation des réseaux régionaux pour accélérer les projets d’interconnexions ainsi que de soumettre à l’examen du Bureau des grands projets l’élaboration d’une nouvelle stratégie globale d’investissement dans les interconnexions de transport d’électricité.

Troisièmement, nous devons former, attirer et maintenir en poste la nouvelle main-d’œuvre.

En doublant notre réseau électrique, nous créerons près de 30 000 nouvelles carrières accompagnées de bons salaires pour les Canadiennes et les Canadiens d’ici la fin de 2028 – et 100 000 de plus d’ici 2050.

En ce moment, cependant, plus de 80 % des employeurs du secteur de l’électricité connaissent une pénurie de main-d’œuvre.

Dans la Mise à jour économique du mois dernier, nous avons lancé l’initiative Une Équipe Canada forte – un effort pancanadien doté d’une enveloppe de 6 milliards de dollars qui vise à recruter, à former et à embaucher jusqu’à 100 000 nouveaux travailleurs de métiers désignés Sceau rouge au cours des cinq prochaines années.   

Au cours des consultations à venir, nous allons poursuivre sur cette lancée pour que notre main-d’œuvre soit bien adaptée aux besoins du secteur de l’électricité.  

Enfin, nous devons fabriquer pour l’avenir. Grâce à notre nouvelle stratégie, un plus grand nombre des technologies et des composantes qui alimentent notre réseau – compteurs intelligents, transformateurs, tours éoliennes, systèmes d’IA à la base d’un réseau moderne – seront conçues et fabriquées ici, au pays. 

Bon nombre des composantes qui sont nécessaires au réseau de demain se font déjà rares à l’échelle de la planète et, en ce moment, le secteur canadien de l’électricité dépend fortement de ses importations. 

Ces consultations permettront donc de trouver des pistes de solutions pour augmenter la production au pays, de sorte que les composantes de notre réseau puissent être fabriquées au Canada lorsque cela est possible. Que l’on parle des tours éoliennes du Québec, des transformateurs et de l’acier de l’Ontario ou de l’uranium de la Saskatchewan, les possibilités s’étendent d’un océan à l’autre et sont pratiquement infinies. 

Soyons clairs : pour qu’un plan vers la carboneutralité soit crédible, il faut sans cesse garder le coût abordable en tête. 

C’est pourquoi nous avons l’intention d’adapter le Règlement sur l’électricité propre, pour que l’énergie soit fiable et abordable à court terme, à mesure que nous faisons la transition vers une énergie plus propre au fil du temps. 

C’est aussi pour cette raison que nous allons renforcer notre soutien aux travaux de rénovation visant à réduire la consommation d’énergie d’au plus un million de logements, grâce à du financement, des subventions et des mesures complémentaires. Nous allons notamment aider les Canadiennes et les Canadiens à passer plus facilement d’un chauffage coûteux au propane, au mazout ou par plinthes électriques à des thermopompes électriques plus abordables. 

Dans ce monde en mutation rapide, le Canada doit produire chez lui une énergie abordable, propre et fiable.

Car quand nous sommes maîtres de notre énergie, nous sommes maîtres de notre destinée.

Ce ne sera pas une mince tâche. Et pas un petit pas pour l’humanité. Nous ne pourrons pas nous servir des outils ou concepts du passé. C’est pourquoi la stratégie d’aujourd’hui marque un tournant décisif : de l’interdiction au partenariat; de la négociation à la production.

Hier, j’ai eu le privilège de rencontrer les astronautes d’Artemis II, y compris un homme bien de chez nous, le colonel Jeremy Hansen.

Leur mission nous rappelle ce qu’on peut accomplir grâce au travail d’équipe, à l’ingéniosité et à l’audace. 

C’est dans cet esprit que nous lançons notre mission visant à propulser un Canada fort pour tous et pour toutes les générations. 

Merci.